| Passages de frontières Xrctn · 22 janvier 2015 à 14:54 · 279 photos 398 messages · 45 participants · 33 933 affichages | | | | À: Xrctn · 11 décembre 2019 à 9:56 Re: Passages de frontières Message 221 de 398 · Page 12 de 20 · 1 065 affichages · Partager BougainvilleRésultats du référendum : 98% | | | À: Xrctn · 11 décembre 2019 à 13:28 Re: Passages de frontières Message 222 de 398 · Page 12 de 20 · 1 047 affichages · Partager | | | À: Xrctn · 13 décembre 2019 à 21:24 · Modifié le 13 déc. 2019 à 21:54 Re: Passages de frontières Message 223 de 398 · Page 12 de 20 · 1 013 affichages · Partager Bonsoir Xavier
France arrivée à Saint-Exupéry à Lyon
J’ai une amie avec laquelle j’ai déjà fait 7 voyages à vélo, et comme la plupart des compagnons de voyage que j’ai eus depuis maintenant 10 ans, je l’ai connue grâce à VF, d’où l’importance de faire savoir ce que l’on fait pour cette très bonne raison de faire venir à soi des personnes vraiment motivées pour partir voyager à vélo.
Cette amie est douanière sur l’aéroport de Saint-Exupéry. Bien évidemment, lorsque je pars ou je reviens par cet aéroport je l’en informe et si elle est de service elle vient me faire un petit coucou.
Une fois je rentrais avec un camarade d’une magnifique balade à vélo de 4000 kilomètres autour du Mékong et comme d’habitude je lui avais annoncé notre passage.
Une fois l’avion posé, nous passons le contrôle de police, nous récupérons nos bagages et nos cartons à vélo. Dans le hall de l’aéroport nous décidons de remonter nos vélos afin de les mettre sur le porte-vélos de la personne qui vient nous récupérer.
Donc, alors que nous commençons à ouvrir nos cartons, je vois arriver mon amie en uniforme en compagnie de toute une kyrielle de ses collègues de travail. Ils nous entourent et nous nous retrouvons au milieu d’un cordon de douaniers disposés en cercle comme pour nous empêcher de fuir. Alors s’engage une discussion sur notre balade de 75 jours autour du Mékong.
Les passagers qui passaient à proximité lançaient des regards curieux, cherchant à voir ces délinquants sous si bonne garde, pensant qu’il s’agissait très probablement de trafiquants en provenance de Bangkok.
Mais non, certes la discussion était très animée, ma camarade était d’autant plus intéressée, qu’elle aurait dû nous accompagner dans ce voyage, l’ Asie du sud-est étant sa destination préférée du fait de la clémence de son climat en dehors de la saison des pluies, même si dans l’après-midi il fait parfois chaud. Mais voilà un contre-temps de dernière minute nous avait privés de sa présence. Elle était très curieuse de cette expérience qu’elle aurait voulu connaître.
D'avoir relu l'anecdote de Montagnard 74 sur le passage de frontière entre Pérou et Bolivie au bout du lac Titicaca à Desguadero, cela m'a rappelé que j'y étais passé avec deux camarades au cours d'une chevauchée d'un centaine de jours à vélo à travers les Andes.
Nous avons eu plus de chance que Montagnard 74, je ne me souviens pas avoir attendu. Une fois en Bolivie, nous cherchons à nous constituer un bon ravitaillement car nous comptions couper par des pistes désertiques et mal pavées sur 300 kilomètres avec nos vélos jusqu'au fameux volcan Sajama. Mais les rares magasins n'avaient pas grand-chose à vendre. Nous décidâmes de repasser au Pérou à pied car un peu avant la frontière nous y avions vu de quoi nous ravitailler. Nous nous sommes demandé comment expliquer cela aux douaniers. La nuit était tombée et lorsque nous arrivâmes au poste frontière sur le pont de la seule rivière qui sort du Titicaca, nous vîmes qu'une foule industrieuse passait sans marquer l'arrêt dans les deux sens, chargée de gros sacs de pommes de terre et autres ingrédients. Sans trop hésiter nous nous glissâmes dans ce flot humain sans autre formalité. Après avoir fait nos courses nous nous sommes insérés à nouveau en sens inverse dans le flot qui n'avait pas faibli et la Bolivie nous ouvrit à nouveau les bras.
Luc | | | À: Xrctn · 6 janvier 2020 à 17:14 Re: Passages de frontières Message 224 de 398 · Page 12 de 20 · 920 affichages · Partager Bonjour Xavier et bonne année, une pensée pour l' Australie et le calvaire que vivent ses habitants dans les zones de grands incendies. Déjà chez nous dans les Vosges avec le changement climatique la forêt souffre beaucoup et un pourcentage non négligeable d'arbres meurent, ce qui a une incidence financière sur les budgets des communes.
Quelques petites anecdotes de frontières:
Passages de douanes aéroport :
Lorsque l’on part en voyage plusieurs mois selon les pays sans demande préalable de visas on obtient généralement de 1 à 3 mois sur place. Si notre intention est de rester dans ce premier pays plus que le temps prévu par ce visa d’arrivé, pas de question à se poser et faire une demande de visa long avant de partir est une obligation.
Par contre si à partir de ce point d’arrivée notre intention est de faire un voyage par différents pays sans dépasser le temps octroyé à l’arrivée dans ce premier pays, la demande d’un visa long n’est pas indispensable. Deux cas de figures se présentent, soit une boucle, donc arrivée et départ du même aéroport, soit départ d’un pays différent de celui d’arrivée.
Le problème se pose cependant à l’embarquement pour rejoindre ce pays d’arrivée. En effet, il est demandé un justificatif de sortie de ce pays d’arrivée dans le délai du visa. Là, si vous n’êtes pas capable de fournir cette preuve, généralement sous la forme d’un billet retour, l’embarquement vous est refusé. Certains n’ont pas connu ces démêlés même y opposent un déni, cependant les deux expériences en ce domaine que j’ai vécues sont bien réelles.
