| Peuples de l'Asie (suite) GeorgesOZ · 22 novembre 2009 à 1:22 · 62 photos 173 messages · 11 participants · 23 968 affichages | | | | À: Tokala · 26 janvier 2010 à 11:46 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 121 de 173 · Page 7 de 9 · 1 870 affichages · Partager Hahaha, elle est bien bonne celle-la! 
N'aie pas peur, etant un grand adepte des digressions, je ne laisserai pas tomber les Yi.... a l'eau! 
J'ai parcouru le site sur l'Indochine et je releve une maniere qui probablement date de l'epoque (il y a un bon siecle) de ne pas s'interesser aux ethnies minoritaires. On trouve systematiquement des termes du genre "les indigenes" qui m'herissent un peu. C'est trop "eux" et "nous", incluant dans "nous" les quelques rares etrangers qu'on ne peut s'empecher d'accepter comme "suffisamment evolues" (comme "les Chinois" par exemple).
Par exemple, cette annotation de photo:
"... Albert Sarraut, Gouverneur de l'Indochine, faisant entendre le phonographe aux indigènes d'un village Méo (collection L'Illustration, 1912)"
pourquoi ne pas dire "aux habitants d'un village Méo?" (ce qui de toute facon n'etait pas le nom qu'il se donnaient eux-memes, comme on l'a vu, il y a deja pas mal de pages en arriere).
De meme, quand on parle des "Mois". Si je ne me trompe (je connais si peu de choses sur le Vietnam), c'est un terme generique, base sur un mot Vietnamien qui veut dire "sauvage".
Nous porterions d'autres lunettes aujourd'hui..... | | | À: GeorgesOZ · 26 janvier 2010 à 15:12 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 122 de 173 · Page 7 de 9 · 1 862 affichages · Partager Je n'avais pas fait attention à tous ça, m'ettant surtout interessée aux photos des coiffures... C'est vrai qu'il y a quelques décénies, il y avait les "gens civilisés" du monde occidental, et les autres, les "bons sauvages"... Heureusement que les mentalités évoluent
A propos de lunettes, j'ai une nouvelle paire de lunettes de soleil, j'espère qu'il fera beau pendant mes prochaine vacances ! (pardon, je sors...  ) | | | À: GeorgesOZ · 27 janvier 2010 à 4:29 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 123 de 173 · Page 7 de 9 · 1 845 affichages · Partager La plupart des Yi vivent dans la « Préfecture Autonome Yi » du Liangshan, à l’extrême sud de la province du Sichuan, et dans le Chuxiong et le Honghe au Yunnan. Que cela ait (ou plus probablement n’ait pas) de rapport avec les Yi, il faut commencer à mentionner que c’est dans cette région que les restes de “ l’Homme de Yuanmou” ( Homo erectus yuanmouensis) ont été trouvés. Il ne s’agit en fait que deux incisives, c’est fou ce qu’on peut construire sur si peu !!!!  Mais on a aussi trouvé des artéfacts de pierre et des morceaux d’os d’animaux portant des traces d’activité humaine, ainsi que des cendres provenant de feux allumés par des humains. Ces vestiges ont initialement été datés à 1.7 millions d’années d’après l’âge des roches dans lesquelles ils ont été découverts. Mais comme il est assez fréquent dans ce domaine, il y a eu des avis contraires. Certains pensent que ce site ne date que de 0.7 millions d’années, ce qui pourrait en faire un contemporain de l’Homme de Pékin. D’autres se limiteraient même à un âge de 0.5 à 0.6 millions d’années.
Plusieurs artéfacts du néolithique ont été découverts sur le site de Lizhou près de Xichang, dans le Liangshan, auquel on donne un âge de 3, 000 ans. Il n’y a cependant aucune évidence que les anciennes cultures néolithiques aient un lien direct avec les Yi. Toutefois, il est possible que leurs descendants aient pu avoir une certaine influence sur les Yi. En effet, les ancêtres des Yi ont dû avoir des contacts avec ces vieilles cultures pendant leurs migrations, et il y a probablement eu des mariages mixtes avec les tribus locales (les Dian, les Qiong et les Zuo).
