| D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Pataugas · 28 juin 2006 à 19:02 8 messages · 3 participants · 1 660 affichages | | | | 28 juin 2006 à 19:02 D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Message 1 de 8 · 1 646 affichages · Partager Je me suis souvent aperçue que mon cheminement de lectures allait par la grâce d'un auteur qui m'en indiquait un autre, parfois par le hasard - ou une phrase saisie au vol - qui ouvrait une ramification; parfois, mais beaucoup plus rarement par un(e) ami(e) qui m'indiquait un titre.
Ainsi, c'est dans un livre de Philippe Djian que j'ai, il y a 20 ans, eu envie de lire Richard Brautigan et John Fante. De Fante je suis passée, je ne sais plus comment, à Nathanael West. C'est dans Djian également - qui a mon sens n'a depuis longtemps plus rien d'autre à dire sinon de faire découvrir d'autres auteurs que lui, mais ceci est un autre débat - que j'ai, je crois, trouvé la trace du "Cauchemar climatisé" d'Henry Miller, livre en forme de reportage que l'auteur a écrit sur une commande d'éditeur en parcourant les Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale. Le livre devait être ponctué d'images (Miller était parti avec un photographe) et l'éditeur en attendait un hommage aux Etats-Unis. Le résultat fut tout autre! Une critique impitoyable mais des portraits de gens rares, de gens comme des phares: (de mémoire) le compositeur Edgar Varese, Vivekananda répandant la philosophie de Râmakrishna, et d'autres... "Le cauchemar climatisé" fait partie des quelques livres (avec "Cosmicomics" d'Italo Calvino et "Mémoires du large" d'Eric Tabarly) dont il me faut en permanence avoir au moins deux exemplaires sur mes étagères de manière à pouvoir à n'importe quel moment en donner un sans me priver du trésor...
Voilà. Ce n'était que le début d'un cheminement, pris dans l'écheveau des cheminements...
Et vous? | | | À: Pataugas · 30 juin 2006 à 15:28 Re: D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Message 2 de 8 · 1 601 affichages · Partager  , ce qui m'amuse, c'est que ce cheminement que tu décris m'évoque des "pistes". Ces pistes que j'ai découvertes grâce à ton conseil de lire Bruce Chatwin et dont la réflexion m'a ouvert un tas d'autres "pistes" de réflexions concernant nomadisme et sédentarité ; évolution humaine tant physiologique que culturelle. Tandis que, fait du hasard, alors que j'écoutais la radio à une heure où je ne l'écoute jamais parce que c'est l'heure du repas, mais que ce jour là pour une fois j'étais seule à la maison, voilà que j'entends Barbara Glowczewski au sujet de l'ouverture du musée des Arts Premiers parler de son livre "Pistes de rêves" que je me suis empressé de commander.
Je suis passionnée par le langage, ou plutôt les langages, en tant qu'ils sont un effort spécifiquement humain pour s'extraire, s'élever au dessus de ce qu'il n'est pas afin de le nommer. Je suis certaine, chaque homme étant tout l'Homme que ces Pistes du Rêve Primordial vont m'ouvrir un horizons, jusque là barré par mon ignorance.
Merci donc à toi de m'avoir conduite à ce cheminement..... | | | À: CatherineGil · 30 juin 2006 à 16:42 Re: D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Message 3 de 8 · 1 594 affichages · Partager C'est par moi que tu es allée vers les "Songlines" de Bruce Chatwin?    Echange de procédés: c'est par toi que j'ai découvert Upfield. A reculons parce que le bush loin du bush m'était à priori douloureux. Mais je m'y suis tellement retrouvée "chez moi" que je suis allée d'Upfiled en Upfield, jusqu'à épuisement de la bibliothèque et... des éditeurs. Les ouvrages manquants, je les lirai en Australie et ils feront partie des ma bibliothèque là-bas.