La première : Je pars avec deux camarades pour une traversée des Andes de 4 mois pour moi et 7 mois pour mes compagnons. Notre point d’arrivée se situe à Quito et me concernant mon point de départ Santiago du Chili 4 mois plus tard, mes compagnons je crois me souvenir quelque part en Argentine après 7 mois. Le vol Lyon- Madrid, tout se passe au mieux, une fois dans la capitale espagnole ça se complique, l’ Equateur ne fournit sur place qu’une autorisation d’un mois, et nous avons beau expliquer que nous sommes à vélo et que nous allons quitter le pays avant la date fatidique des 30 jours, rien n’y fait. Un camarade qui a créé une agence de voyage très connue m’avait fait une belle lettre avec un beau et gros tampon au bas, on m’a rétorqué que ce document n’avait aucune validité. Donc, à l’embarquement on nous demande une preuve OFFICIELLE ou INCONTESTABLE que nous allions bien quitter le pays avant ce délai d’un mois. Nous n’y coupons pas, il nous faut prendre un billet Quito-Caracas que nous n’utiliserons pas pour être autorisés à embarquer. Une fois à Quito, il ne sera pas possible de se faire rembourser ce trajet sur place. Une connaissance charitable (connue sur VF) s’en chargera à Paris et ce billet obligatoire en surplus nous reviendra en définitive à 20 euros chacun, coût de l’annulation, mais quand même avec un bon petit coup de stress.
Cette expérience m’ayant échaudé, quelques années plus tard alors que je prépare un voyage de 75 jours autour du Mékong, avec arrivée et retour à Bangkok le problème risque de se poser à nouveau. Nous prévoyons un mois en Thaïlande, puis un mois au Laos et 15 jours en finale en Thaïlande, ces différentes périodes couvertes par un visa 30 jours délivré à l’arrivée à Bangkok, puis 1 mois en passant par voie terrestre au Laos puis ensuite 15 jours en revenant par voie terrestre en Thaïlande. Mais voilà l’intervalle de temps entre nos billets aller et retour est de 75 jours, donc j’ai peur d’essuyer un refus à l’embarquement à l’aéroport de Saint-Exupéry. J’explique tout cela en étant bien accompagné à l’hôtesse de la compagnie que je ne nommerai pas. Nous lui suggérons la solution de nous faire de faux billets de retour dans un délai inférieur à 30 jours. Mon accompagnatrice lui enlève ses dernières réticences et voilà comment un mois plus tard nous avons embarqué sans problème pour Bangkok. Dans ce cas précis je ne sais pas si cela était vraiment nécessaire comme à Madrid quelques années auparavant. Mais je n’avais surtout pas envie de rééditer cette expérience de me trouver dans la position d’être refoulé une heure avant l’embarquement.
Contrôle de cartons à vélo à l’arrivée et de bagages au départ:
Arrivée à Salta à 4 heures du matin avec deux camardes, nous avons chacun un carton contenant notre vélo, en plus de grandes dimensions pour lesquels on ne démonte que la roue avant. Le douanier argentin ne réussissant pas à faire passer nos volumineux bagages dans le scanner, demande à ce que nous ouvrions le premier. De parma formation je suis relativement discipliné, mais l’un de mes camarades, justement celui dont le carton a été pointé du doigt par le douanier, est un vrai représentant du peuple français, râleur à la moindre occasion. Donc il commence par dire non, de plus ne parlant pas bien espagnol, le douanier s’adressait plutôt à moi. Il se montre insistant et mon camarade contestant avec d’autant plus de vigueur.
Je commence à me sentir mal à l’aise, mais le douanier ne lâche rien. N’ayant pas pour habitude de donner des conseils à mes compagnons de voyage surtout avant de commencer un périple de plus de deux mois, j’assiste à l’échange d’amabilités sans rien dire, sachant que si ça devait dégénérer nous ne serions pas les gagnants. Finalement, mon camarade retrouve une once de lucidité, réalisant qu’il n’y couperait pas, se décide à laisser ouvrir son carton. Et là le douanier quand même surpris de son attitude contestatrice nous dit : « si moi je vais en France et que l’on me demande d’ouvrir mes bagages je le fais sans discuter ». Je ne sais que dire car je suis totalement de son avis. Cela d’autant plus que nous avons toujours un rouleau de scotch de déménagement avec nous et que le carton nous l’avons rescotché en une minute tout au plus. Mais quand on est un vrai Français on l’est pour de bon !!!
Départ d’Ulan Bator, après une fantastique chevauchée à vélo aux lisières du désert de Gobi. Tout se passe au mieux pour l’enregistrement des vélos et de nos bagages. Pour ma part il s’agit d’un sac north face. Tout est donné dans des temps records. Avec Aeroflot il faut s’acquitter de 50 euros pour les vélos à l’aller comme au retour mais tout se passe au mieux.
Alors que nous attendons tranquillement toutes démarches effectuées retentit une annonce par haut-parleur, qui se répète plusieurs fois. Je réalise qu’il s’agit de mon nom qui vole à travers l’aéroport avec insistance, bien que la prononciation en soit très déformée. Je suis invité à me présenter dans les sous-sols de l’aéroport où un dernier scan est effectué sur les bagages avant embarquement dans les soutes de l’avion. Je me présente, une contrôleuse me demande d’ouvrir le cadenas qui ferme mon sac. Je m’exécute, elle plonge la main dedans, ouvre ma gamelle et en extrait le briquet que j’avais malencontreusement oublié et le confisque. Ouf ! ce n’était que cela.
Cet incident me rappelle une autre expérience vécue lorsque j’avais pris l’avion de Paris pour Vientiane avec un camarade. La veille je lui avait demandé de mettre le réchaud dans son sac en enlevant la cartouche de gaz, car strictement interdite dans un avion. Quelle n’avait pas été ma surprise une fois sur place de constater que la cartouche était là et que manifestement nos bagages n’avaient pas été sérieusement inspectés. Il faut dire que lors de notre embarquement à Ulan Bator la Russie venait juste de subir un attentat à la bombe sur l’un de ses avions civils. | | | À: Xrctn · 13 mars 2020 à 11:01 · Modifié le 13 mars 2020 à 11:49 Re: Passages de frontières Message 226 de 398 · Page 12 de 20 · 772 affichages · Partager Bonjour Xavier En ces temps de fermeture presque généralisée des frontières à cause de ce virus qui lui s'en rigole des frontières, il nous reste les chemins du souvenir et il me revient en mémoire l'un de ces épisodes cocasses de passage en aller-retour de frontière que je te relate:
Afghanistan la frontière obligée, passage imprévu
En juillet 1976, notre promotion d'élèves officiers de l'Ecole de l'Air effectua un voyage d'études d'une durée d'un mois qui nous emmena de Chypre en Iran en passant par la Grèce et le Pakistan.
