| Passages de frontières Xrctn · 22 January 2015 à 14:54 · 279 photos 398 messages · 45 participants · 33 959 affichages | | | | À: Xrctn · 4 January 2018 à 15:37 Re: Passages de frontières Message 141 de 398 · Page 8 de 20 · 1 223 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Frontière intérieure :Décembre 2017. A défaut de traverser des frontières internationales, je me console avec les frontières entre les états australiens. Ayant récemment pris le Ghan, le train qui relie Adelaïde à Darwin en trois jours et deux nuits, j'ai eu l'occasion de passer une frontière ! D'ailleurs en voici la preuve... certes un peu floue !!!
Au milieu de nulle part, une ligne droite (26°S) marque la séparation entre l' Australie méridionale et le Territoire du Nord comme en témoignent ces panneaux rouillés plantés près du chemin de fer. Si le paysage ne change pas d'un état à l'autre, l'heure, elle, n'est plus la même. En effet au sud des panneaux il est 13h mais il n'est que 12h au nord. Et pour compliquer une peu plus les choses, au même instant il est 13h30 à Sydney mais seulement 9h30 à Perth !?!?
L' Australie étant une ile ( un archipel en fait) la frontière est donc partout le long des côtes comme l'indique ce panneau situé dans la partie nord du parc national de Kakadu demandant de rapporter toute activité suspecte.
Enfin, il existe en Australie d'autres frontières intérieures comme celles par exemple qui séparent les zones d'accès libres et les zones aborigènes pour lesquelles des permis d'accès sont nécessaires. C'est le cas entre le parc national de Kakadu et le Arnhem Land séparés ici ( Cahill's Crossing) par une rivière dont le niveau empêche déjà, en cette saison des pluies à peine commencée, la traversée. Pas de douaniers/rangers en vue, ils ont cédé la place à leurs assistants... les crocodiles !
Images attachées: Photo postée par le membre Xrctn. Photo postée par le membre Xrctn. | | | À: Xrctn · 26 April 2018 à 14:02 Re: Passages de frontières Message 142 de 398 · Page 8 de 20 · 1 047 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
D'autres frontières vues d'en haut :Mars 2018. Du hublot, je guette depuis un long moment déjà les quelques trouées dans l'épaisse couche de nuages blancs dans l'espoir d'apercevoir les méandres du Rio Iguaçu. Comme par magie, les nuages disparaissent tout à coup et laissent apparaitre une mosaïque colorée de champs cultivés au sud du fleuve marron et une large bande verte au nord. Quelques instants plus tard, il faut avoir de bons yeux pour reconnaitre le Rio Santo Antônio, une plus petite rivière qui rejoint le Rio Iguaçu et qui à cet endroit précis transforme le fleuve en frontière entre le Brésil et l' Argentine juste en amont des célèbres chutes.
Me voilà maintenant comme hypnotisé, mon regard ne voulant plus quitter ce fleuve qui chemine jusqu'à l'horizon. Quelques iles poussent au milieu du fleuve, sont-elles argentines ou bien brésiliennes ?
En fait, l'ile à gauche est brésilienne, celles à droite sont argentines.
Le temps de me poser cette importante question et voilà l'avion qui vire doucement à droite m'éloignant ainsi de l'objet de mon attention pour ne pas dire excitation.
La terre est soudainement remplacée par un miroir d'eau sombre : le Lago Itaipu. Ce lac de retenue du barrage d'Itaipu est né en 1982 et s'étend aujourd'hui sur plus de 1.350 km². Impressionnante vision. Tout aussi impressionnant est le barrage qui apparait alors que l'avion fait un long virage sur la gauche cette fois. Considéré comme l'une des Sept Merveilles du monde moderne, ce monstre de ciment et d'acier dont le point culminant s'élève à 225 mètres au-dessus du sol est depuis 1984 la plus grande source de production hydroélectrique au monde.
Mais plus intéressant, en ce qui me concerne, est le fait qu'au milieu de sa digue longue de 7,2 kilomètres se trouve une autre frontière... celle du Brésil et du Paraguay ! Nous survolons brièvement le Rio Paraná qui sépare la ville brésilienne de Foz do Igaçu et la ville paraguayenne de Ciudad del Este reliées par le Ponte da Amizade/Puento de la Amistad. J'atteins le Nirvana le temps d'un instant (heureusement immortalisé par une photo) quand d'un seul regard je vois trois pays en dessous de moi. Les choses sérieuses vont bientôt commencer...