Dreamtime.... Toute chose a été rêvée avant que d'exister. Toute chose a ainsi une histoire qui la précède. C'est poétique au possible. Mais le monde aborigène est également très violent, et ces témoignages-là, on ne les retrouve pas dans les musées ni dans les livres. Parce que ce n'est pas vendeur, tout simplement, et que ce qui plait c'est l'image de l'Aborigène détenteur de secrets perdus. Ainsi, il te faudra sans doute contrebalancer les lectures "orientées" par leur pendant. J'ignore ce que vaut le livre dont tu parles. Mais en Australie les gens (institueurs, personnel soigant) qui vivent dans des communautés aborigènes non touchées par le tourisme sont unanimes: RIEN ne transparaît. Et mon homme, qui a grandi dans une tribu aborigène dans le désert m'a commenté ainsi le livre de Chatwin: "Il a pris soin de brouiller les pistes". | | | À: Pataugas · 1 juillet 2006 à 9:25 Re: D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Message 4 de 8 · 1 577 affichages · Partager Je n'imagine pas, bien sur, pouvoir comprendre une culture qui plonge ses racines aussi loin dans l'histoire de l'humanité, a continué de se développer sans aucune intervention extérieure jusqu'au XVIII° ou XIX° siècle et, si elle n'est pas entièrement "folklorisée ", ce que je ne sais pas, continue de vivre au XX°, à la seule lecture d'un ou deux bouquins. Ce qui m'intéresse, c'est d'ouvrir une petite fenêtre sur de l'inconnu pour moi, que j'interprète forcément, sur les bases de ma propre culture. | | | À: CatherineGil · 1 juillet 2006 à 14:21 Re: D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Message 5 de 8 · 1 574 affichages · Partager Bien sûr, et tu as raison. Ce que je voulais simplement te dire, c'est que cette simple curiosité rencontre bien des abreuvoirs factices, ou trafiqués; les Aborigènes ne livrent de leur culture que des choses anecdotiques - et leur oeuvres picturales! - qu'ils acceptent de voir utilisées. Dès lors plus d'un écrivain ou voyageur s'est laissé tenté par une interprétation fantasmée qu'il a narrée en la faisant passer pour la réalité. Les Aborigènes vont utiliser tout ce qu'ils rencontrent sur leur chemin (des acheteurs pour leurs toiles, par exemple) mais ils ne livreront RIEN de ce qui compte dans leur culture. De plus, beaucoup s'est déjà irrémédiablement dilué...
C'est un sujet que je ne creuse pas avec mon compagnon, ne voulant pas lui poser de questions qui lui seraient indiscrètes. Je crois aussi qu'ayant quitté à la pré-adolescence cet endroit où il a grandi, il n'en a pas forcément appris beaucoup. Et je crois surtout qu'il n'était pas intégré à la tribu même si les liens étaient très forts! Parfois, il laisse échapper une info, une histoire; peu à peu une trame se tisse. Un mot de ma part et il continue. Un deuxième mot et il se tait. Un jour sans doute il m'emmènera dans ces contrées. Ce sera un honneur insigne! Pour l'heure j'estime que je ne sais rien, à part que PEU de livres sont réellement documentés! Et celui de Bruce Chatwin est sans doute l'un des meilleurs...