Alors que nous volions à bord d'un avion militaire qui se dirigeait de Téhéran vers un aéroport du Pakistan, l'équipage dut opter pour un atterrissage en Afghanistan. À cause du retard pris en raison d'une panne survenue sur le tarmac de la capitale iranienne, la nuit venant l'aéroport de destination ne pouvait plus nous accueillir. Face au refus de la part des autorités locales afghanes de nous laisser atterrir, et comme il était hors de question de franchir la frontière sans autorisation, nous risquions d’être obligés de retourner à Téhéran, notre point de départ, avec la perspective de repartir pour 4 heures de vol supplémentaires.
Branle-bas de combat. Le réseau diplomatique est mis en action et après moult discussions entre les instances françaises et afghanes, l’autorisation nous est donnée d’atterrir sur ce terrain militaire encombré d'une multitude de vieux appareils soviétiques plus en état de voler de toute évidence.
Sitôt au sol, les autorités militaires nous préviennent que dès le lever du jour nous devrons repartir et repasser dans l’espace aérien pakistanais. Trois options nous sont proposées pour passer la nuit, l'avion, un bâtiment ou une petite pelouse chétive et rase, qui pousse à quelque distance de l'aéronef. Trois groupes sont rapidement constitués. Nous sommes un petit nombre à opter pour le morceau de gazon pelé sur lequel nous nous installons. À chacun des quatre coins de notre carré d'herbe, une sentinelle équipée d'un long fusil surmonté d'une baïonnette se positionne.
La nuit va tomber, le paysage qui nous entoure est d'une beauté sauvage que je n'ai jamais vue ailleurs. Sous mes yeux ébahis, le panorama nous offre une succession de chaînes de montagnes, expression d’un monde brut et minéral, qui prend une multitude de couleurs des plus vives aux plus sombres avec une prédominance des mauves. Je resterai comme hypnotisé jusqu'à ce que dans la nuit totale, toutes nuances s’estompent pour ne laisser place qu’aux ombres chinoises se découpant dans un ciel d’une brillance extraordinaire. J'ai éprouvé, pendant ce coucher de soleil dans ce monde figé, une des plus fortes émotions de ma vie. Puis le moment de s'endormir est venu. Sporadiquement, les sentinelles, pourtant proches les unes des autres, s'appelaient, ne favorisant pas ainsi notre sommeil.
À un moment de la nuit, il me vient un besoin naturel, heureusement pas le plus important. Je me levai avec précaution et immédiatement un garde me mit en joue. Je m'immobilisai en attendant qu'il soit près de moi et essayai de lui expliquer par gestes mon problème. Finissant par comprendre il me fit signe de me diriger vers le bord de la pelouse et me demanda de stopper au plus près du chemin bordant notre carré d’herbe. Posté derrière moi, l'arme toujours braquée dans ma direction, ce que je constatai par de légers mouvements de tête, mon ange gardien semblait nerveux. Je ressentais l'espace ténu qu'il y avait entre le bout de son fusil et mon dos et cela provoqua un effet pour le moins inhibiteur. C'est à partir de cet instant que les choses commencèrent à prendre du temps et prirent une tournure désagréable. L'impatience le gagnant, mon charmant garde se prit d'élever la voix et comme ça ne suffisait pas à me débloquer, bien au contraire, je reçus des petits coups de baïonnette dans les reins. Devant mes protestations, il recula un peu puis, enfin, j'ai pu regagner mon coin d'herbe et replonger dans les bras de Morphée.
Le lendemain matin, réveillé au bruit des moteurs qui démarraient, je sautai dans notre avion et rapidement nous sommes partis. Je me suis collé au hublot pour profiter une dernière fois de ce spectacle de montagnes sauvages, qui restera gravé dans ma mémoire comme un rêve magnifique. | | | À: Lucbertrand · 15 mars 2020 à 11:44 Re: Passages de frontières Message 227 de 398 · Page 12 de 20 · 727 affichages · Partager Merci pour cette anecdote. Es-tu retourné en Afghanistan depuis ???
"Grâce" à ce foutu virus, les frontières refont la une de l'actualité | | | À: Xrctn · 15 mars 2020 à 17:11 Re: Passages de frontières Message 228 de 398 · Page 12 de 20 · 711 affichages · Partager Bonjour Xavier, non je n'y suis jamais retourné en Afghanistan, sauf par les livres cela m'a permis d'en rêver et de me remémorer cette nuit qui dans le fond sortait peut-être d'un rêve.
Allez encore une petite histoire, ça nous fera penser à autre chose que ce satané corona... qui fait angoisser, d'autant plus lorsque dans sa famille, comme c'est mon cas, on a plusieurs membres qui ont des défenses immunitaires très affaiblies, mais soyons optimistes.
Voilà mon histoire:
Passer trois frontières en un quart d’heure voire moins
Dans mes rêves les plus fous et je vous assure il ne s’agit que de rêves d’alpiniste je vais vous dévoiler l’un de mes fantasmes. Je pourrai une autre fois vous relater mon plus beau fantasme de pêcheur de truite (mais que fario) et chercheur de cèpes mais là difficile de le raccrocher au chapitre « passage de frontières ».
Durant toute ma vie ou tout du moins une grande partie de celle-ci, je n’ai rêvé que d’alpinisme, d’ailleurs ma mère affirmait que le premier mot que j’ai prononcé tardivement, étant un enfant très rêveur pour ne pas dire attardé, a été « boutagne ». Nous habitions Grenoble et, au-dessus de chez nous la vue donnait d’un côté sur les falaises du Vercors et de l’autre sur le Nez Rond (je ne sais pas si c’est la bonne orthographe), mais cette grosse bosse est très impressionnante de la ville.
