Bonjour Georges,
si tu as bien lu, je me suis restreint largement au
lingala : mais si le premier mot "
bonte" (et aussi "
may") ne m'est pas connu, je suis trop prudent : au lieu de "
bonte", je connais "
mbote" (c'est lingala, mais aussi kikuyu et autres ; en fang, c'est "
mbolu/mbolo" etc.). De plus, je connais certes "
mai" ou "
maji" ("eau") mais c'est pas ce "
may" ici... De plus, il est bien possible ou même probable que la phrase en haut soit mal orthographiée...
Georges, il y a au total entre 450 et 600 langues bantoues, et crois-moi, même les meilleurs bantouïstes, donc les spécialistes du bantou (que je ne suis pas du tout) savent définir précisément 20, 30 ou au mieux – soyons généreux aujourd'hui – 50 langues bantoues (mais le nombre 30 est plus réaliste que 50). Et même si la branche "bantou" est la plus recherchée dans la linguistique africaine, le bantou est pourtant "
underdescribed" : d'une très très grande partie de langues bantoues, on n'a que peu de matériel ou rien...
Comme les médecins, les linguistes de l'Afrikanistik se spécialisent, il y a donc les bantouïstes, les mandéïstes, les haoussaïstes, les sémite-éthiopistes, les swahilistes, les yorubaïstes etc. pp. Un haoussaïste ne sait forcément pas grand chose du bantou, comme un gynécologue ne sait forcément pas grand chose de l'ophtalmologie. En
France (à l'Université de
Nice), il y a (vait) un spécialiste des langues sonraï (Mali, Niger,
Bénin). Il ne travaille que sur ce groupe de langues. Depuis Greenberg et jusqu'à nos jours, le classement de ce groupe de langues n'est pas satisfaisant (le sonraï est un peu comme le basque dans la mer des langues indo-européennes). Une tâche de toute une vie professionnelle :
Robert Nicolaï
l'a adoptée... Je doute qu'il soit très compétant en bantou (sans vouloir lui prêter qqch de faux, bien sûr).
Bon week-end, Herbert