A gauche, le Brésil, à doite le Paraguay et tout au fond à gauche l'Argentine. | | | À: Xrctn · 3 May 2018 à 2:07 Re: Passages de frontières Message 143 de 398 · Page 8 de 20 · 969 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
En fait, les choses sérieuses commencent dès le lendemain matin alors que nous partons visiter le parc national des chutes d’Iguaçu , côté brésilien.
Le plus mouillé :Mars 2018. Le temps est à la pluie, de sérieuses averses tropicales étrennent nos ponchos plastifiés, achetés un peu plus tôt au Parque das Aves (le parc des oiseaux) situé à l’entrée du parc national mais il aura suffi, un peu plus tard, d’acheter d’un beau parapluie mauve pour faire cesser, comme par enchantement, ce véritable déluge !? La navette nous dépose devant l’ Hotel das Cataratas, un superbe hôtel tout rose qui surplombe la première (ou dernière) partie des fameuses chutes. Ouah ! C’est vrai qu’elles sont impressionnantes. Juste en face, en Argentine donc, comme l’indique le drapeau bleu et blanc détrempé, des dizaines de chutes émergent de la forêt sur plusieurs niveaux pour se précipiter dans un étroit goulet en contrebas dans un raffut continu.
Malgré nos efforts, il est impossible d’avoir une vue d’ensemble des chutes, celles-ci s’étendent sur une trop longue distance et sont en partie cachées par un virage. Qu’à cela ne tienne, il suffit d’emprunter un petit sentier glissant qui remonte le Rio Iguaçu jusqu’à la tour d’observation brésilienne construite à proximité de la Gorge du Diable.
Rarement je n’ai observé la rive d’un autre pays avec autant d’attention et d’émerveillement. Rarement également je n’ai reçu autant d’embruns venant d’un pays voisin ! Ceci est particulièrement vrai quand j’emprunte la passerelle située à quelques centaines de mètres au pied de la Gorge du Diable ( qui reste en fait complètement invisible derrière un épais rideau de gouttelettes) et qui s’approche au plus de l’ Argentine. En me penchant je pourrais la toucher cette frontière... mais je ne m’y risque pas !
Si proche et, en même temps, si loin !
En fin d’après-midi, c’est en taxi que nous approchons de la ‘vraie’ frontière, celle avec des douaniers et de jolis tampons en perspective... Maintenant que notre parapluie est dans le coffre, les averses sont revenues et c’est trempés que nous nous présentons au poste brésilien où bizarrement nous sommes les seuls clients. Dans la salle, le chef balance dans sa chaise contre le mur, le sous-chef suce son crayon et les trois douaniers, baissent la tête sur leur bureau dans un parfait ensemble dès que nous pénétrons dans la pièce. Pic et pic et colégram... amstramgram !
L’affaire est vite réglée car le douanier sur lequel je suis tombé, a hâte, comme ses collègues, d’écouter les commentaires de ce qui semble être un match... de foot, évidemment ! Ca va, il est soulagé car il n’y a pas eu de gooooaaaal durant les courtes formalités !
Nous remontons dans le taxi où le chauffeur essaie de prendre un accent argentin pour annoncer à son GPS l’adresse de notre hôtel à Puerto Iguazu. Pas très concluant son truc, mais il persévère.
De jeunes militaires en tenue de commando, l’index sur la gâchette de leur fusil-mitrailleur, surveillent d’un œil distrait les files de voitures. Le Brésil vit actuellement des heures chaudes un peu plus tôt dans la journée, dans la province de Paraná ( justement celle où nous nous trouvons) la caravane pour la réélection de l’ex-président Lula a reçu plusieurs coups de feu qui ont fait plusieurs blessés. Peut-être s’attendent-ils à voir les tireurs passer la frontière ?! Nous traversons le pont qui enjambe le Rio Iguaçu que j’aperçois difficilement derrière les vitres ruisselantes de pluie. Ce sont les couleurs des bas-côtés du pont qui indiquent la démarcation entre les deux pays : d’abord jaune et vert et clac bleu et blanc mais pas question de s’arrêter au milieu.
