Bonjour,
une question d'éthique travaille en ce moment. Je veux dire, lorsque l'on marche, en général c'est qu'on aime la nature.
Mais le matériel que nous achetons pose deux problèmes conséquents. Le premier est que nous ne savons pas de quelles ressources naturelles il est issu. Les produits textiles (coton) et les aliments lyophilisés sont-ils issus d'une agriculture respectueuse de l'environnement ou bien détruisent-ils des surfaces agricoles qui pourraient servir à nourrir des populations locales? Pollue-t-elle des nappes phréatiques? Quels produits sont utilisés lors de la transformation? sont-ils nocifs pour les ouvriers?
Ensuite, des fois je me dis que sur mon dos, je porte le fruit du travail de personnes qui ne sont pas du tout respectées. Je fais fonctionner un système de travail dont je ne voudrait pas pour moi. Les produits Décathlon par exemple, mais c'est le cas pour la quasi totalité des marques, proviennent de
Chine à 80%, ainsi que d'autres pays non démocratiques qui se foutent pas mal du bien être de leurs citoyens (et de la nature). Il y a des gens qui font des semaines de 80 heures, avec des salaires de misère et sans droits sociaux, ils ne feront jamais de rando, mais ils bossent sur mon sac à dos super chouette qui me permet de marcher dans un espace protégé.
Bref, quand je marche et que je me dis que je suis heureux de vivre en autonomie dans la nature, quand je ressent une sorte d'amour pour la nature, est-ce que je ne suis pas en train de bousiller celle des autres et ne suis-je pas en train de fortifier un système de production qui traite très mal ses ouvriers?
Comment voyez-vous les choses? Comment faites-vous pour limiter les dégâts?
Ne faut-il pas y réfléchir à deux fois avant de se déclarer amoureux de la nature? Car les choses semblent bien compliquées, surtout si on prend un avion (extrêmement polluant) pour aller marcher à l'autre bour du monde.
Il me semble que les randonneurs ont tendance à limiter leur respect de la nature au fait de ne rien jeter le long des sentier. Il me semble que notre responsabilité est plus large. Sans pour autant se sentir responsable de tous les maux de la terre, un subtile équilibre éthique est à trouver.
A bientôt
Natrilha