Salut
Gitanita, toiqui veille encore à cette heure tardive et qui me tient compagnie. Les autres ont raison. La beauté vient en dormant.
Oui le portrait de
Douya était indispensable. Il est aussi sobre que touchant.
Je viens de le faire recopier 3 fois à Charlotte pour qu´elle soit consciente de sa chance.
Mais non,
SeniorCH, Charlotte est au lit, bien sûr, c´était une façon de "démélancoliser" le message.
Allez, un petit bout pour avancer.
Suite du récit de voyageurs des temps modernes
Préambule récapitulatif :
Don´t worry, ce n´est parce que j´emploie le mot « récapitulatif » qu´il faut que vous vous pointiez en réunion après les longues heures de bureau.
Il s´agit simplement de boucler cette semaine la
partie II du récit et, au besoin, de réfléchir à la
partie III.
Tout d´abord, merci pour les moults suggestions concernant notre Djamel. Je sens qu´il va faire un tabac avant d´être vraiment déjà apparu, et qu´il suscite d´ores et déjà des émotions, phénomène des banlieues oblige (à « nettoyer au Karcher » pour certains nains de jardin, remember).
Djamel est jeune (
Tomas3, ne te mêle pas de lui coller cette fois-ci 15 balais dans les dents !), il entame sa vie cahin-caha et chacun aimerait y aller de son petit coup de pouce. Je ne sais pas ce qui me fait dire ça, mais je crois que je vais m´y attacher. Pour commencer, il fait un bout de chemin avec Yann (ce prince !).
Pour ce qui est de la
partie II, on a beaucoup tourné dans
Paris. Alors que dans la
partie I, on passait de
Miami en
Jordanie, d´
Australie à
Abu Dhabi. Il faut bien poser ses valises de temps à autre. Comme nous, après tout, les protagonistes passent plus de nuits dans leur propre lit que dans un Airbus.
On est quand même allé faire un saut en Crête avec Anny et Docteur Scoumoune (pas-touche, bas-les-pattes désormais en ce qui me concerne !), en
Chine avec Sophie et Pat (ne fuis donc pas devant tes responsabilités de futur père, Pat. Regarde, Wapata y arrive très bien. Crois nous, ce n´est pas facile tous les jours), en
Colombie avec feu Hélèna et Yann-tout-court (puisqu´il se suffit à lui-même).
Dans la
partie III (je me noie, au secours !), il se pourrait que les chemins nous mènent vers le
Cambodge, la
Chine, la
Sortie !
En attendant....
Promenons nous dans les bois...
Du Jura...
Vous et moi !--
La bruine commence à tomber.
Alors que les essuie-glaces faisaient du zèle un instant plus tôt, ils tentent la grève d´essuyage au moment le plus propice.
( (ndlr : si ça, ce n´est pas du Balzac comme intro ! Au fait, on est est où des prix littéraires ? c´est bien beau le cinoche !))
Il reste encore un peu de route jusqu´à Clairvaux. Djamel n´est pas le plus baratineur des auto-stoppeurs.
Yann apprécie sa compagnie, dépouillée et détachée.
«- La musique te va ? Bof. T´as pas plus accéléré ? C´est du jazz mexicain. Tiens, sers-toi, mets ce qui te tente. »
Djamel jette un coup d´oeil désabusé dans le bazar des CD.
« - Le prend pas mal, mais je ne vois rien à piocher de plus tentant »
Yann ne prend jamais rien de mal. La susceptibilité ne l´a jamais rendu parano.
Il sourit.
( (Ndlr : modérateurs, Help ! Je ne suis pas la mieux placée pour parler de ce sourire, triste, mélancolique, sincère, barbe de trois jours, les bonnes rides au bon endroit, les petits plissements de l´âge au coin des yeux, aie aie aie))
« - Qu´est-ce que tu veux dire quand tu parles de "glander" à Clairvaux ? Tu fais des études ? "Faisais". A l´imparfait st´e plait. "Faisais" des études. De quoi ? Et maintenant ? Bac Hotellerie. Maintenant, sais pas trop... Un truc est sûr : faut que je fasse péter un peu de thune. Tu as de la famille dans le Jura ? Non Des potes, une copine ? Non plus. Pourquoi Clairvaux alors ? Ma jolie meuf m´a largué avant-hier. J´ai pris deux bières et l´annuaire, mis le doigt à l´aveuglette sur un bled et je suis tombé sur Clairvaux-les-lacs. Jamais entendu parlé avant ça. Je vois. Moi pas trop. Bordel, tes essuie-glaces sont casse-gueule ! Ouais, je sais. Tu peux pas essayer d´ouvrir la fenêtre et de le faire marcher une fois à la main. La fenêtre descend pas. C´est vrai. J´avais oublié. »
Yann se gare. Avant qu´il n´ait dit quelquechose, Djamel est sorti de la voiture et a passé un coup sur le pare-brise avec la manche de son sweat délavé.
« - merci. C´est bon. Je te dis ça au cas où... mais si tu as envie de laisser tomber ton projet Clairvaux pour un projet Les Piards, 15 kms plus loin, j´ai un chalet vide. Il lui faut un bon coup de pinceau, sur les intérieurs et les extérieurs. Je te loge. Mais c´est sommaire. Ca veut dire quoi "sommaire" ? Simple. Pas comme Versailles. Pas de téléphone, ni de télé. Musique ? Ca oui. J´suis bien tenté de dire oui. Alors c´est dit. Tu m´as pas l´air trop en zigzags comme mec. Ca le fait.»
Le chalet n´est pas en si mauvais état que Yann l´avait imaginé. Il surplombe le village et la vallée. Avec ce temps, on ne voit même pas les vaches qui se languissent dans le champ en attendant le printemps.
Il fait un froid de canard. Après avoir fait une ou deux courses à l´épicerie du village, rentré du bois et fait un feu, branché l´élec, Yann et Djamel s´attaquent silencieusement à l´omelette comté-lardons préparée avec 8 oeufs et l´estomac dans les talons.--
Voilà. Quelle poésie dans la poelle ce soir encore.
Je sens que je vais m´attarder délicieusement sur ce couple, déjà légendaire !
Etant donné la longueur du préambule, il est plus raisonnable de s´abstenir de conclusion.
J´ai pensé à trois couplets d´une chanson de Brassens, pour illustrer le sentiment d´amitié qui est en train de naître en toute simplicité entre Yann et Djamel, et ce malgré les différences d´âge, le fossé des origines et l´incompatibilité des goûts musicaux.
C ´est un subtil ballet masculin qui s´enchaine.
Les Copains d´abord
C'étaient pas des amis de luxe
Des petits Castor et Pollux
Des gens de Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boétie
Sur le ventre ils se tapaient fort
Les copains d'abord
C'étaient pas des anges non plus
L'Évangile, ils l'avaient pas lu
Mais ils s'aimaient toutes voiles dehors
Toutes voiles dehors
Jean, Pierre, Paul et compagnie
C'était leur seule litanie
Leur credo, leur confiteor
Aux copains d'abord
Au moindre coup de Trafalgar
C'est l'amitié qui prenait l'quart
C'est elle qui leur montrait le nord
Leur montrait le nord
Et quand ils étaient en détresse
Qu'leurs bras lançaient des S.O.S.
On aurait dit des sémaphores
Les copains d'abord