Voilà, donc mon rêve de passage de frontières à ‘’ toute blinde’’ : imaginez le tour du mont Blanc, déjà à pied c’est de l’ordre de 150 kilomètres, mais avec plein de tortillons, alors faites un effort et visualisez un avion de combat qui fasse le tour du massif à 900 km/h, pas plus après c’est le mur du son et là c’est plus la même. Donc à 900km/h cet avion dont on ne précise pas le type, disons simplement qu’il appartient à la « reco », se déplace à 250 mètres par seconde, donc 4 secondes pour un kilomètres. Faisons un prix de gros pour le tour et disons 200 km. Donc, notre aéronef va parcourir cette distance en un peu plus de 13 minutes.
Parti de France au niveau d’Argentière, laissant la face nord des Grandes Jorasses sur son aile gauche puis, après avoir vu défiler les aiguilles de Chamonix, il passe devant la face nord du mont Blanc ensuite, virage à gauche l’ Italie lui saute à la figure, alors défile un panorama magnifique. Encore toujours aile gauche la face italienne du mont Blanc avec quelques pointements caractéristiques comme l’aiguille Noire et aussi la Blanche de Peutrey, puis hop on passe la sortie italienne du tunnel et, à nouveau les Grandes Jorasses mais face sud avec son environnement très sauvage. Alors apparaît un pointement particulier le mont Dolent qui fait un peu moins de 4000 mètres d’altitude, mais qui possède une caractéristique géographique unique : il est le point frontière entre trois pays France, Italie et Suisse.
Donc de l’ Italie on plonge en Suisse, mais toujours bien planqué entre les montagnes, car la Suisse est jalouse de ses frontières et, un avion de combat français venant s’amuser chez elle sans invitation elle n’aime pas vraiment. Pourtant les pilotes de chasse suisses s’en donnent à cœur joie. Je les ai souvent regardés faire, en particulier s’enrouler autour du Cervin. Mais ils sont suisses, même si à une certaine époque ils étaient équipés de Mirage III. Il m’est arrivé, hélas ce n’était pas un rêve de voir l’un de ces Mirage III suisses percuter la montagne au cours d’une magnifique randonnée à peaux de phoque alors que je venais d’atteindre le sommet.
Alors voilà, notre avion de reco passe le mont Dolent, en une fraction de minute il en fait le tour, Italie, Suisse puis à nouveau la France. Et hop incognito ou presque, car il y a tout de même le bruit, les frontières ont défilé. Mais comme dans mon rêve il s’agit d’un avion de la reco, toutes les 15 secondes il déclenche automatiquement un super appareil photo, et donc 4 photos minute par 13 cela donne 52 photos d’une qualité extrême. Et mon copain pilote me l’a donné son album dans mes songes. Et ceux qui m’accompagneront dans mes rêves je leur montrerai, en attendant qu’un jour si la Suisse rentre dans l’OTAN (les poules auront des dents, et nous on y sera peut-être plus, je parle de la France pas du Québec, pardon du Canada, en plus ça ne résoudrait rien) on puisse faire cet album réellement.
Mais je vous assure dans mes rêves j’ai invité beaucoup de copains alpinistes et puis aussi, dans mes sommeils les plus profonds, sans doute en phase paradoxale, des célébrités comme Lionel Terray, Louis Lachenal, René Desmaison voire Reinhold Messner, eh oui je vous assure que l’album de photos les a tous bluffés et, pas évident de reconnaître sur certains clichés les faces du fait de l’angle de vue très particulier d’un avion en « radada ». Mais bien entendu tout cela n’est qu’un rêve. Un simple rêve de saute-frontières très speedy pour alpiniste à l’esprit vagabond. Les nuits faut bien que ça serve à se sentir mieux.
Mais tiens c’est bizarre, un matin j'ai cru l'avoir trouvé en mes réveillant sur une étagère cet album, sans doute les Nibelungen me sachant très germanophile et pour me remercier en plus d’adorer pratiquer cette langue ces petits êtres de l’ombre sont sortis une nuit du Rhin, ont escaladé la crête des Vosges et se sont introduits dans mon salon, rendant réalité un rêve merveilleux.
Toute similitude avec des personnes qui auraient réellement existé ne serait que pure coïncidence. PS: comme promis il y a déjà un certain temps, je prendrai le temps un de ces quatre de raconter dans tous ses détails l'histoire des bouteilles à la mer qui ont du mal à accoster en Albanie | | | À: Lucbertrand · 16 mars 2020 à 10:04 Re: Passages de frontières Message 229 de 398 · Page 12 de 20 · 679 affichages · Partager Passer trois frontières en un quart d’heure voire moins
Voilà peut-être une autre opportunité de le faire :
Justement à propos de France, de Suisse et de montagnes, il aura fallu cet article ( in English) paru il y a quelques jours sur le site de la BBC pour que j’apprenne l’existence d’une minuscule république coincée entre la France et la Suisse : la République du Saugeais, capitale Montbenoît. Wikipédia a même une page consacrée à cette micronation : fr.wikipedia.org/wiki/Saugeais
J’ai donc trouvé là une excellente excuse pour me rendre, lors de mon prochain passage en France (?), dans le Jura ( une région que je ne connais pas) et de passer une nouvelle ‘frontière’ !!!
| | | À: Xrctn · 16 mars 2020 à 10:47 Re: Passages de frontières Message 230 de 398 · Page 12 de 20 · 670 affichages · Partager Bonjour Xavier la République du Saugeais je connais, elle se situe pas loin de chez moi. Oui le Jura région magnifique à cheval sur la France et la Suisse. La vallée de la Loue et aussi la vallée du Doubs et du Dessoubre et plein d’autres endroits superbes.