Nous arrivons maintenant à une période plus récente et historiquement documentée (grâce aux Chinois, des obsédés de l’histoire). Les Yi ont été impliqués dans l’histoire de la Chine depuis la dynastie Han, quand elle conquit la vallée de la rivière Anning, tributaire de la rivière Yalong, et fonda le comté de Qiongdu. Après la dynastie Han et avant celle des Tang, il y eut près de 400 ans de désunion et de confusion en Chine (voir les pages intitulées « Han – Poussée vers le sud» dans mon poste précédent :
Peuples de la Chine et de l'Asie du Sud-Est
voyageforum.com/...ie%20du%20Sud-Est%20 ;), avec en prime une multitude de dynasties, de quoi dégoûter les plus acharnés des amateurs de l’histoire chinoise.  Les Shu des Trois Royaumes conduirent plusieurs guerres contre les Yi, les défirent et établirent un plus grand contrôle sur leurs territoires. Les Jin, successeurs des Shu, restèrent suzerains théoriques des Yi mais leur contrôle fut limité. Après la dynastie Jin, la Chine connut plusieurs conflits avec les envahisseurs nomades venus du nord, en particulier avec les Xiongnu (ancêtres possibles des Huns) et durent relâcher leur prise sur le pays des Yi. Malgré ces vicissitudes, les îlots de colons Han établis parmi les peuples du sud de la Chine augmentèrent tout au long de cette période chaotique. On estime à peut-être plusieurs millions le nombre de Han qui fuirent la Chine du nord, particulièrement troublée,  pour se réinstaller au sud et donc en particulier dans le pays des Yi.
Par la suite, quand les Sui réunifièrent la Chine, ils ne reprirent pas un contrôle effectif des Yi. Ils n’eurent effectivement que des communications avec les colonies Han éparpillées dans le pays Yi, surtout le long de la rivière Anning. Cette situation perdura sous les Tang. | | | À: Mariecurry · 28 janvier 2010 à 2:35 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 124 de 173 · Page 7 de 9 · 1 831 affichages · Partager On croise assez fréquemment ces drôles d'Alsaciennes dans les montagnes au nord-est de Lijiang
Bonsoir,
Si les costumes alsaciens étaient aussi raffinés et (surtout) colorés que sur ta photo, je n'aurai sûrement jamais fait de crise de hurlements quand on m'obligeait à en porter un (pour le défilé du 14 juillet, entre autres)...
Danielle | | | À: GeorgesOZ · 28 janvier 2010 à 2:47 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 125 de 173 · Page 7 de 9 · 1 831 affichages · Partager J’ai dit plus haut, dans « Les Yi ou Lolo – 5 Yi, Man et « autres barbares » » qu’on pouvait se risquer à faire l’équation approximative « Yi = Man = Lolo.... = Ni » (« Ni » étant le nom que ces gens se donnent eux-mêmes). J’avoue ne pas être ici sur un terrain très familier, mais personne ne m’a contredit jusqu’ici. La contribution de personnes plus au fait que moi du « paysage » ethnique du sud de la Chine serait la bienvenue, ne serait-ce que pour dire que la situation est effectivement aussi confuse que celle que je décris et que mon hypothèse n’est pas déraisonnable.
Mais chaque fois qu’on se penche de plus près sur un groupe donné, les choses se compliquent. C’est vrai pour les « Man » car il y en au moins deux « espèces ». Sous les dynasties Sui et Tang (grosso modo du 6-ème au 10-ème siècle), les Chinois Han distinguèrent les Wu Man (« barbares noirs ») et les Bai Man (« barbares blancs ») parmi les aborigènes du Yunnan et de Liangshan. Certains pensent que les Wuman sont les ancêtres des Yi et que les Baiman sont les ancêtres des Bai du Yunnan. Mais il me semble certain que d’autres groupes ethniques étaient, une fois de plus, amalgamés et confondus par les Chinois dans ces deux « groupes de barbares » un peu simplistes.
Les Wu Man et les Bai Man fondèrent six entités politiques sur le plateau du Yunnan-Guizhou. Le terme générique chinois pour ces entités politiques était « zhao » (ou « zhou » ; j’ai expliqué ce terme fréquemment rencontré dans les toponymes chinois dans « Époque Tang – I: Nanzhao »). En 649, le roi Xinuluo agrandit son « zhao » de Mengshe et en fit un royaume sous le nom de Grand Meng, près du lac Erhai. Il y eut une période vers la fin du 7-ème siècle pendant laquelle la région tomba sous contrôle Tibétain. En 737, avec le support des Tang, le roi Piluoge du Grand Meng unifia les six zhao en un seul royaume, que les Chinois appelèrent Nanzhao, ce qui veut dire « principauté du sud ». À l’époque du roi Geluofeng, le fils de Piluoge, les Tang firent plusieurs expéditions contre Nanzhao mais ne réussirent pas à le conquérir. C’est d’ailleurs à la même époque (en 751) que les Tang subirent une cuisante défaite contre les Arabes, à la bataille de Talas en Asie Centrale. Ce qui prouve que l’une des dynasties chinoises les plus prestigieuses a bien connu ses points faibles....
Nanzhao exista 165 ans jusqu’en 902. Puis Duan Siping, un Bai, fonda le royaume de Dali en 937. La plupart des Yi furent assujettis à Dali qui dura 316 ans, en parallèle avec la dynastie Song de la Chine centrale, jusqu’à sa conquête par Kublai Khan. Mais les Yi gardèrent une certaine autonomie sous la dynastie Mongole des Yuan.
