Bonjour tout le monde,
Je réponds à Kola juste parce que c'est le dernier message, mais l'adresse est collective.
Zorba a compris ce que je voulais dire : bien sûr ce n'est pas l'ORTF de la grande époque, mais l'Etat subventionne une presse qui ne survit pas sans son support. Si certains médias sont clairement un service public d'Etat, presque tous les autres servent un discours institutionnel et officiel.
La presse régionale a publié et publie sans doute encore de nombreux publireportages préfectoraux maquillés, conclut souvent ses articles de "copiés collés" rappelant ce dont il n'est pas permis de douter en matière de climat, d'écologie ; pour la santé et l'économie, les choses sont plus discrètes, mais le dogmatisme est là.
Les groupes qui possèdent les médias sont peu nombreux, et partagent des vues et intérêts communs, il est très difficile en
France de sortir de cette vision admise des choses.
Vous me direz que c'est pareil partout ; en effet, en
Russie ou en
Biélorussie, par exemple, des gens papotent près de la photocopieuse comme nous ici, la majorité s'étonnant ou s'offusquant de bonne foi que l'on puisse avoir l'audace de douter de la vision du monde officielle.
Il y a quelques années, à l'époque où j'ai enseigné les médias, j'avais eu une discussion avec la rédactrice en chef d'un journal régional breton, qui m'avait glacé en m'expliquant son métier : elle voyait la presse comme un outil non pas d'information objective, d'investigation, d'opinion, mais comme un moyen pour édifier, pour éduquer les lecteurs aux bonnes pratiques et aux bonnes valeurs.
Bon, j'avais laissé tomber dès la rentrée suivant cet enseignement, mais les années récentes n'ont fait que confirmer cette situation : des assertions comme "l
a santé est une valeur", ou comme "
la vie se doit d'être sobre et vertueuse", "
la liberté ne saurait être qu'une dérogation accordée collectivement" ou "
une bonne société ne saurait être qu'inclusive" ne peuvent pas faire l'objet de discussion, se trouvant dès lors figées en dogme.
Michel
PS : l'écriture inclusive c'est autre chose, une sorte d'acte militant reposant que une méconnaissance de la grammaire de la langue, qui comprend bien un genre neutre.
Mettre la langue au service d'une cause est une chose qui me dérange beaucoup, c'est mon côté "
philosophie du droit naturel".
Rousseauiste à l'occasion, en fait.