Une fois j’étais parti de chez moi dans les Vosges pour aller faire de la montagne à Chamonix. Je m’y étais rendu à vélo donc j’avais surtout traversé le Jura à l’aller et au retour. C’était en automne bien avancé novembre, absolument magnifique. Tu peux voir les photos sur ce CR : voyageforum.com/...ost=9057779;#9057779
Concernant les petites enclaves, j’en ai découvert une dans des circonstances professionnelles où j’avais manifestement commis une erreur sur la connaissance géographique de l’ Espagne. J’avais organisé la partie aérienne d’une vaste manœuvre qui remontait la vallée de Font-Romeu, et avec l’inertie des avions lancés à grande vitesse j’avais mis des sécurités en distance d’objectifs par rapport à la frontière pour qu’aucun n’avion ne vole en Espagne, car à 900hm/h les rayons de virage sont très grands. Une fois sur le terrain j’ai constaté qu’il y avait une petite enclave étrangère complètement sur le territoire français et un objectif quelques kilomètres avant, conséquence on l’a survolée allègrement cette petite enclave, certes j'aurais dû le savoir car sur la carte elle était mentionnée. J’ai classé le dossier EAQCG (en attente que ça gueule) bon ça devrait être tassé, ça fait une trentaine d’années. Et si tu viens voir cette République du Saugeais passe me voir dans les Vosges, on a de quoi te loger avec ta famille confortablement, même si cet appart qui se trouve sur le même palier que notre appart principal nous sert actuellement de SAS de décontamination, on est en plein cluster cornavirus dans notre vallée. Bonne journée Luc | | | À: Lucbertrand · 16 mars 2020 à 10:58 Re: Passages de frontières Message 231 de 398 · Page 12 de 20 · 663 affichages · Partager Je suppose que tu parles de l’enclave de Llivia, drôle d’histoire.
Elle est située dans la partie française de la Cerdagne, à l'ouest des Pyrénées-Orientales, entre Saillagouse, Bourg-Madame et Latour-de-Carol, et à 1 km du reste de l' Espagne. En 1659, la France annexe le Roussillon aux dépends du Royaume d'Aragon (traité des Pyrénées). Mais le traité prévoit aussi que la moitié de la Cerdagne, située sur le versant espagnol, lui revienne. Cela représentait 33 villages. Or, Llivia n'était pas un village, mais une ville. Après maintes discussions -au milieu de la Bidassoa-, les Français ont dû s'incliner: Llivia resterait espagnole et formerait donc une enclave. | | | À: Xrctn · 20 mars 2020 à 10:28 Re: Passages de frontières Message 232 de 398 · Page 12 de 20 · 604 affichages · Partager 2020, une année où les frontières font la une de l’actualité et où leurs passages sont devenus des missions compliquées voire impossibles.
En cette drôle de période, heureux les routiers, les marins et les pilotes d’avion-cargo ( s’ils peuvent débarquer !), les seuls à pouvoir encore les franchir.
Dans quelques heures, celles de l’ Australie ( et de la Nouvelle-Zélande) seront fermées pour une période de six mois. Me ( nous) voilà donc mis au régime sec. | | | À: Xrctn · 20 mars 2020 à 13:30 Re: Passages de frontières Message 233 de 398 · Page 12 de 20 · 579 affichages · Partager Ohhhhh boy! six mois c’est beaucoup hein 😲😲😲 | | | À: Jfalaise84 · 20 mars 2020 à 13:34 Re: Passages de frontières Message 234 de 398 · Page 12 de 20 · 577 affichages · Partager En 2017, après ma tournée de l’ Amérique du sud, je devrais faire un compte rendu de mes passages des trois Guyane. Me voilà en isolement volontaire pour 14 jours, disons je suis payé pour rester chez moi 😎, elle n’est pas belle la vie😎, alors je vais profiter pour remémorer ses beaux passages de frontières. | | | À: Jfalaise84 · 20 mars 2020 à 14:59 Re: Passages de frontières Message 235 de 398 · Page 12 de 20 · 564 affichages · Partager ... alors je vais profiter pour remémorer ses beaux passages de frontières.
Excellente idée ! | | | À: Xrctn · 20 mars 2020 à 16:07 · Modifié le 20 mars 2020 à 16:39 Re: Passages de frontières Message 236 de 398 · Page 12 de 20 · 559 affichages · Partager Bonjour Xavier, tu as la marge pour te balader l' Australie c'est GRAND et en plus je crois que vous incluez la Nouvelle-Zélande dans la zone d'exclusion. Nous ici dans le fond des Vosges ça barde un max. Bon depuis lundi c'est fou ce que j'ai pris le temps de faire alors que généralement je suis toujours dehors. Entre autre j'ai pris le temps de compléter quelques histoires de frontières, encore une fois en Albanie pays de tous les mythes:
La frontière floue des langues et Les bouteilles et la frontière
L’ Albanie est un pays étonnant dont on peut dire tout et son contraire. J’ai eu l’opportunité d’y vivre trois ans et je ne le regretterai jamais. J’y ai gardé des amitiés profondes et elle représente ma deuxième nation de cœur, je n’oublie cependant pas que je suis français.
Il faut savoir que l' Albanie a connu une dictature comparable à celle qui sévit encore actuellement en Corée du Nord. Mon histoire ne prend tout son sens que dans le contexte de cette gouvernance complètement folle du pays. Pour bien s’imprégner de cette ambiance, il est nécessaire de lire certains livres comme « Slogans de pierre » de Yllet Alicka ou « Mondes effacés souvenirs d’un Européen » de Yusuf Vrioni. Ils vous replongeront dans les atmosphères surréalistes de ces états à la tête desquels des paranoïaques, vivant dans la hantise du renversement et de l’attentat, posent une chape de plomb sur leur population et règle vite le sort de toute personne qu’ils trouvent dangereuse. Il suffisait de pas grand-chose pour être classé dans la catégorie des ennemis du peuple.
Mon histoire a pour acteur principal Georges, vieil Albano-Français bloqué au sud dans la région d’Himara par la déclaration de la deuxième Guerre Mondiale puis par l’arrivée au pouvoir d’Enver Hodja, dont le règne a duré 40 ans, jusqu’en 1985, son régime ne s'écroulera réellement que quelques années plus tard.
Né à Lyon dans les années 20 par le hasard des tribulations de sa famille, d'un père albanais et d'une mère originaire d'un autre territoire balkanique, Georges parlait de ce fait un français châtié. Rejoignant l’ Albanie en 1933 pour le village de Dhërmi situé au bord de la mer Egée, je l’ai connu en 1999. Agé d’un peu plus de 70 ans, il en paraissait beaucoup plus, car il faut reconnaître que cinquante années d’enfermement sous le joug d’un régime arbitraire vous usent prématurément. Incontestablement, il était tout content que l’on vienne le voir et il m’arrivait d’aller passer quelques jours chez lui, dans son village surplombant la mer et construit au pied d’une magnifique montagne qui jaillissait au-dessus des flots, à plus de 2000 mètres d’altitude. Combien d’histoires extraordinaires ne m’a-t-il pas raconté.