Sous la dynastie Ming, les Chinois accentuèrent leurs efforts d’assimilation de la Chine du sud-ouest. La région des Yi fut démantelée en plusieurs communes qui eurent de plus en plus de difficultés à communiquer entre elles à cause des zones intermédiaires occupées par les Han. Cette politique de submersion des minorités dans un « océan Han » fut encore accrue sous les Qing. Les Yi qui vivaient près de Kunming furent même forcés d’abandonner leur coutume de crémation des morts pour adopter celle de l’enterrement. L’imposition de cet usage causa des rébellions qui furent toutes réprimées.
Après les Guerres de l’Opium du 19-ème siècle, de nombreux missionnaires chrétiens Britanniques et Français entreprirent de convertir les Yi au christianisme.
Voilà, c’est un survol un peu rapide de l’histoire des Yi et il y aurait moyen de fouiller un peu plus, mais je vais m’arrêter là pour le moment. | | | À: GeorgesOZ · 29 janvier 2010 à 5:05 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 126 de 173 · Page 7 de 9 · 1 814 affichages · Partager Je vais maintenant passer à une partie de mon essai sur les Yi/Lolo/Ni que je tiens à cœur. Il s’agit de leur langue. Ceux qui m’ont suivi depuis que j’ai commencé mon « étude » sur les peuples asiatiques vers fin août 2009 connaissent bien l’intérêt que je porte aux langues (assez excessif pour beaucoup, je veux bien le reconnaître ! ).
La langue Yi est proche du Birman et possède sa propre écriture, « le vieux Yi », depuis le 13-ème siècle. On estime que le « vieux Yi » possédait 10, 000 caractères, mais 1, 000 caractères sont d’usage fréquent. Il existe un nombre d’ouvrages d’histoire, de littérature, de médecine et de généalogie des « familles régnantes », écrits en « vieux Yi », et plusieurs stèles et tablettes de pierre en « vieux Yi » sont restées intactes jusqu’à nos jours. P.V. donne plusieurs pages d’idéogrammes du vieux Yi. J’en donne un exemple (image attachée). La similitude avec l’écriture chinoise est assez, sinon très limitée, mais je ne serais pas étonné que les principes de départ soient similaires. Il se pourrait que la similitude soit plus marquée avec les idéogrammes originels du Chinois, bien avant qu’ils n’évoluent vers un style moins figuratif, plus abstrait. Le Yi, tel qu’il est utilisé de nos jours pour les livres et les journaux, a été réformé et unifié sous le régime communiste.
Je donne (image) un extrait du mythe de la création du ciel et de la formation de la terre en « vieux Yi »:
« Au temps où le ciel et la terre n’étaient pas divisés, il n’y avait ni jour ni nuit, soleil et lune ne brillaient pas. En ce temps, sur toute la terre, il n’y avait pas un seul homme. C’est Kedze et Gagè qui ont fait la division du ciel et de la terre ».
P.V. déclare : « Si j’en juge par la langue, les Lolos me semblent être les frères des Birmans et les cousins des Pan-i (ou Taï), mais ils n’ont aucune parenté avec les Chinois, ni par la langue, ni par les coutumes, ni surtout par le caractère ». Je pense qu'il fait fausse route avec le rapprochement qu’il fait avec les Taï, soi dit en passant. P.V. fournit un tableau de comparaison (seconde image ci-dessous) de mots pris de quatre dialectes « aux quatre points cardinaux, sur un espace compris à peu près dans un carré de mille kilomètres de côté ». J’ai mis entre parenthèses les chiffres birmans tels que je les ai trouvés ailleurs, car la transcription de P.V. est discutable – il n’a en particulier pas pris soin de marquer les tonalités de ces langues.
Les similitudes entre ces langues, et en particulier entre elles et le Birman, sautent immédiatement aux yeux !