Les douanes argentines ont bien meilleures allures avec leurs bâtiments gris, bleus et blancs presque neufs. Nouveau passage au bureau des douanes. Avec une rapidité et une diligence que je ne leur connaissais pas les douaniers argentins souriants apposent sans bavure un beau tampon bleu. Moins souriants, sont ceux dehors qui inspectent les coffres des voitures. Notre chauffeur pose enfin son portable pour baisser nos vitres. En voyant nos bonnes têtes de touristes étrangers le douanier rondouillard nous fait signe de passer. Il sait déjà qu’il ne trouvera rien d’excitant dans le coffre.
Bienvenidos a la Republica Argentina
| | | À: Xrctn · 3 May 2018 à 2:24 Re: Passages de frontières Message 144 de 398 · Page 8 de 20 · 962 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Le plus admiré :Mars 2018. J’avais une excellente raison, hier matin, de réserver cet hôtel à Puerto Iguazu. En effet, il n’est situé qu’à quelques centaines de mètres du Hito Tres Fronteras , l’un de ces points magiques que j’affectionne tant. En prime quand nous sommes arrivés le soir, le réceptionniste nous a refilé une chambre dont le balcon offre une vue plongeante ( certes quelque peu cachée par la végétation) sur le Rio Iguaçu et au-delà sur la rive brésilienne. Tout simplement génial.
A peine debout, je tire les rideaux pour m’assurer que le Brésil est toujours là. Puis le petit déjeuner avalé, j’emmène ma douce vers le point panoramique d’où l’on peut admirer les eaux brunes du Rio Iguaçu rejoindre celles à peine plus claires du Rio Paraná. Mais c’est évidemment le tripoint où le Paraguay, le Brésil et l’ Argentine se rencontrent qui est le plus excitant.
Nous arrivons sur une petite esplanade où se dresse une imposante borne triangulaire bleu-blanc-bleu et offrant une vue de rêve pour le cartographe fada de frontières. Après avoir touché cette obélisque magique, en avoir fait le tour une paire de fois, l’avoir photographiée sous tous les angles possibles et imaginables et inspecté la plaque officielle, je me dirige près du parapet pour savourer le panorama enchanteur.
Grâce à Google Maps, cela fait des années que j’explore ce coin du globe devant mon écran, je crois d’ailleurs connaitre tous les moindres recoins de cet endroit fantastico. N’empêche que de me trouver ici en chair et en os à regarder tantôt à droite tantôt à gauche, me donne des frissons de la tête aux pieds. De quel côté regarder ? Sacré dilemme.
Autant commencer par la rive de l’autre côté du Rio Paraná puisque c’est la plus longue. Voilà donc le Paraguay comme le confirme l’énorme borne rouge-blanc-bleu plantée au milieu d’une espèce de clairière sur l’escarpement couvert de végétation. Le temps brumeux ne permet pas de distinguer clairement les buildings de Ciudad Del Este, quelques kilomètres plus au nord, cependant pas de problème pour voir les citernes et le toit d’une grosse structure métallique en construction ou encore les barges rouillées amarrées fermement. Plus proche, j’aperçois aussi une petite route, zigzagant vers un petit débarcadère où attend une embarcation transportant les véhicules et camions qui, plutôt que de transiter par Foz do Iguaçu et le Brésil, viendront directement en Argentine par voie fluviale, une expédition qui me parait bien épique en voyant l’importance du courant. Enfin, légèrement plus au sud, quelques maisons aux couleurs passées, éparpillées dans la verdure sortent le bout de leur balcon ou de leur toit.
Plus proche encore, juste en face voilà la rive brésilienne, toute aussi verdoyante est encore plus escarpée que ses jumelles étrangères. On y voit clairement un restaurant panoramique abandonné et juste plus haut une plateforme et quelques bâtiments entourant une borne jaune-vert puis une pelouse, digne d’un terrain de golf, bordée de grands arbres. Le site semble être fermé et en travaux.