Chez ce peuple d’ Albanie du sud, en plus de ce traumatisme de l’ère communiste, se greffe un autre problème toujours bien réel en cette fin de XXème siècle, la langue. Certains, dont faisait partie Georges, refusent de parler albanais et ne parlent que grec, et les autres se refusent à parler grec, mais tous parlent l’albanais et probablement le grec. Cela crée donc des animosités qui se perpétuent de génération en génération. Et l'attention était de mise lorsqu’on arrivait (j’emploie un passé car depuis quinze ans, avec l’explosion du tourisme, tout change très vite) dans un village albanophone le soir, il fallait prendre garde à bien dire « mirë mbrëma » (ë se prononce comme le e muet français) et non pas « kali nirta » en grec et réciproquement dans un village grécophone. D’ailleurs, à ce propos, la première fois que je décidais de passer une semaine chez lui j’étais heureux à l’idée qu’il me ferait progresser en albanais même si je me débrouillais déjà pas mal. Mais que nenni, d’entrée de jeu il me dit : « ne compte surtout pas sur moi pour que je te parle albanais ». Bon, tant pis, ce serait le français qu’il parlait aussi bien que moi. Mais Hélène, mon épouse qui était très attirée par les civilisations orthodoxes et qui maîtrisait plusieurs langues à l’alphabet cyrillique, s’entretenait en grec avec lui. Tant pis pour moi.
Au fil de nos rencontres, nous avions eu l'occasion de faire la connaissance de quelques-uns de ses amis bergers des environs, dont l’un avec lequel nous avions plus particulièrement sympathisé, mon épouse et moi. Bien évidemment il n’était pas question qu’il prononce la moindre phrase en albanais. Le problème était qu'il ne parlait pas un mot de français. Alors les premières fois, j’étais obligé de passer par la traduction de Georges ou de ma femme. Puis l’amitié s’installant, il tolérait que je lui parle en albanais mais répondait en grec et attendait qu'Hélène traduise en français, et jamais il n’en a démordu. Cela a fini par nous plaire et l’habitude s’établissant, nous adorions ces conversations en trois langues.
Cela alla même un jour plus loin. En Albanie, l’un de mes anciens camarades du lycée Ampère, à Lyon, était un entrepreneur important du pays et cela depuis des années. C’était, et ça l’est toujours, un personnage tout à fait atypique qui avait travaillé toujours très légalement avec différents pays pour le moins particuliers comme la Corée du Nord. Informé que la télévision de Georges ne fonctionnait plus, immédiatement il décide de lui envoyer un technicien pour changer son téléviseur. Mais ce dernier, bien qu'étant du même village que Georges, parlait albanais et refusait le grec, et de plus, il y avait bien longtemps, un membre de sa famille avait séduit l’épouse du cousin de Georges et s’était sauvé avec elle aux Etats-Unis. Cela faisait deux bonnes raisons pour que le contact entre les deux hommes soit impossible. Mon camarade choisit de prendre comme médiateur mon épouse, qui, au cours des quatre heures que dura le trajet de Tirana à Dhërmi à l’époque, eut tout le temps de longuement discuter en albanais avec le technicien, qui lui a raconté tous les potins qui entraînaient des inimitiés, pour le moins profondes, depuis des lustres entre les différentes familles du coin.
Donc ils arrivent chez Georges, qui n’avait pas été prévenu. Hélène se présente, il est ravi de la voir. Après ces premières paroles de bienvenue, elle en vient au motif de sa venue, le technicien étant, quant à lui, resté dans son véhicule arrêté à une centaine de mètres. La première réaction de Georges a été un refus catégorique, il n’était pas question qu’il accepte un service de cet individu. Elle lui explique avec diplomatie que c’est mon ami qui l’envoie, que la décision vient bien de lui et que le technicien n’est que l’employé qui vient accomplir le travail. Georges finit par être amadoué et mon épouse enfin soulagée part chercher le technicien. Le premier contact est froid, ils s’échangent quelques paroles de politesse, l’un en grec, l’autre en albanais, et l’installateur se met au travail. Le nouveau téléviseur est vite installé et le technicien monte sur le toit pour régler l’antenne parabolique. Georges est assis devant sa télévision, le technicien sur le toit de la petite maison et ma femme dehors dans l’axe de la porte ouverte, ayant les deux hommes en vue, faisant ainsi le relais d’informations de français en albanais, Georges préférant parler plutôt français que grec car le technicien ne le comprenait pas et Georges n’était pas toujours très tendre à son égard.
Le réglage s’éternisa, non parce qu’il était difficile d’orienter avec précision la parabole, mais parce que Georges goûtait une petite vengeance en faisant traîner les choses alors que l’image était très nette. Il disait à Hélène : « laisse l’Ottoman sécher au soleil et dis-lui que la réception est floue ». Il s’est donc escrimé un bon moment sous un soleil de plomb à cuire comme un œuf sur sa dalle de pierre.
Lorsqu’elle m’a raconté cette aventure, elle n’en pouvait plus de rire, mais c’est une histoire de la réalité albanaise. D’ailleurs cette notion de frontière floue dans cette partie sud de l’ Albanie est entretenue par les uns et les autres, une Albanaise m’a dit un jour comme dans un cri du cœur alors que je lui parlais de Ioannina en Grèce « mais c’est albanais ». D’autres vous diront qu’Himara est grec, certes il y a un siècle c’était le cas. Les frontières dans les Balkans ont tellement changé aux cours des siècles, chaque pays ayant été à une époque ou l’autre un empire réel ou fantasmé, un peu comme si nous disions que Moscou est français car l’armée de Napoléon y est arrivée. Un livre très intéressant et très éclairant sur l’histoire des Balkans « Balkans la crise » de Jean-Arnaud Dérens. Cet auteur est un grand spécialiste de la région.
Après le flou des contours des zones de parler dans le sud de l’Albanie, je vais vous raconter l’histoire des bouteilles à la mer passant les frontières.