P.V. s’est aussi penché sur la littérature des Yi, qu’il dit être « toute faite d’images et de comparaisons, images prises uniquement dans la nature, dans ce que l’on voit ou sent ou touche ou mange ». Puis, sur leur style littéraire, surtout quand ils écrivent en vers : « Le sens doit ordinairement finir au cinquième mot ; ainsi dans la tradition sur la Désobéissance : Gni Kedze nè ti – Gni ga guè nè gni – Teude fè ne se – Teudafou nè ti, etc. ». Cela pourrait-il faire penser au balancement rhétorique en quatre mots (monosyllabiques) populaire dans les expressions chinoises ? P.V. dit aussi que « la simplicité, la rusticité, la bonhomie et une douce mélancolie sont les qualités principales de la poésie Lolo », et aussi que « tout est resté à l’état primitif, non pas sauvage comme chez les peuples tombés (sic), mais enfant comme le jour où nos premiers pères se divisaient sur les monts de Pamir ou d’ailleurs ». Quelle personne pétrie de bonnes intentions (plutôt paternaliste) ce missionnaire a dû être ! Images attachées: | | | À: GeorgesOZ · 29 janvier 2010 à 11:01 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 127 de 173 · Page 7 de 9 · 1 803 affichages · Partager Très interessant ce post ! (je crois partager ton interêt pour les langues...) Merci d'y avoir attaché le tableau comparatif et le texte dur la cration du monde ! | | | À: Tokala · 29 janvier 2010 à 12:03 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 128 de 173 · Page 7 de 9 · 1 800 affichages · Partager ça fait plaisir à entendre  Pour te récompenser, voici un « bon point » spécial pour toi (image). C’est « petit renard » en thaï (tu sais que c’est une de mes langues favorites). Transcription :
jingF jaawkL lekH ou jîng jàawk lék
F / î = ton tombant, « i » comme dans « il »;
L / àaw = ton bas, « aaw » diphtongue comme dans « oak » (chêne en anglais)
H / é = ton haut), « é » comme dans « mec » (type)
Je n’entends pas beaucoup parler de mes autres « habitués ». Je sais que Danielle n’est pas très loin, et probablement Alan, René, Marie et Olivier (j’en oublie) non plus. Mais j’ai l’impression que notre ami PieRRRe a disparu depuis quelques temps. Image attachée: | | | À: GeorgesOZ · 29 janvier 2010 à 12:47 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 129 de 173 · Page 7 de 9 · 1 794 affichages · Partager Merci c'est trop sympa !! Je vais l'imprimer et le coller sur mon cahier d'écriture de japonais ! | | | À: GeorgesOZ · 30 janvier 2010 à 0:12 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 130 de 173 · Page 7 de 9 · 1 784 affichages · Partager Je sais que Danielle n’est pas très loin
Même tout près | | | À: GeorgesOZ · 30 janvier 2010 à 1:54 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 131 de 173 · Page 7 de 9 · 1 778 affichages · Partager Les Yi sont animistes avec des éléments de Taoïsme, de shamanisme et de fétichisme. Ils pratiquent le culte des ancêtres, du feu, des collines, des arbres, des rochers, de Brad Pitt, de l’eau, de la terre, du ciel, du vent et des forêts. Ils croient en de multiples mauvais esprits, et aussi en des âmes multiples: après la mort, une âme reste à garder la tombe alors que l’autre finit par se réincarner sous quelque forme vivante nouvelle.
P.V. compare le culte des ancêtres des Yi à celui des Chinois Han :
« Chez les Chinois, l’ancêtre, que l’on adore ou vénère jusqu’à la troisième génération, est représenté par une tablette en bois ou en papier placée dans un angle de l’autel de la famille. Un père de famille vient-il à mourir, l’ancêtre le plus élevé est brûlé et le mort prend sa place. Chez les Lolos, on ne vénère que deux générations, mais au lieu de se servir de bois ou de papier on se sert de cette orchidée nommée « keleu », dont on fait un petit bonhomme recouvert de quelques haillons, et on le place, non sur un autel, mais entre le toit de chaume et le mur. Ce culte a cela de tout spécial que, tandis que chez les Chinois on ne vénère que le père, comme le seul représentant de la famille, chez les Lolos on vénère la mère aussi bien que le père et même à un degré au-dessus.... De même le deuil de la mère est porté plus longtemps que celui du père ».
Il y a là l’occasion de faire une grande digression sur les principes patriarcaux et matriarcaux des coutumes de ces diverses ethnies de l’Asie. Ce n’est certes pas un domaine où je connaisse grand-chose, mais j’avais remarqué, dans le « muu bâan » (village) de Y en Isaan (nord-est de la Thaïlande) que toute la famille payait ses respects aux quelques os et cendres conservés du père et de la mère. Ils étaient contenus dans un bocal tout simple et on les avait sortis pour l’occasion (c’était la fête de Songkhran) du coin de la maison de Y où on les gardait normalement, avec quelques autres objets de cultes qui eux étaient de toute évidence bouddhistes. J’avais aussi été intrigué par le fait que les quatre filles de la famille étaient restées dans leur village d’origine (Y, la plus jeune, y ayant conservé la maison des parents), alors que les trois fils s’étaient installés ailleurs (et assez loin, en fait, quoique toujours en Isaan). Coïncidence, ou indication d’un traitement particulier des femmes ? Je ne sais.