Après un certain temps passé à absorber cette ‘fabuleuse’ vue, il est grand temps de partir, ma Casablancaise semble s’impatienter et puis ce sont les Cataratas, côté argentin cette fois qui nous attendent. Nous passons devant les kiosques de souvenirs et d’objets artisanaux et tombons sur... une autre borne ! Celle-ci, bien plus photogénique, arbore le drapeau des trois pays. Clic ici, clic là. « Oui, j’arrive chérie ! »
Quant aux chutes d’Iguazu , elles valaient bien que l’on s’y attarde tant elles sont plus impressionnantes de ce côté-ci, en plus le soleil est au rendez-vous aujourd’hui. Et puis quel pied d’apercevoir aussi souvent et sur plusieurs niveaux la frontière et au-delà le Brésil... Si proche et si inaccessible !
A gauche le Paraguay, en face le Brésil
Heaven...
Iguazu, côté argentin cette fois, en face le Brésil... inaccessible. | | | À: Xrctn · 3 May 2018 à 19:23 Re: Passages de frontières Message 145 de 398 · Page 8 de 20 · 939 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Du côté Brésilien y’a un monument pour les trois frontières un peu différentes. J’avoue que j’avais une drôle de sensation, voir excitation à être dans cette place en 2015.
Que du bonheur :) | | | À: Jfalaise84 · 5 May 2018 à 8:22 Re: Passages de frontières Message 146 de 398 · Page 8 de 20 · 921 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
N'est-ce pas ???
Le plus bis :Mars 2018. Après avoir visité les ruines de la mission jésuite de Trinidad, près de Posadas en Argentine, nous retrouvons le Rio Paraná. Il est ici plus majestueux, plus imposant encore et prend même des allures de lac tout en continuant à remplir son rôle de frontière entre le Paraguay et l’ Argentine. C’est ici que se trouve le premier pont reliant les deux pays malgré leur longue frontière fluviale (entre Puerto Iguazu et Asunción), les points de passage sont plutôt rares et espacés, et c’est vers le pont San Roque Gonzalez de Santa Cruz que nous nous dirigeons en ce Vendredi de Pâques.
Un peu plus tôt, il nous a suffi d’attendre à l’arrêt de bus ‘ internacional’ puis de monter dans ce petit bus qui, toutes les heures, fait la navette entre Posadas et Encarnación. Pas grand monde en ce jour férié... ce qui devrait faciliter les formalités douanières. Effectivement, une fois arrivés à l’entrée du pont, la vingtaine de passagers + nous descendons du bus pour pénétrer dans un étroit bâtiment administratif où nous accueillent une demi-douzaine de douanier(e)s plutôt soulagés de voir si peu de monde débarquer.
Nous sommes les seuls à présenter des passeports, pour les autres passagers ( des frontaliers surement) une carte nationale d’identité est suffisante, et cela entraine un peu de confusion ! Notre pauvre douanier doit chercher son tampon au fond de sa sacoche, puis l’encre sur le bureau du superviseur et enfin ajuster la date.
L’affaire est vite bouclée et nous remontons rapidement dans le bus qui arrive justement après avoir été vaguement inspecté. Nous pouvons maintenant parcourir les 2550 mètres que fait ce pont à haubans construit entre 1981 et 1990 et censé compenser le Paraguay pour la perte d’une partie de son territoire pour cause d’inondations suite à la construction d’un barrage. Surprise, il y a même des rails de chemin de fer sur la partie droite (?!) mais l’un des passagers nous explique que le service ne fonctionne pas aujourd’hui.
Nous voyons s’éloigner l’enfilade de buildings qui s’étend sur la rive argentine Posadas apparait plus importante que nous le pensions. L’autre rive approche petit à petit et parait certainement plus modeste, un peu à l’image des petites maisons pas trop nettes et des installations portuaires plutôt dérisoires que nous finissons par dépasser.
Arrivés sur l’autre rive et à peine les portes du bus ouvertes c’est la ruade vers les petits bâtiments portables blancs installés sous un immense préau. Deux queues se forment devant les deux fenêtres ouvertes et les plus rapides repartent déjà alors que nous arrivons à la première queue. Les formalités sont rapides car encore une fois la plupart des passagers n’ont qu’à produire leur carte d’identité, en échange ils reçoivent un petit bout de papier. La douanière semble être ravie d’avoir des vrais passeports, cela doit lui couper la routine, elle doit toutefois s’assurer que le scanner est bien branché. Souriante, elle nous souhaite une bonne journée avant d’attraper les prochaines... et sempiternelles carte d’identité.
