Bonjour Antoinette, effectivement beaucoup de choses à raconter sur la frontière
suisse. Oui cette histoire d’eau pompée et je crois qu’il y a le problème du Doubs lorsqu’il fait la frontière entre
France et
Suisse. La rivière se situerait entièrement en
France, cela implique que les Suisses ne peuvent y pêcher que s’ils ont un permis de pêche français. Mais je doute qu’un garde pêche français soit habilité à aller contrôler un pêcheur sur le sol helvétique.
Puis concernant ces problèmes de frontière, il y a aussi les Suisses qui viennent faire leurs courses en
France et qui profitent d’y mettre leurs poubelles, c’est gratuit.
Pour parler armée de l’air je reste en admiration devant l’armée de l’air suisse. Je les ai souvent regardés les avions de combat suisses se retourner la « crêpe » lors de mes nombreux séjours dans les montagnes suisses. En grimpant le Cervin j'ai eu tout loisir d'observer une patrouille de 4 hunters qui s’enroulaient le long de l’arête du Hörnli, wahoo j’adorais ce spectacle. En traversant l’Oberland bernois à ski je me souviens de passages en looping sur la Concordia Place, là aussi, on était baba et le copain pilote de chasse français qui m’accompagnait tout particulièrement, et c’est pas un tendre au commande de son avion (c’est même lui qui m‘a inspiré 3 frontières en un quart d’heure, chut !).
Je me souviens d’une scène que j’ai vécue, digne de Buks Bunny. Je faisais de l’escalade pas très loin du lac d’Interlaken. Nous grimpions une immense lame calcaire de 200 m de haut. J’arrive au sommet, je mets les mains sur le replat final, je sors la tête, et là dans l’axe à quelques centaines de mètres je vois un point noir caractéristique, de la silhouette d’un Mirage III qui me vient directement dessus, à une dizaine de mètres seulement au-dessus de ma lame. Réflexe de me tenir, et je regarde fasciné. Effectivement un Mirage III
suisse m’est passé 10 m au-dessus à peine en dessous du mur du son. Là aussi wahou quelle émotion, j’ai plus qu’adoré.
Le plus beau livre d’aviation que je connais il est justement
suisse, et s’intitule « Nos pilotes sur les Alpes » 70 ans d’aviation militaire
suisse.
Ce livre, je me souviens dans une vie antérieure j’avais invité un ambassadeur
suisse et je lui avais dit : monsieur l’ambassadeur je vais vous montrer le plus bel ouvrage sur l’aviation. Je jouais d'ambiguïté, un Français surtout de l’armée de l’air ne peut pas prêcher pour une autre boutique que la sienne. Sans autres précisions je lui montre quelques belles photos d’avions de combat devant des montagnes emblématiques de la
Suisse, le Cervin, la face nord de l’Eigerwand. Il marque le coup, et là il découvre que le livre que je lui présente est
suisse ! Il ne connaissait pas.
Pendant la guerre de 40 les Suisses pour différentes raisons en particulier la peur d'énerver Hitler, ont abattu un paquet d’avions alliés qui se perdaient sur le Jura par mauvais temps. Il y a eu une fois une fois une grosse bavure alliée en bombardant copieusement Bâle en croyant bombarder en
Allemagne.
La
Suisse, comme tous les pays a eu certains de ses citoyens attirés par le nazisme (lire un
Suisse au service de Hitler de François Lobsiger), mais elle a eu ses héros qui ont combattu la dictature nazie, et la frontière n’était pas si imperméable. L’armée
suisse a (ou avait) à sa tête un général uniquement en temps de guerre entre ses voisins, donc au cours des deux guerres mondiales. Et pendant la deuxième guerre mondiale ce général s’appelait Henri Guisan, et il y a un très beau livre à son sujet « Un général
suisse contre Hitler ». On apprend toutes ses actions pour préserver la frontière
suisse contre les appétits de Hitler. Et son action a été d’autant plus remarquable qu’il a magistralement réussi, alors que le gouvernement
suisse affichait, et s’y tenait, le plus strict neutralisme, dont il s’affranchissait avec son chef du renseignement Masson. Tout cela dans un contexte difficile car certains groupuscules suisses pouvaient être tentés par l’aventure nazie, la langue y était-elle pour quelque chose ?
Et les histoires de frontières
Suisse-
Allemagne avec le Rhin cela me semblait simple, jusqu’au jour où j’ai remonté cette partie du Rhin à vélo entre les deux pays, des enclaves suisses du côté allemand, des parties suisses ou allemandes, je ne sais plus, sous statut spécial régies par l’autre pays. Au moins une enclave allemande entièrement entourée par la
Suisse, pendant la guerre de 40, il fallait des autorisations spéciales délivrées par la
Suisse pour que les soldats du III Reich puissent rejoindre cette partie du territoire allemand.
Je conseille tout particulièrement le livre sur le général Guisan, un vrai chef, qui a su prendre des risques, abandonné de tous si ça avait foiré, même aurait pu être condamné pour trahison. Souvent les politiques n’ont pas ce courage, sauf si ce sont d’anciens militaires et qu’ils s’appellent Churchill ou de Gaulle, houlala je m’égare.
Une fois encore les histoires de frontière ça m’inspire.
Une dernière petite dans la transgression. Mais c’est un rêve bien évidemment qui n’a aucun rapport avec la réalité : un jour un pilote d’avion de combat français voulait faire comme ses petits copains suisses, s’enrouler autour du Cervin. Mais bon il y a une FRONTIERE. Autant une incursion rapide en frôlant une paroi a toutes les chances de passer inaperçue, alors que rejoindre le Cervin depuis la
France on viole largement le territoire
suisse avec un gros incident diplomatique à a clef. Mais il y a une solution, donner rendez-vous à un avion de combat
suisse, se mettre dans son aile et bien collé à lui, aller faire son tour sur le Cervin et quelques belles photos au passage, mais voilà le pilote
suisse, même tenté n’a pas osé franchir le pas, effectivement en cas d’incident il faut expliquer et là les gros emmerdes commencent. Imaginer un pilote français qui s'éjecte sur Zermatt!
Les Français aiment bien les actions free lance, ils ont quelques expériences, par exemple sous Chirac il y a eu un cas célèbre, même si je l’ai observé d’assez près, il a été relaté par la presse. Le Président français en avait eu marre des provocations meurtrières d’un des belligérants en
Bosnie et avec les temps de réaction ou plutôt de non réaction de l’ONU il avait donné des ordres en franco-français pour passer toutes les frontières avec un Mirage III spécialement équipé d’une bombe de 1000 kilos, cet avion décollant d’une base française.
Mais comment s’affranchir du contrôle radar de l’OTAN. La solution, un Mirage IV faisait une mission de renseignement justement en décollant de
France au profit de la coalition. Les deux avions ont décollé ensemble de
France, le III caché sous le IV, un seul plot radar, le Mirage IV accomplit selon la planification OTAN sa mission, et en survolant la ville de Palé, le Mirage III quitte sa protection radar plonge et met sa bombe sur la maison d’un dignitaire serbe, puis remonte se planquer et les deux avions rentrent en
France. Hurlements de tout le monde l’OTAN jurant ses grands dieux à l’ONU qu’il n’y a pas eu d’attaque. Les alliés n’ont pas apprécié, les Serbes non plus, mais les militaires français sur le terrain oui, on y réfléchirait à deux fois avant de tirer dessus, deux officier dont un capitaine médecin militaire avaient été tués. (Si ma mémoire ne me trahit pas cela ne datant pas d’hier)
Ah les histoires de frontières !!!
Luc