Bonne chasse! Si tu attrapes un kangourou n'oublie pas de faire de la télépathie afin de rameuter les gros bras pour le transport | | | À: Pataugas · 1 juillet 2006 à 16:38 Re: D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Message 6 de 8 · 1 568 affichages · Partager En rentrant tout à l'heure j'ai trouvé un message de Bertrand sur mon répondeur. Une dizaine de minutes après avoir raccroché de notre coup de fil, Bertrand avait rappelé - mais j'étais déjà sortie. "Et si un jour tu as la nostalgie de ton pays, surtout emporte...." Avant ça nous avions bavardé, échangé des points de vue - parfois divergents - évoqué des auteurs, des titres, des ambiances, des plumes incisives et parfois cruelles, poétiques, des plumes faciles aussi. Mais combien narratrices d'aventures! Et puis des classiques... "Mais si!!! C'est toi qui m'as fait découvrir Faulkner!" J'avais oublié. Mais c'est Bertrand qui m'a fait découvrir le Simenon hors-Maigret. Et non, ceux-là, je ne les vends pas! Je les emporterai en Australie. Bertrand est un garçon talentueux à l'extrême et auto-destructeur à l'extrême moins un centimètre. Donc, à chaque fois qu'il rencontre le succès, Bertrand se saborde Et part gagner sa vie de bricolage en dépannage. Si j'avais le dixième de son talent et s'il avait le dixième de mon énergie le monde serait à nous!  Mais Bertrand passe ses journées à écouter de la musique et à observer le vol des piafs dans sa campagne parfois démoralisante. "Tu as raison, faut que je vende; surtout que si je commençais à retaper cette ruine il me faudrait 20 ans!" "Et tu m'as fait découvrir le meilleur de Cendrars!" Peut-être que je lui ai offert le saveur de Cendrars l'homme, mais Bertrand m'a portée à mesurer son écriture à lui, qui est d'une saveur précise, délicate, jamais orientée vers un parti pris et donc en permanence centrée sur son objet factuel. "Tu avais dit que certains de mes saladiers te plaisaient?" La discussion a pris une autre direction. "Oui, mais non! Tu ne vas pas me les donner! Vends-les!" "Je ne vais pas TOUT vendre! Donc... je peux donner certains trucs à QUI je veux, on est bien d'accord?" Nous ferons halte dans ce coin paumé de Bourgogne, sur notre route parisienne, avec mon homme. Je déposerai quelques livres et ustensiles à Bertrand, et nous bavarderons tous les trois. Si nos dates collent! Avec Bertrand nous avions envisagé de travailler ensemble. Pendant 5 minutes. Mais si je n'hésite pas à travailler 95% du temps par plaisir, lui aime travailler 5% de son temps pour flâner pendant les 95% restants. C'est la différence entre la besogneuse et le talentueux !   Nous sommes donc restés potes, toutes affaires séparées. On s'est envoyé des trucs au fil de ce peu d'années. Un mot, un bouquin, un coup de fil, un dessin. Bertrand n'ira pas traîner ses guêtres en Australie. Et pourtant, cela lui irait si bien! Mais rien n'ira bien à Bertrand. Et lui seul sait pourquoi. Alors nous allons d'échanges en incompréhensions, de sympathie en prudence, souvent sur le fil du rasoir, parfois au bonheur de la complicité, mais à l'épreuve du temps. Depuis l' Australie j'enverrai des ouvrages à Bertrand qui me répondra par la narration du vol des piafs avec quelques croquis à l'appui.... Et ce sera bien. | | | À: Pataugas · 2 juillet 2006 à 10:58 Re: D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Message 7 de 8 · 1 556 affichages · Partager Si tu attrapes un kangourou n'oublie pas de faire de la télépathie afin de rameuter les gros bras pour le transport 
Vois comme avec les mots de notre vocabulaire, la communication est difficile. Si nous maîtrisions mieux les pratiques télépathiques, nous aurions pu mieux nous entendre peut-être. 
Ce que je voulais dire c'est que la phrase de P.Andreu que j'utilise dans ma signature est ce que je voudrais être capable de faire mais que la réalité est bien plus difficile.
Il serait enfantin de penser que la culture des Aborigènes est restée sporifiéee à l'âge de pierre. Non, il est probable sinon certain qu'elle à continué d'évoluer de s'affiner de s'approprier une connaissance de l'humain et du monde qui, pour être radicalement différente de la notre, n'en est pas moins efficace puisqu'elle a permis à ces hommes de se développer, comme nous mêmes, depuis la nuit des temps. Et ceci c'est vrai pour toutes ces cultures que nous définissons, nous Occidentaux comme "premières ".
Nous avons nous Occidentaux inventé les mathématiques, la physique, la médecine allopathique etc....., et appliqué ces connaissance aux différentes techniques, mais ça ne veut pas dire que la voie que nous avons empruntée est la meilleure, ou la seule ou la plus évoluée. C'est une voie, c'est tout.