Il ne nous reste plus qu’à attendre au bout du parking en terre le bus qui a disparu et d’ajuster l’heure (-1). La rue commerçante qui descend vers le centre-ville est bordée de magasins fermés, seuls deux chauffeurs de taxi attendent les éventuels clients en écoutant la radio et trois gamins font des zigzags à vélo en évitant les emballages qui trainent par terre. Que cette rue soit si déserte ne doit arriver qu’une paire de fois l’an !
Direction le Paraguay
L’objectif d’aujourd’hui était de visiter Trinidad où se trouvent les ruines d’une autre mission jésuite avant de rejoindre les centaines de familles qui ont envahies les plages d’Encarnación, (oui-oui les plages !) puis de passer la nuit à Encarnación avant de poursuivre notre route vers Ciudad Del Este le lendemain. Mais voilà, nous avions oublié que nous étions en plein weekend de Pâques. Malgré nos longues recherches sur l’Internet hier soir, nous n’avons pas trouvé de chambre d’hôtel à Encarnación, en fait nous avons eu de la chance de pouvoir prolonger notre séjour à Posadas car là aussi les chambres étaient rares. Il nous faudra donc revenir à notre point de départ...
Plage à Encarnacion
Posadas vue de la plage d'Encarnacion
En fin de journée, nous repassons donc la frontière en sens inverse. Si les formalités sont rapides et sans histoire, l’attente côté argentin est... phénoménale. J’ai donc eu amplement le temps d‘admirer les lumières de la ville se refléter dans le Rio Paraná et laisser mes pensées dériver sur les flots du no man’s land.
Je tombe sur le chef des douaniers, celui assis derrière le pupitre en verre, et voulant peut-être montrer l’exemple, commence à poser les questions d’usage d’un ton sec. Il m’a coincé dès la première : « Prochaine destination ? » « Euh, ben Encarnación, là d’où je viens ! » Il m’a regardé d’un air bizarre et n’a pas insisté...
Embouteillage au poste argentin
Bis :Samedi de Pâques, destination Ciudad Del Este. Nous reprenons exactement le même chemin que la veille mais cette fois le bus est archiplein et les files de voitures immobilisées font déjà une paire de kilomètres avant l’entrée du pont. Aujourd’hui le service ferroviaire fonctionne et une foule compacte se presse devant la petite gare et les bâtiments de douanes. C’est une véritable invasion. Heureusement ( et contrairement à hier soir) notre bus emprunte la voie réservée et prioritaire.
Repetición de la jugada. La brochette de douaniers argentins n’est pas la même qu’hier. Ils ont tous un air résigné et pour une fois je compatis. Une longue et pénible journée les attend. Même court instant d’affolement alors que je tends mon passeport au jeune douanier. Lui non plus n’a pas préparé son tampon !
De l’autre côté, tout est plus calme. Les Paraguayens bouderaient-ils l’ Argentine ? Une fois encore, dès que les portes du bus s’ouvrent c’est la ruade vers les bâtiments des douanes, personnes âgées bousculées, familles séparées, on évite le piétinement de justesse. Notre tour arrive... et l’officier demande à ses collègues : « Qui a débranché le scanner ? » | | | À: Xrctn · 5 May 2018 à 8:37 Re: Passages de frontières Message 147 de 398 · Page 8 de 20 · 912 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Le plus confortable :Avril 2108. Autant bien faire les choses et c’est en taxi que nous faisons le trajet de Ciudad Del Este jusqu’à l’aéroport de Foz do Inguaçu. Après avoir vu, hier soir, la cohue occasionnée par les embouteillages monstres à ce point de passage, nous avons réservé un taxi pour l’aurore, pas question de louper notre avion. Le chauffeur de taxi, un expat espagnol bavard et sympathique nous attend déjà. Il nous emmène donc jusqu’au Ponte da Amizade / Puento de la Amistad, celui-là même que j’avais aperçu de l’avion la semaine dernière. La ville, hyperactive hier, fait ce matin la grasse matinée. Les rues sont désertes et, à cette heure matinale, seuls quelques camions et voitures et une poignée de piétons franchissent le pont, tout au moins de ce côté-ci car de l’autre une queue se forme déjà, c’est vrai qu’il est une heure plus tard au Brésil.