Au cours de cette période de paranoïa totale qui se situe vers les années soixante-dix, un pêcheur tape un jour à la porte de Georges. Aussitôt après avoir ouvert, ce dernier se voit tendre une bouteille contenant un message. L’homme lui explique qu’il vient de l’attraper dans ses filets et que le mot glissé à l'intérieur n’étant pas rédigé en albanais, il ne comprend pas sa signification. Sachant que Georges a vécu à l’étranger, c'est la raison pour laquelle il se présente à lui. Georges, intrigué, prend le morceau de papier, le déplie et, après lecture, répond au pêcheur qu’il ne comprend pas ce qui est écrit. Ce dernier repart déçu mais en réalité, Georges avait très bien compris parce que le texte était tout bonnement écrit en français. Mais en cette période étrange de dictature folle, il avait eu peur qu’on lui tende un piège. Sa confiance dans le régime et sa police était nulle. Il s'en méfiait d’autant plus que, par le fait d’avoir habité en France, on le suspectait d’être peu fiable car dans le village on le surnommait l’étranger.
En effet, dans l’ Albanie de cette époque, il ne fallait pas grand-chose pour se retrouver entre les mains d’interrogateurs qui, très rapidement, vous envoyaient en relégation, en prison, en camp de concentration et, éventuellement, vous traduisaient illico presto devant un peloton d’exécution. Il suffit de visiter le musée national à Tirana qui consacre un large espace au système répressionnaire pour comprendre que l’on vivait dans la peur de l’arbitraire.
Différence entre relégation et camp de concentration, cette deuxième notion n’a pas besoin d’explication, mais la première si. La relégation signifiait être envoyé dans une région reculée du pays où on vous astreignait à un certain travail sans être derrière des barbelés. Cependant, il vous était strictement interdit de quitter votre lieu d’assignation. Si l’idée vous en prenait, vous étiez immédiatement découvert, les points de contrôle étant nombreux et les véhicules pour se déplacer peu abondants. Dans les transports en commun, vous deviez montrer votre autorisation de mouvement. C'est ainsi que Georges se trouvait bien mieux dans sa montagne du sud de l’ Albanie que dans une plaine insalubre du nord, entre marais infestés l’été et grands froids en hiver.
Connaissant le prix du temps et de la liberté, il attend, indécis quant à la réaction à adopter après avoir lu le message et observé en silence l'attitude des autorités à son encontre. Rien ne semble se passer. Puis timidement il se renseigne, demandant s’il risque quelque chose s’il écrit à un étranger. On lui rétorque que cela ne le mettra nullement en danger si, dans sa lettre, il n’y a aucun secret et qu’elle ne comporte pas non plus de critiques envers le régime et le Président.
Après bien des hésitations et des peurs, il finit enfin par répondre à l'auteur de ce message marin. Il s’agissait d’un habitant de Perpignan qui jetait des bouteilles à la mer en grand nombre et qui attendait que les personnes les recueillant sur les différents rivages de la Méditerranée, de l’Adriatique, de la mer Egée ainsi que de la mer Ionienne se fassent connaître.
Sa missive envoyée, un retour lui parvient quelques semaines plus tard. L’ Albanie était le dernier pays à se manifester. En provenance de tous les autres pays du pourtour méditerranéen, à peu près une quinzaine, l’expéditeur avait reçu des réponses, et parfois de certains elles se chiffraient à plus de dix. Le plus étonnant résidait dans le fait que des pays comme la Croatie et, encore plus surprenant, la Slovénie située tout au fond de l’Adriatique, avaient vu s'échouer sur leurs côtes les fameuses bouteilles parties de France. Est-ce que d’autres bouteilles avaient atteint les côtes albanaises mais que, par peur de la répression, personne n’avait osé répondre, on peut se le demander, à moins que seul Georges eût été en mesure de comprendre la teneur du message.
De là est née une amitié entre Georges et son correspondant français qui s’est concrétisée par une rencontre à Athènes une fois que le régime carcéral d’Enver Hodja fut tombé. Lorsque je résidais en Albanie le service des postes était loin d'être performant et pour être sûr que ses courriers parviennent à son ami, le Perpignanais préférait faire transiter ses correspondances par l’ambassade, et voilà comment je me suis retrouvé postier.
« Tout le bonheur du moment est dans l'inattendu » a écrit Jean d'Ormesson. | | | À: Lucbertrand · 20 mars 2020 à 16:42 Re: Passages de frontières Message 237 de 398 · Page 12 de 20 · 542 affichages · Partager Désolé dans le texte que je viens de mettre une fausse manipulation a fait que des paragraphes se sont mélangés, j'ai essayé d'y remédier, en espérant que le texte redevienne compréhensible. Luc | | | À: Jfalaise84 · 21 mars 2020 à 6:04 Re: Passages de frontières Message 238 de 398 · Page 12 de 20 · 508 affichages · Partager Enfin un résumé de mes passages des 3 Guyane en 2017.
Étape -1: Arrivé au Guyana
Je devrais partir de Las Americas, en République Dominicaine le 6 mars 2017, en faisant une courte escale a Curaçao pour me rendre au Guyana mais, la compagnie Insel air qui assurait le vol étant en grande difficulté avec ses appareils, le vol a été reporté le lendemain du 7 mars, sans compensation financière. Pour moi, pas de stress j'ai encore un mois de vacances devant moi avant de retourner au Canada.
Puis, le lendemain du 7 mars j'ai pu prendre mon vol vers 14h avec un avion affrété par Insel Air qui devrait faire un arrêt technique à St Martin, aéroport Princess Juliana, pas de chance, il ventait si fort que l'avion a du faire plusieurs tour de l'ile sans pouvoir atterrir. Après avoir presque épuisé tout son kérosène, le pilote s'est dirigé en urgence pour atterrir à l'aéroport de la Guadeloupe, on a eu un peu peur j'avoue.
Après avoir fait le plein à l'aéroport de Guadeloupe sans qu'on puisse sortir de l'avion, on a finalement décoller pour St Martin, même pas 30 minutes de vol plus tard, nous atterrissons a l'aéroport Princess Juliana où des passagers ont été débarqué et d'autres ont embarqué pour Curaçao. Cependant, je dois encore prendre mon mal en patience avant de pouvoir piler le sol guyanais. Ah oui! Arrivé sur Curaçao vers 22h, je savais qu'il n'y avait plus de vol pour Georgetown. Après avoir débarqué de l'avion, moi qui devrais normalement rester en zone de transit de l'aéroport, j'ai du me présenter vers l'officier de l'immigration qui m'a mis un beau tampon, valide pour 90 jours si ma mémoire est bonne, et me voila en territoire de Curaçao! Certains passagers en transit originaires d’ Haïti qui étaient en transit pour Manaus, au Brésil, ont vu leurs passeports retenus par l’immigration en attendant un autre vol étant donné qu'ils ne pouvaient que transiter sans visa, l'immigration ont retenus leurs passeports semble t'il de peur qu'ils ne s'enfuient.