Voilà, mille excuses pour cette petite digression, qui concerne une personne qui m’est très chère, mais je trouve ce sujet absolument fascinant et j’irai bien un jour farfouiller plus loin. Si quelqu’un a des références utiles, qu’il/elle soit le/la bienvenu(e). C’est un sujet bien trop connu pour ne pas avoir déclenché quelques études sérieuses par des gens qui ont beaucoup plus de temps que moi, bénéficient d’une formation en ethnologie et ont de surcroît l’appui financier et logistique d’organisations spécialisées. Je ne peux que renifler à la surface et deviner qu’il y a des trésors d’information en profondeur !
Au Yunnan, une partie des Yi ont été influencés par le bouddhisme par contact avec la culture Han. Au début du 20-ème siècle, quelques Yi en Chine se convertirent au christianisme. En 1991, on comptait 150, 000 Yi chrétiens au Yunnan. | | | À: GeorgesOZ · 31 janvier 2010 à 4:25 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 132 de 173 · Page 7 de 9 · 1 762 affichages · Partager Les Yi de Liangshan et du nord-ouest du Yunnan pratiquaient une forme compliquée d’esclavage. Il y avait les “nuohuo” ou Yi Noirs (les nobles), les « qunuo » ou Yi Blancs, et les esclaves. Les Yi Blancs étaient libres, pouvaient posséder une propriété et des esclaves, mais étaient assujettis à un seigneur. Les esclaves appartenaient à d’autres groupes ethniques.
P.V., comme on s’en doute, jette un regard très catholique sur les gens et relève qu’ils ont « les mœurs légères ». Mais, dit-il, « il ne croit pas qu’en dehors de la religion chrétienne on puisse trouver un peuple dont les mœurs ne soient au moins très légères ». Cela laisse un peu rêveur.... Ah ! ces préjugés imbus de bienséance catholico-occidentale !  Mais je l’ai dit, il était intègre et croyait à sa mission et je le trouve bien sympathique tout de même.
Il continue un peu plus loin:
« Le Gni (c.à-.d. Yi ou Lolo ) n’a en fait de lois coercitives que celles dictées par la nature, et une nature obscurcie par des siècles d’erreurs (sic). Ses mœurs sont légères, très légères même, du moins dans sa jeunesse ; mais en légèreté elles ne dépassent pas ce que j’appellerais l’honnêteté païenne ».
Dommage qu’il ne nous ait pas fourni plus de détails sur « ces mœurs très légères » ! J’aurais bien voulu pouvoir lire quelques détails croustillants sur les Yi   , mais bien sûr, à quoi pourrions nous attendre coulant de la plume d’un missionnaire jésuite et apostolique ? Nous pouvons spéculer : s’agit-il de beuveries ? de fêtes où les « Gni » se laissaient aller à de bonnes vieilles grivoiseries ? C’est possible. Il est aussi possible qu’il s’agisse de la liberté accordée aux jeunes adultes de se fréquenter avant le mariage. J’ai lu quelque part sur les relations amoureuses qui ont (ou avaient) cours parmi les Taï du Vietnam (si je me rappelle bien – n’oublions pas que les Taï constituent la minorité ethnique la plus nombreuse de ce pays, avec 3 à 4% de sa population). Les jeunes se font (faisaient ?) la cour par l’intermédiaire de chansons (à quand une version « montagnarde » de Roméo et Juliette ?) mais ne s’arrêtaient pas aux chansons – certains/nes ont témoigné d’avoir particulièrement apprécié les prestations amoureuses d’un amant/te qui par la suite est parti/ie chercher un/une autre partenaire. Et ils pouvaient changer d’amant ou d’amante autant que... cela leur chantait ! 
Les « Gni » auraient-ils connu de tels usages ? | | | À: GeorgesOZ · 1 février 2010 à 1:45 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 133 de 173 · Page 7 de 9 · 1 747 affichages · Partager .... et notre ami P.V., toujours et encore sur les « Gni »:
« Si vous êtes bon, il devient sympathique, cordial, expansif même ; sa bonne et candide nature s’ouvre à vous comme la tendre feuille s’ouvre au soleil ; et plus vous entrez dans son intimité, plus vous découvrez en lui les douces qualités qui font de l’homme, même païen, une esquisse du Dieu de bonté et d’amour ».
Faisant référence aux relations problématiques entre les Lolo (Yi, ou Ni), et les Chinois Han :
« Il (le Yi ) est devant le Chinois comme un chien devant un tigre ; ce n’est pas l’homme, mais sa perfidie qu’il redoute. Les replis tortueux d’un esprit rusé lui sont inconnus ; son intelligence est toute droite, une terre vierge où la semence divine germe lentement, mais à plaisir ».
« Si les Lolos avaient affaire à une nation sympathique, douce et juste, je crois qu’ils s’allieraient très volontiers à elle... Il est à remarquer que les Chinois ont encore moins l’esprit d’assimilation que les Anglais. Ils chassent, ils tuent, ils massacrent, ils ne s’allient pas. Si le Chinois méprise le Lolo, le Lolo hait le Chinois ».