Les douaniers paraguayens discutent avec des dealers (de voitures) et autres vieilles connaissances. L’un d’eux se dévoue pour nous mettre le tampon de sortie et trois minutes plus tard nous remontons dans le taxi. So far so good !
La traversée du pont, long de 550 mètres, ne dure qu’une paire de minutes, juste le temps d’apercevoir, derrière les doubles barrières métalliques, les eaux du fleuve quelques 80 mètres plus bas. Et revoilà le Brésil et l’imposant complexe des douanes dominé un monument composé de deux pylônes en béton s’élançant dans le ciel et commémorant l’amitié entre les deux pays et l’ouverture du pont en 1965.
« Les formalités d’entrée se font... à la sortie. » (?!) nous annonce notre chauffeur avant d’expliquer qu’il est encore trop tôt et que le poste d’entrée est encore fermé. Nous devons traverser le parking, descendre quelques marches et nous diriger vers un policier qui se charge d’interrompre brièvement le flot continu de véhicules se rendant au Paraguay pour nous laisser passer. « Dépêchez-vous... » nous dit le chauffeur qui nous a accompagné, « ... les passagers des collectivos sont en train de descendre. »
Seulement deux personnes en charge, heureusement nous sommes les seuls. La jolie douanière brésilienne me demande si je sors ou si je rentre. « Je rentre. » « Ah, muito bem » dit-elle en souriant... | | | À: Xrctn · 6 May 2018 à 19:20 Re: Passages de frontières Message 148 de 398 · Page 8 de 20 · 888 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Moi aussi, amoureuse des frontières depuis toute petite. Mais c'est bien ambivalent.
Nous avons quand-même de la chance. Que le passage d'un très très grand nombre de frontières ne soit pour nous qu'une formalité. Je pense à tous ceux qui pour c'est souvent la croix et la bannière, voire simplement impossible...
En fait je hais les frontières et ce qu'elles représentent. Mais elles me fascinent. | | | À: Xrctn · 6 May 2018 à 19:41 Re: Passages de frontières Message 149 de 398 · Page 8 de 20 · 885 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
bonsoir,
Nos trois filles ont donc fait leur apprentissage en Asie du Sud-Est, proche et relativement bon marché, et parfois en Europe lorsque nous retrouvions nos familles respectives.
on n'apprend pas à voyager et il n'y a pas de formation pour ça (quelle horreur...) Sinon on force les individus à faire des voyages tout formatés... bref à contribuer au tourisme de masse. Le voyage doit se faire selon ses intituitions sinon ben on prend les mêmes trains, les mêmes bus et les mêmes avions que tout le monde et on fait les mêmes visites que tout le monde  La première fois que je suis parti tout seul en voyage c'était avec une carte Interrail à visiter l'Europe et je ne voulais imiter personne, juste être moi-même | | | À: Nouni78 · 7 May 2018 à 7:02 Re: Passages de frontières Message 150 de 398 · Page 8 de 20 · 866 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Je comprends, o combien, ce dilemme qu’ont les frontières : fascinantes et détestables à la fois. Ce qui continue de me surprendre est comment une ligne tracée sur la Terre peut avoir autant de conséquences et d’influence sur la vie des gens selon ils habitent d’un côté ou de l’autre de cette ligne. Il suffit d’un pas pour passer d’un monde à un autre... magique et terrifiant à la fois ! | | | À: Mathews · 7 May 2018 à 7:06 Re: Passages de frontières Message 151 de 398 · Page 8 de 20 · 864 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
On n'apprend pas à voyager et il n'y a pas de formation pour ça (quelle horreur...) Sinon on force les individus à faire des voyages tout formatés... bref à contribuer au tourisme de masse. Le voyage doit se faire selon ses intituitions sinon ben on prend les mêmes trains, les mêmes bus et les mêmes avions que tout le monde et on fait les mêmes visites que tout le monde  La première fois que je suis parti tout seul en voyage c'était avec une carte Interrail à visiter l'Europe et je ne voulais imiter personne, juste être moi-même
Si tu le préfères, le mot Apprentissage peut être remplacé par Initiation, certainement plus élégant et plus évocateur.