Ce que je crois, c'est que les hommes prennent possession du milieu qui les entoure avec des yeux humains, une ouïe, un odorat, un sens du toucher, un goût propre à l'espèce humaine et qu'ils l'interprètent avec leurs outils intellectuels humains et qu'en fin de compte, depuis qu'homo sapiens, sapiens existe, il n'a rien fait d'autre qu'explorer tous les recoins de son cerveau. Quelles que soient les orientations de nos culture, les domaines que ces cultures nous ont permis de maîtriser plus ou moins bien, toutes nos connaissances se résument à explorer l'univers d'un point de vue humain. Il n'y a pas, toujours de mon point de vue, de hiérarchie culturelle, il y a des cultures qui ont exploré et défini leurs domaines d'excellence dans des directions différentes mais ne pas essayer de comprendre une de ces cultures ou la considérer comme inférieure c'est se priver d'une partie de son propre... cerveau.  Je ne suis pas sure de bien me faire comprendre 
Pour ce qui est de la réserve de ton compagnon, elle est assez compréhensible entre le mépris auquel cette culture à du faire face, remplacée à notre époque par une curiosité malsaine de.....zoo, on comprend qu'une méfiance se soit installée. Sans compter les problèmes d'initiation.  , Jeune diplômée ou presque, je voulais faire mon mémoire de psycho sur " Le service militaire : dernier rite d'initiation au XX° siècle " et bien figures toi que ça m'a été refusé au prétexte que j'étais....une fille  Bon, ça m'a confortée dans l'idée que j'avais raison de penser que le service militaire en France dans les années 70 était un rite initiatique et que comme tel, il ne pouvait exister que dans le secret, mais bon, je n'ai pas pu aller plus loin. Tout ça pour dire qu'il n'est pas facile de passer outre les usages.
Pour Bruce Chatwin, il me semble qu'il à considéré la culture Australienne du point de vue qui l'intéressait à savoir l'antagonisme sédentarité/nomadisme. Le flot de citations qu'il utilise à mi parcours qui suggère une relecture à cette lumière de nos texte traditionnels Occidentaux semble le confirmer. D'ailleurs, il me semble que c'est une bonne méthode que d'interroger une culture inconnue par rapport à ce que l'on connaît de sa propre culture et qui nous pose déjà question soit intellectuellement soit dans notre vécu.
Bonne journée à toi. | | | À: Pataugas · 2 juillet 2006 à 19:48 Re: D'un livre à un autre, d'un auteur à un autre, cheminements Message 8 de 8 · 1 548 affichages · Partager Le premier : " les fantômes de Joseph Conrad" de Gavin Young, c'est celui qui m'a donné le goût des explorateurs écrivains (rien à voir avec les Poussins...), citation critique journal Le Monde : www.alapage.com/...p;donnee_appel=AVOIL Gavin Young, gentleman-explorateur" Je suis tombé dans le journalisme comme un homme saoul tombe dans une mare. " Gavin Young, vingt-cinq ans de correspondance de guerre et de révolution pour l'Observer, globe-trotter confirmé, familier des bords du Tigre, des marais viêtnamiens, des déserts bédouins, n'a rien d'un baroudeur. C'est le prototype du gentleman anglais, très grand, très rose, avec de la réserve, de la raideur, un français aussi impeccable que sa politesse, et un parapluie dont il se sert comme d'une canne, à moins que ce ne soit l'inverse. On l'imagine marchant sous la bruine, à travers une lande quelconque, avec un chien ; ou sur un yacht. Mais il déteste les yachts, ce moyen d'aller sur l'eau pour n'aller nulle part. Ce qu'il voulait, dès le début, dès la fin de ses études à Oxford, c'était connaitre d'autres horizons que celui du 9 heures-17 heures en costume croisé des bureaux londoniens, un autre avenir que celui de banquier à quoi rêvait pour lui son père, un colonel de la garde royale. Gavin Young est un homme qui a l'esprit pratique. C'est encore loin la Chine, qui parait chez Payot, dans la collection " Voyageur ", aux récits rassemblés sous le titre Worlds apart, ses livres en témoignent plutôt dix