On voit bien de quel côté se portent les sympathies de P.V. Que cela n’étonne pas ! Cela ne fait que rappeler une impression d’ensemble que l’on peut facilement tirer de toute l’histoire de la Chine et des zones environnantes, que j’ai saisie dans mon chapitre d’introduction à tous ces essais (renvoi au mois d’août 2009). Voulant expliquer le pourquoi de tant de migrations hors de Chine, j’avais lancé cette expression simpliste et à dessein provocatrice:
« Les Chinois sont des casse-pieds qui bousculent les gens autour d’eux. Les habitants non-Chinois de la Chine en ont eu marre, ont ramassé leurs cliques et leurs claques et se sont cassés». 
Les Chinois (Han) ont ce problème non unique d’être une culture (bien plus qu’un peuple) trop forte et dominatrice. Mais ne leur en voulons pas trop non plus. Voyons qui seraient les premiers à leur lancer des pierres !
Et enfin, cette dernière remarque de P.V.:
« Une dernière particularité du caractère gni, c’est l’esprit de liberté ; soyez ce que vous voulez, ange, homme ou diable, on vous laissera tranquille pourvu que vous ne gêniez pas les autres ».
Pensez-en ce que vous voudrez, mais voilà des gens qui me semblent parfaitement sympathiques.  On se doute que P.V. ait eu un « filtre » chargé de préjugés paternalistes dans le regard qu’il pouvait jeter sur les Yi. On croyait encore beaucoup « aux bons sauvages » à son époque. Cependant, on comprend l’affection évidente qu’il avait développée à leur égard. | | | À: GeorgesOZ · 2 février 2010 à 4:04 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 134 de 173 · Page 7 de 9 · 1 732 affichages · Partager J’ai trouvé un article intéressant sur le site de LACITO/CNRS, signé de Boyd Michailovsky, qui traite brièvement des langues Tibéto-Birmanes (TB), avec l’en-tête « à paraître dans : Kouloughli, Djamel et Alain Peyraube, Encyclopédie des sciences du langage - Dictionnaire des langues ». C’est un article assez court mais très opaque pour quiconque ne manie pas aisément un certain jargon. On rencontre des explications du genre :
« Mais en birman et dans les langues chin et naga, le mot peut comporter des « syllabes mineures» provenant de préfixes ou de la dimidiation de groupes initiaux et sur lesquelles les oppositions tonales (et vocaliques) sont réduites ou nulles. C’est le type « sesqui [« un-et-demi»] -syllabique » : (Ce)CV (C)T ».
Si quelqu’un peut m’expliquer ce qu’est la « dimidiation », je serai heureux !
Mais voici comment, plus prosaïquement, cet article débute :
« Le tibéto-birman est une famille de quelques 250 langues parlées par 65 millions de locuteurs, selon une estimation récente, dans une région comprenant : l’Himalaya pakistanais, indien, népalais et bhoutanais ; le plateau tibétain jusqu’aux provinces de Sichuan et de Yunnan en Chine; la vallée d’Assam et ses alentours ; la Birmanie (Myanmar) et le nord de la Thaïlande jusqu’au nord-ouest du Viet-Nam.
Parmi les langues et groupes les plus importantes sont le birman, avec plus de 30 millions de locuteurs, les "dialectes" tibétains avec 5 millions, les langues karen (Birmanie, Thailande, 4M), les langues lolo/yi, entre le sud-ouest de la Chine et l'Asie du sud-est (nosu 2M, nasu 0, 8M, lisu 0, 9M, lahu 0, 7M, etc.), le bai (Yunnan, 1, 1M), les langues chin, entre l'Inde et la Birmanie (?2M) et, en Inde, le boro de la vallée d'Assam (1, 4M) et le meithei, langue de l'état de Manipur (1M). »
En plus d’être clair et concis, ce texte classe de nouveau les Lahu dans la « catégorie » Yi/Lolo, de la même façon que dans le recensement laotien des années 1990 dont j’avais parlé plus haut (voir « Les Yi ou Lolo – 1 Introduction »). J’en avais été étonné, car les Chinois semblent utiliser une classification différente, mais il faut que je me rende à l’évidence (ou plutôt à l’autorité d’un organisme expert en la matière) : les Lahu sont donc des Yi ou Lolo, ou en tout cas leur sont proches.
Dans le même article, je relève quelques caractéristiques des langues TB qui me font penser à d’autres langues asiatiques n’appartenant pas au groupe TB :
- « La sérialisation verbale, largement répandue dans les langues à verbe final (cf. le limbu, ce volume), atteint son apogée dans les langues yi, de type isolant, par exemple en lahu [obtenir/retourner/emmener/sortir/donner] "doit le sortir encore pour lui". »
La sérialisation verbale est par exemple très fréquente en Thaï, où il est tout à fait normal de voir 3 verbes se suivre et où je crois on peut arriver à 5 ou 6 verbes.