Étant donné la compagnie Insel air n'assurait plus la liaison Curacao-Georgetown, je me retrouve en séjour forcé dans la ville de Willemstad. Plusieurs autres touristes, principalement des néerlandais qui devraient se rendre pour la plupart sur les iles sœurs, Aruba et Bonaire, étaient aussi coincé sur l'ile de Curacao faute de vol et d'avion. En attendant de me trouver un vol avec une autre compagnie on a donc été conduit dans la ville capitale, Willemstad.
Bien que cela n'était pas prévu au départ, j'ai passé 3 jours dans un hôtel de Willemstad tout frais payé par la compagnie Insel Air. Oh j'étais ravi de découvrir cet ile paradisiaque. Le soir, j'allais baigner dans une petite plage près d'un quai pas loin de la zone touristique de la ville et on pouvait voir des bateau de croisière pas trop loin proche du casino de la ville.
Enfin, après avoir passé les trois jours à me gaver de bière, au frais de la compagnie bien sur, la réception de l’hôtel m'annonce qu'on allait venir me chercher dans la soirée le 3ime jour, vers 17h je crois, et qu'on m'avait finalement trouver un vol pour le soir même. j'ai du les couter un bras rien qu'en bière hahahaha, il fallait se débarrasser de moi. Et, finalement après m'avoir conduit à l'aéroport par leur taxi désigné, vers 22h on m'a mis sur un vol qui faisait une escale de nuit à Trinidad et Tobago, Caribbean Airline, avant de me transporter le lendemain matin a Georgetown au Guyana ( Guyane anglaise).
Enfin, sous une pluie tropicale, le vendredi 10 mars 2017, atterrissage de mon vol en provenance de Port of Spain à Cheddi Jagan airport. Je suis désormais en territoire Guyanais. Une fois descendu de l'avion, petit aéroport à environ 40 minutes environ du centre-ville, je me suis dirigé très vite vers l’intérieur pour éviter la pluie et prendre la file pour passer l'immigration. Moi qui suis habitué avec les aéroport de l' Amérique du Nord me voila dans le plus gros aéroport de la Guyane anglaise mais qui ressemble à mes yeux à un petit aéroport de campagne. après avoir rempli des formulaires pour l’immigration mon tour est arrivé et je me présente auprès d'une agente d'immigration, assez sec, à qui je tend mon passeport. Avec un accent digne des Antilles anglophones des caraïbes elle me demande si j'avais un vol de retour je lui réponds oui j'ai une réservation avec Copa A mais il y'a forte chance que je continue mon voyage vers le Surinam, Guyane Néerlandaise. Elle me met un beau tampon sur mon passeport en prenant soin de noter le numéro de mon vol de retour au préalable puis elle souhaite un bon séjour au Guyana.
Bonus:
Deux options s'offre pour se rendre à Georgetown, le centre-ville.
Option-1. Prendre un Taxi réguliers au coût d'environs 5000 GYD = 24 US$ (les taux date de 2017). Les taxis se trouvent à la sortie même du hall d'arrivé et Le trajet dure environs 45 minutes.
Option-2. Celle que j'ai choisie, prendre le bus # 42, un genre de taxi collectif qui ramasse d'autres clients sur la route, qui coûte 240 GYD = 1,15 US$ et le trajet dure aussi environs 45 minutes. Vous trouverez les bus sur votre côté droit à environs 100 mètres du hall d'arrivé juste entre l 'aéroport et la route principale qui passe à côté.
Après avoir passé une journée et une nuit à Georgetown, j'ai fait le tour en une journée. Départ vers Moleson Creek, ville frontière avec le Surinam. Deux options s'offre pour passer la frontière vers le Surinam.
Option-1. On s'arrange avec un chauffeur qui vous charge envions 6500 GYD = 30 US $ environs et vous prend en charge depuis Georgetown jusqu'à Paramaribo, la capitale du Surinam. Le coût du ferry, environs 3175 GYD = 15 US$ aller simple et environs 4100 GYD = 20 US$ aller retour, reste à votre charge. Les bus partent très tôt le matin pour rattraper le Ferry car après 10h ou si la quantité de personnes et véhicules est atteint, ils n'acceptent plus personnes.
Option-2. Que j'ai choisie. j'ai pris un bus pour Moleson Creek, bus # 65 A vers 11h du matin, je suis arrivé à la ville frontière vers 14h. Coût 1500GYD = 8 US$ environs.
Je me suis trouvé un petit Guess house au coût de 1500GYD sur place où j'ai passé la nuit et profiter pour marcher dans le coin, pas grande chose à faire.
Le lendemain matin dès 7h AM la sécurité de l'hôtel m'appelle un taxico (bus au coût de 500gyd= 2,3us$ environs) qui me dépose au terminal pour prendre le Ferry. L'enregistrement et l'achat du billet pour le Ferry commence aux environs de 7h30 et s'arrête à 10h départ pour Southdrain à New Nivkerie vers 10h30. En sens inverse, Southdrain-Moleson Creek, le départ se fait vers 9h.
Prochain étape, Le Surinam. À venir... Images attachées: | | | À: Lucbertrand · 22 mars 2020 à 7:38 Re: Passages de frontières Message 239 de 398 · Page 12 de 20 · 473 affichages · Partager tu as la marge pour te balader l' Australie c'est GRAND et en plus je crois que vous incluez la Nouvelle-Zélande dans la zone d'exclusion.
La marge diminue rapidement car plusieurs états australiens ferment maintenant leurs frontières ! Une première dans l'histoire de la fédération. | | | À: Xrctn · 22 mars 2020 à 11:22 Re: Passages de frontières Message 240 de 398 · Page 12 de 20 · 458 affichages · Partager Bonjour Xavier ça se complique pour tout le monde. Pour mettre un peu de sourire dans tout cela, un petit film qui montre que l'on peut dépasser les frontières de la haine et faire triompher son humanité
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