bonjour Antoine
D'abord une première mise au point quand je dis "changer la vie des personnes que nous rencontrons" ça ne veut pas dire les obliger à faire quelque chose.
Par exemple le type de dicussion que nous avons c'est très important et ce genre de discussion ça peut changer nos vie.
On peut affirmer que certaines personnes comme jésus ou d'autres gars (avec beaucoup de respect pour l'ensemble de ces personnes) ont changé la vie d'autres.
Toutes les personnes que je rencontre "plus profondément je les rencontre", plus elles changent ma vie car je les aime.
(même plus largement chaque personne que nous rencontrons peut avoir une grande influence positive ou négative sur nous même)
Si notre amour est grand elles me rendent profondément heureux parfois aussi leurs difficultés me fait souffrir et je veux juste être là pour les encourager pour leur donner plus de courage et de force pour dépasser ces difficultés.
Quand des personnes s'aiment avec suffisamment de vérité, veulent réellement le bonheur de l'autre quelques soit les difficultés,
alors elle deviennent invulnérables, tout est possible, du fait de ce soutient total.
Aimer à ce point là en dépit des difficultés, comme dans l'idéal des parents aiment et encouragent leurs enfants d'une façon inconditionnelle, cela change la vie, sa propre vie et celles des personnes qu'on aime et qui nous aiment.
Le paradis est juste ici.
Concernant le rapport à la souffrance, quand j'aime quelqu'un cela me modifie, l'énergie de mon être me semble modifiée. Comme si ces personnes que j'aime faisaient maintenant partie de moi même, de cette énergie. Elles sont comme une musique qui dès que j'en suis éloigné me manque consciemment et parfois inconsciemment, mais quand elles me parlent ou que je les vois à nouveau enfin c'est comme un point de moi même dont je m'étais habitué à sentir la douleur ou la crispation et qui tout à coup se détend, s'épanouit.
Souvent mon fils quand il passe un moment de bonheur avec des personnes qu'il aime; quand cela finit il aimerait bien soit juste rester, que ça continue, soit même que nous vivions tous ensemble. Souvent je complète en riant et en disant : "si simplement on mettait toutes les personnes qu'on aime dans une grande maison et on reste là pour toujours."
Je pense que cet exemple montre que dans un amour vrai il n'est pas absurde de dire qu'il peut y avoir une certaine souffrance et en fait plus il y a d'amour plus cela peut se révéler vrai car on ne peut toujours être près des personnes que l'on aime. Je pense que cette soufrance est la souffrance familière du voyageur toujours heureux de partir vers son prochain amour mais meurtri de quitter ceux qu'ici il aime.
Aujourd'hui je me suis aperçu que pour aller encore plus au fond de ce que je suis et de l'amour que j'ai pour elles, pour vivre à la vie et à la mort, pour vivre plus pleinement, totalement.
Je peux offrir cette souffrance, tout offrir, me donner totalement à la vie.
M'abandonner à cette souffrance pour les aimer totalement, abandonnant du même coup toute crainte de souffrance.
Pour moi, c'est choisir d'aimer plus encore ceux que j'aime, en m'abandonnant à cette souffrance, mais aussi au profond bonheur qu'ils me donnent.
Ne pas gacher cet amour qu'ils me donnent en me laissant détruire par cette souffrance inhérente à l'amour lui même, mais le magnifier en m'abandonnant totalement à cette souffrance (Comme disais Khalil "saigner joyeusement").
Cela ne veut pas dire que la souffrance est souhaitable ou positive. Réduire la souffrance inutile, pour moi c'est un enjeu fondamental des relations humaines.
Nous sommes des êtres énergétiques et de communication la sympathie "ressentir (souffrir) avec" en est un témoignage.
On ne peut être heureux si d'autres sont malheureux à côté de nous.
La propagation de cet énergie de nos emotions est fondamentale dans le cadre d'une communauté vivante.
Souvent les problèmes, la souffrance se transmettent de génération en génération; les traumatismes des parents sont transmis involontairement à leurs enfants; en ville de nombreux angles montrent que plus on est moins on rit; si j'ai mal je fais souffrir quelqu'un d'autre etc.
Bien heureusement à l'inverse si je suis bien je fais du bien à quelqu'un d'autre :) !! > (*)<
Tout l'art est là comment s'y prendre pour que notre "confrontation" / rapport au monde porte des fruit soit constructif plutôt que destructif.
Souvent je dis que la première façon d'aimer quelqu'un c'est de ne pas lui permettre de nous faire du mal et à l'opposé de savoir s'émerveiller (finalement se faire du bien). En gros savoir être imperméable au mal et perméable au bien.
Aussi, souvent, si je vois/suis victime d'une injustice j'essaie de comprendre comment l'aimer car je ne crois pas qu'une personne soit née mauvaise.
Par exemple je me rends compte que plutôt que de subir moi même ma colère ou mon envie incontrolable de vengeance, je me rends compte que je pourrais "lui casser la geule par amour"... C'est tellement plus agréable en plus ! Peut-être même qu'elle me remerciera un jour de l'avoir arrêté...
Bon c'est ma façon...
En tout cas je pense que cette gestion constructive de nos rapports entre être vivants et en particulier la réduction de la souffrance inutile et stérile est quelque chose de fondamental pour qu'une société humaine ou vivante aille dans le sens de la construction et non de la destruction.
L'humanité c'est comme une grande équipe ou même un corps vivant, il faut que notre cohabitation soit un enrichissement et non une destruction.
Je voudrais noter comme je l'ai dit plus haut que je suis contre la souffrance inutile car elle détruit.
A l'opposé je n'ai pas peur de souffrir en tenant compte de mes forces pour construire quelque chose de postif.
Car lorsque que l'on souffre qu'on en bave mais que le résulat est là notre souffrance n'a plus d'importance, notre bonheur devant le résultat balaye tout :) !!! parfois nous sommes même plus heureux encore si cela nous a coûté cher mais que nous avons réussi ! Attention cependant, ce n'est pas parceque l'on a plus souffert mais parceque nous nous sommes dépassés !! :)
Bon sinon finalement la chose que je me pose comme question juste pour être gentillement taquin, c'est : si jamais on le pouvait, peut-on se permettre de NE PAS "changer la vie des personnes que nous rencontrons" ?
Que sommes nous sans les autres ? Que serait la communication ou même la liberté tout seul ?
On ne peut pas prétendre ne pas interagir sur les autres. Nous sommes au monde, donc nous interagissons avec les autres, donc bien sûr nous les changeons peu ou prou. Vivre est un responsabilité !
Entre 2 êtres humains (ê vivants ?) il ne peut pas y avoir d'absence de communication, tout est communication, l'absence de communication est elle même une façon de dire tu n'as pas d'importance pour moi, tu n'existes pas pour moi.
Souvent tu n'existes pas car tu n'as pas crié assez fort, prouver ta valeur supérieure par rapport aux autres.
"Je ne veux connaître et rencontrer que des personnes intéressantes, prouver moi que vous l'êtes prouvez moi que vous êtes dignes de mon intérêt sinon je vais voir ailleurs. Moi j'attends le prince charmant/ la princesse charmante quelqu'un d'extraordinaire qui va boulverser ma vie."
Ne serait-il pas préférable de dire : "qui es tu ? tu existes à mes yeux, tu n'as pas besoin de me montrer de me prouver, tu as une valeur infinie pour moi créature de dieu. Quels mystères caches tu ? Imaginons ce qu'il y a de plus beau, veux tu que nous le construisions ensemble ?"