- « L’emploi de classificateurs numéraux, trait aréal de l’Asie du sud-est, s’accroît d’ouest en est dans la famille. »
Cet usage semble être systématique dans la région. On le trouve en Mandarin, en Thaï, en Bahasa Indonesia. En Thaï, on ne dit pas « j’ai deux amis », mais « avoir ami deux personne », où le mot « personne » est le classificateur numéral (« container word » en anglais).
- « L’inventaire de finales est plus restreint, avec une seule série d’occlusives : p, t, k, m, n, ng, r, l, s. »
À part les voyelles, diphtongues et triphtongues, le Thaï ne peut prononcer que « p, t, k » (syllabes dites « mortes ») ou « m, n, ng » (syllabes dites « vivantes ») comme consonnes finales. Si j’ai bien compris, ces consonnes finales existaient en Chinois médiéval et archaïque, mais ont bien sûr disparu dans le Chinois (Mandarin) moderne.
C’est peut-être par le moyen d’observations de ce genre (mais bien entendu développées plus professionnellement que je ne peux le faire moi-même) que certains experts arrivent à regrouper des groupes de langues asiatiques qui de nos jours semblent être radicalement différents, en leur postulant une ou des langues ancestrales communes. | | | À: GeorgesOZ · 2 février 2010 à 10:04 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 135 de 173 · Page 7 de 9 · 1 726 affichages · Partager Pour moi dimidiation est un terme héraldique, mais en anglais... L'équivalent de mi-partir en français... Alors je ne vois pas bien ce qu'il fait ici... C'est (si je me souviens bien) le fait de réunir 2 blasons sur le même blason. C'est comme s'il était coupé au mileu avec une moitié de chaque blason initial dessus. (suis-je claire ?...) | | | À: GeorgesOZ · 3 février 2010 à 5:25 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 136 de 173 · Page 7 de 9 · 1 713 affichages · Partager Il est mention, dans P.V. (je le rappelle, il s’agit du missionnaire jésuite Paul Vial), d’un autre groupe ethnique portant le nom mystérieux de Tchong-kia-tse :
« Quant aux Tchong-kia-tse, tout ce que je sais, je le dois à l’obligeance de mon aimable confrère M. Roux, missionnaire apostolique du Koei-Tcheou, dont la plupart des chrétiens appartiennent à cette race ».
Le « Koei-Tcheou » n’est autre que le Guizhou, à l’est du Yunnan où se trouvait P.V. lui-même. Par ailleurs, dans un autre document, sur Monseigneur Faurie qui était également au Guizhou, on lit :
« La langue du Tchong-Kia-Tse a des affinités avec le Siamois ».
Cela me semble être une observation tout à fait juste. Voyons pourquoi. P.V. a recueilli de son confrère Roux quelques bribes de vocabulaire « Tchong-Kia-Tse » dont je donne le tableau ci-dessous. La transcription de ce vocabulaire, telle qu’elle est offerte par notre ami P.V., n’est pas tout à fait fiable car, premièrement, il semblait avoir quelques difficultés à s’adapter aux langues monosyllabiques et tonales. Écoutons-le sur ce sujet :
« Rien n’est plus misérable qu’une langue monosyllabique ; c’est un instrument de musique sur lequel l’intelligence est obligée de jouer plusieurs airs avec une même corde et parfois une même note ».
Il n’est donc pas étonnant que P.V. n’ait fait aucun effort pour marquer les tons  . D’autre part, il a obtenu cette information de Roux qui avait peut-être lui-même les mêmes problèmes. Il est dit qu’au bout de plusieurs mois en Chine, Roux avait toujours d’énormes problèmes pour se faire comprendre en Chinois – visiblement les langues tonales offraient des obstacles de taille à nos braves missionnaires  . Voici une petite anecdote qui rappellera à beaucoup de forumistes le genre de déboires qu’ils ont sans doute presque tous eus en s’essayant au Chinois ou à toute autre langue tonale :
« Après six mois d’études, l’abbé Faurie bégayait encore le Chinois. « Je revenais la semaine dernière, dit-il, de visiter un malade. Un chrétien me rencontra et me demanda : « Eh bien ! Père, comment va-t-il ? – Ta-pay-tse, lui dis-je, et mon Chinois de rire. Je voulais répondre : il a la fièvre , et j ‘avais prononcé : il joue aux cartes ! Il fallait prendre le la et je chantais en ut mineur ». 
