J’aime bien ce thème (je parle du thème originel du post, même si j’apprécie les autres également

) Je l’aime bien parce que j’apprécie beaucoup toute la réflexion autour de la perception, de la subjectivité des voyages.
Pour moi, le
toucher est très peu présent lorsque je découvre. Au plus j’y pense au plus je me rends compte que j’ai très peu de souvenirs tactiles. Cela doit de « nature » : je suis plutôt réservée et introvertie : mes émotions se déversent en moi plutôt qu’à ma « frontière corporelle ».
Sur le moment (pendant le voyage, la découverte) j’ai l’impression que c’est la
vue qui joue pour moi un rôle primordial... Ce que j’écris est toujours extrêmement visuel. Je relève avant tout des couleurs, des harmonies, des formes...
Quand je voyage, j’ai besoin d’immortaliser ce que je vis. J’ai surtout besoin de relever ce que je vois, et ce que je ressens. Ma vision de la beauté est très visuelle. Je pense que la vue s’impose dès lors pour moi comme une évidence, une « facilité » aussi. Comme c’est le sens que j’ai le plus facile à « figer » (et que j’ai ce besoin de figer), c’est ce à quoi je fais le plus attention.
J’aime beaucoup prendre des photos. Et je passe un temps inouï à faire des albums photos. Encore une fois, rien que du visuel ici. Quand je vois une photo, je revis, je ressens exactement ce que je sentais au moment où je l’ai prise.
Oui, je pense que la vue est le sens qui m’assaille le plus simplement parce qu’il m’est le plus facile à raconter, à perpétrer.
Et puis je pense aussi qu’on y est davantage « conditionnés ». Tant d’art sont bâtis de supports visuels : la photo, l’écriture, la lecture, la peinture... Et mêmes les autres sont matérialisés, « visualisables » : on peut lire les partitions d’un concerto ; on peut regarder une sculpture ; on peut immortaliser des saveurs dans une recette...
Pourtant, il est deux sens qui me « touchent » plus fort encore quand ils me reviennent :
l’odorat et le
goût. Retrouver un goût oublié ; humer une odeur retrouvée. Alors j’éprouve, je vibre, mille fois plus fort qu’au détour d’une photo.
C’est fou tout de même comme, face au même décor, deux personnes peuvent vibrer pour des causes totalement différentes, peuvent ressentir des émotions même contradictoires. Qu’elle est riche tout de même la personnalité humaine... ;o)
Bonne soirée !
Aurélie