fois qu'une. Dès qu'il a su que son premier but était d'être le plus loin possible de chez lui, et de revivre les émotions que lui avaient données ses lectures d'enfant, Joseph Conrad et Stevenson, il a cherché un job, et trouvé, dans l'import-export, un tabouret à Bassorah, Irak. " Dans chaque vie, il y a deux ou trois personnes qui jouent un rôle déterminant ", dit Gavin Young. Dans la sienne, qui fut particulièrement mouvementée, même s'il met une certaine coquetterie, et une certaine pudeur, à glisser sur le courage dont il fit preuve, il y en eut un peu davantage. Mais il faut parler de deux ou trois rencontres qui orientèrent l'existence de cet aventurier d'un genre très particulier : le plus " classique " des voyageurs modernes, un gentleman-explorateur tombé du dix-neuvième siècle dans les guerres de libération et de décolonisation. Il y a donc un explorateur, un journaliste et un écrivain qui veillèrent sur la destinée du jeune Gavin Young. Comme il aime à le répéter : ce qui est écrit est écrit. L'explorateur vint le premier : Wilfred Thesiger, le célèbre découvreur des descendants de Sumer, les Arabes des marais, qui ressemblait et ressemble toujours à une souche d'arbre travaillée par la mer. Il y eut ensuite un journaliste, correspondant du Sunday Times à Rabat. Thesiger avait emmené Young avec lui ; Ian Fleming, le père de James Bond, lui donna le moyen de vivre, en le convainquant qu'il saurait écrire ce qu'il vivait. Et Gavin Young se souvient avec tendresse de son fume-cigarette, de sa capacité d'ingurgiter de la vodka, de sa passion pour les coquillages, qu'il ramassait sur les plages dans un vieux panier. A la recherche des fantômes Mais l'étoile qui brille constamment dans le ciel personnel de Gavin Young, c'est Joseph Conrad. Lui qu'on trouve au début dans les rêves éveillés d'un petit garçon qui lit encore London ou Stevenson dans les criques de Cornouailles, lui qui sait mieux que tous les autres " parler pour ceux qui sont sans voix ", comme disait Victor Hugo, lui qui a toujours compris et su décrire les gens ordinaires, et leurs vies extraordinaires, aux quatre coins du monde. Qu'il parle de sa famille adoptive du Vietnam, des Samoans qui ont fait de lui un des leurs, de Samar et Hassan, deux marins baloutches de l'Al Raza, un des bateaux qui le menèrent d'Europe en Chine, du capitaine Rashad ou de ses amis philippins, Gavin Young écrit en compagnie de Conrad, de lord Jim. " C'est, dit-il, qu'il y a tant de jeunes gens qui se promènent de par le monde, en ne voyant rien, en ne comprenant rien. Les choses seraient tellement différentes si les gens voyaient à quel point nous sommes tous pareils. " Premier point : l'idée qu'on se fait, en voyageant, une sorte de grande famille, choisie et dispersée, qui laisse libre. Deuxième point, le plus important peut-être : si l'on ne voit que ce qu'on a sous les yeux, on ne voit rien. Ce qui importe, ce sont les fantômes, le " passé visitable ", comme disait Henri James _ mais Young n'est pas complètement sûr que ce soit vraiment lui. C'est encore loin la Chine raconte ainsi une visite très émouvante dans Alexandrie, à la recherche de la maison du poète Constantin Cavafy. A force de rêver de Gauguin aux Marquises, de Melville dans le Pacifique, de Stevenson du côté de Samoa, de pister Malraux dans les ruelles de Shanghai, Gavin Young, lecteur fou, s'est mis en tête de marcher dans les traces de Conrad, forcément. Mais cette fois-ci, systématiquement. Il est en train d'explorer les fleuves et les ports, les villes, la jungle, l'univers du père du Nègre du " Narcisse ". Ce qui est une autre manière d'être un voyageur " classique ", un explorateur de l'imaginaire (une tout autre manière que Bruce Chatwin dans le Chant des pistes), cette manière solide et sérieuse de faire des choses folles qui définit Gavin Young. " fin de citation | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 012 visiteurs en ligne depuis une heure! |