Cependant, j’ai marqué en jaune dans le tableau ci-dessous les mots qui sont évidemment apparentés au Thaï Standard, tel qu’on le parle en Thaïlande. La ressemblance est souvent frappante, jusqu’à la façon de dire « 11 » en utilisant le mot « èt/it » (au lieu de « nèung/leao »).
J’agrémente cette page d’aujourd’hui en collant la photo de Mgr Faurie. Elle ne nous place qu’un bon siècle et demi en arrière, mais c’était une toute autre époque. Images attachées: | | | À: Tokala · 3 février 2010 à 5:31 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 137 de 173 · Page 7 de 9 · 1 711 affichages · Partager Là tu m’épates!  J’aurais tout aussi bien pu penser à un processus intervenant dans les liaisons covalentes entre éléments chimiques, ou à un phénomène déterminant la gradation thermique entre la troposphère et la ionosphère ! | | | À: GeorgesOZ · 3 février 2010 à 9:15 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 138 de 173 · Page 7 de 9 · 1 706 affichages · Partager Tiens, manger et boire se dit de la même façon en Tchong-kia-tse et en Thaï standard ? Marrant ça ! Mais c'est vrai que l'action est similaire, et on ne vois pas les différents tons dans ton tableau... | | | À: GeorgesOZ · 3 février 2010 à 9:29 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 139 de 173 · Page 7 de 9 · 1 706 affichages · Partager Ben quoi ? J'ai pas le droit de m'interesser aussi à l'héraldique ? | | | À: GeorgesOZ · 5 février 2010 à 4:02 Re: Peuples de l'Asie (suite) Message 140 de 173 · Page 7 de 9 · 1 688 affichages · Partager Dans cette comparaison entre le vocabulaire « Tchong-kia-tse » et le vocabulaire Thaï Standard, puis-je me permettre « d’enfoncer le clou » un peu plus profondément ? Je note que les chiffres 2, 3 et 4 comportent un « l » en « Tchong-kia-tse » qui est absent en Thaï Standard. Cela me remet en tête ces paragraphes assez opaques (pour moi, en tout cas  ) de l’article du LACITO (celui de Boyd Michailovsky que j’ai cité récemment, dans « Les Yi ou Lolo – 12 Linguistique : derniers mots »), où on examine la phonologie du Proto-Tibétain-Birman (PTB) :
« Le PTB reconstruit (Benedict 1972) présente une structure phonologique proche de celle du tibétain classique. La syllabe PTB a la structure (P+)Ci (G)V (Cf), où P représente une consonne pré-initiale ou « préfixe » et G une médiale (r, l, y, w).
...
Les réductions des préfixes, des groupes CG initiaux et des finales, compensée par la multiplication des points d’articulation, des voyelles et des tons, ont mené à des changements radicaux de typologie phonologique dans beaucoup de langues TB y compris dans certains dialectes tibétains.
...
En Lahu, la syllabe PTB est réduite à CVT (où T représente le ton).»
Je sais très bien qu’il est question ici des langues du groupe Tibéto-Birman, et non de celles du groupe Taï-Kadaï auquel appartiennent le Thaï et (selon l’hypothèse présentée ici) le Tchong-kia-tse. Cependant, il me semble bien que le mécanisme de simplification phonologique qui résulte en la chute d’une consonne intermédiaire, expliqué par Boyd Michailovsky, pourrait très bien avoir opéré pour le Thaï Standard, d’où, par exemple, « sàáwng » pour « 2 » sans le « l » qu’on trouve en Tchong-kia-tse.
Par ailleurs, j’ai déjà mentionné l’hypothèse de certains experts selon laquelle les langues Taï-Kadaï auraient une origine lointaine commune avec les langues Austronésiennes. C’est une opinion qui est loin d’être partagée par tous. Mais il y a une autre hypothèse qui consisterait à classer les langues Taï-Kadaï dans le groupe Sino-Tibétain (dont les langues Tibéto-Birmanes font partie). En Chine en particulier, on considère généralement que les langues Zhuang et Dong (qui font partie du groupe Taï-Kadaï) sont apparentées aux langues Sino-Tibétaines. Peut-être cela est-il basé sur quelque chose de tangible, à quoi je puisse raccorder ma remarque sur la chute du « l » intermédiaire en Thaï Standard ? Je n’en sais rien, je touche là à la limite de mes connaissances d’amateur. Mais il se peut aussi que cette version chinoise des choses soit influencée par le sino-centrisme caractéristique de beaucoup de Chinois (Han) qui n’hésitent pas non plus à mettre les langues Miao-Yao, un autre groupe encore bien distinct, dans le même grand panier Sino-Tibétain. Cela leur permet peut-être d’affirmer encore plus fortement qu’après tout, tous ces gens ont toujours été des Chinois ! | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 4 899 visiteurs en ligne depuis une heure! |