Pierre Combescot est bien connu des lecteurs du "Canard Enchaine" : il signe, tous les mercredis, la critique de concerts, operas et ballets, sous le pseudonyme de <Luc Deygnes> Le hasard des "books shops" m'a permis de partir en voyage dans la
Rome antique en decouvrant "Ce soir on soupe chez Petrone" dans lequel Combescot nous lraconte la vie de Petrone, et la personnalite de nombreux romains et grecs dont l'histoire a retenu les noms, tel que le charmant Neron !
Petrone, l'auteur du "Satiricon", doit beaucoup a Fellini. Combescot nous le presente ainsi :
"...Petrone est un entrepreneur de demoralisation. De demolition egalement. Demolition du langage par l'argot glane dans les bouges de
Marseille, au temps de sa jeunesse, car Petrone fu marseillais avant d'etre romain"
Du coup, par la voix du grec Lysias, l'auteur nous laisse a voire la vie de Petrone dans ses moindres details, avec une langue liberee, ouverte sur le foisenement de la vie. Comme il nous parle d'un temps ou l'honneur des hommes ne se trouvait dans la partie la plus charnue de leur individu, mais dans leur courage physique, le mepris de la mort, et leur
savoir mourir, il m'est delicat de citer un passage du livre sans m'attirer le courroux de "Anastasie", cette charmante dame de VF que nous venerons et que nous saluons - voila t-il pas que je fais mon Seneque, qualifie de lecheur par Petrone.
"...Ce fut a cet instant, je crois, que je lui posai la question (Lysias a Petrone) :
"...Et Seneque ? - Il n'est pas de mes habitudes de debiner un mort, mais puique tu m'interroges sur Seneque, je te dirai que c'etait le roi des lecheurs. La moindre fripouille d'affranchi ou d'esclave proche du prince avait droit a son coup de langue. Sa <Consalation a Polype> est une honte surtout lorsqu'on sait qui etait le personnage... (toujours sur Petrone)
Il respire tout a fait a son aise et souvent avec un certain contentement, parmi les bassesses, les assassinats de sang froid, les fourberies, les trahisons, les avarices, les rapines...."Voici Seneque habiller pour l'eternite !
A la fin du livre, ne pas manquer de lire les notes de l'editeur, passionnantes, qui montrent bien bien que Combescot n'a pas ecrit son roman sans s'etre, au prealable, remarquablement documente, et qu'il n'a, en fait, pas pousse le bouchon trop loin, alors qu'il aurait pu !
Ce soir on soupe chez Petrone, de Perre Combescot, aux editons Grasset.