Ceci dit ne parle-t’on des voyages comme étant l’ école de la vie école donc enseignement, et enseignement pratique comme apprentissage. Quand nous nous baladions dans certains endroits reculés ou pas avec nos trois filles ( alors âgées de 5 à 12 ans), je crois bien qu’il s’agissait d’un apprentissage d’ouverture au monde, à l’étranger, aux étrangers. Il n’était pas question alors de les formater mais au contraire attiser leur curiosité, d’élargir leur ouverture d’esprit et à la fois d’acquérir quelques réflexes de prudence.
Ensuite, comme la phrase suivante ( non citée) du paragraphe initial l’indique, chacune, forte de cet apprentissage/initiation et de l’expérience acquise, a continué à voyager selon ses propres gouts, intuitions, humeurs... Les trois sont parties, parfois longtemps ( trop longtemps au gout des parents !) et ont habité plusieurs années à l’étranger avant de revenir en Australie... ( mais pour combien de temps ?). Or c’est bien cet apprentissage initial qui leur a permis de s’adapter si bien à leurs nouveaux environnements et de vouloir en découvrir d’autres.
Il ne s’agit pas d’imiter qui que ce soit bien que cela devienne de plus en plus compliqué. De nos jours il faut vraiment faire des efforts pour sortir des sentiers battus tant ceux-ci se raréfient. J’ai lu récemment ( hélas je ne sais plus où) que dans les années 60-70, il y avait 60 millions de touristes dans le monde ( principalement des Européens) il y en aura 900 millions en 2020 !!! ( principalement des Chinois, Indiens, Brésiliens, Coréens... cette fois !)Comme quoi nous avons vraiment été des privilégiés et d’ajouter qu’il sera de plus ne plus difficile de ne pas imiter quelqu’un ou de ne pas être tôt ou tard imité soi-même et que la place de l’intuition en termes de voyages aventureux diminue drôlement ! | | | À: Xrctn · 8 May 2018 à 14:56 Re: Passages de frontières Message 152 de 398 · Page 8 de 20 · 836 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
bonjour Xrctn mon message était un peu ironique ha ha Bonne continuation et c'est vrai que le terme "initiation" est plus approprié 
De nos jours il faut vraiment faire des efforts pour sortir des sentiers battus tant ceux-ci se raréfient.
c'est exact malheureusement..à moins d'aller faire une expédition en Amazonie vers les Tumuc-Humac mais tout le monde n'a pas forcément envie de faire ce genre de voyage | | | À: Xrctn · 20 May 2018 à 18:38 Re: Passages de frontières Message 153 de 398 · Page 8 de 20 · 765 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
... comment une ligne tracée sur la Terre peut avoir autant de conséquences et d’influence sur la vie des gens selon ils habitent d’un côté ou de l’autre de cette ligne.
« Quel que soit le prix à payer nous forcerons la frontière. »
Un jeune militant palestinien, alors qu'une cinquantaine de ses compatriotes ont été abattus par l'armée israélienne dans le no man's land de Gaza.
P.S. As-tu épuisé ton stock d'aventures frontalières? Es-tu désormais condamné à voyager pour en découvrir de nouvelles et alimenter cette discussion? | | | À: Voyajou · 21 May 2018 à 4:21 Re: Passages de frontières Message 154 de 398 · Page 8 de 20 · 737 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
« Quel que soit le prix à payer nous forcerons la frontière. » Un jeune militant palestinien,
C'est bien de coller a l'actu...
et puis un jour, l'actu devient une "curiosité "pour nos enfants fr.sputniknews.com/...gue-mur-fuite-stasi/
entre temps, continuons a nous faire manipuler, a tort ou, a raison | | | À: Xrctn · 21 May 2018 à 4:34 Re: Passages de frontières Message 155 de 398 · Page 8 de 20 · 736 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
il ne s’agit pas d’imiter qui que ce soit bien que cela devienne de plus en plus compliqué. De nos jours il faut vraiment faire des efforts pour sortir des sentiers battus tant ceux-ci se raréfient. J’ai lu récemment (hélas je ne sais plus où) que dans les années 60-70, il y avait 60 millions de touristes dans le monde (principalement des Européens) il y en aura 900 millions en 2020 !!! (principalement des Chinois, Indiens, Brésiliens, Coréens... cette fois !)
Bonjour
Évolution
| | | À: Obeoandpai · 21 May 2018 à 5:34 Re: Passages de frontières Message 156 de 398 · Page 8 de 20 · 729 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Hummmm!
Ils sont venus pourquoi encore? Repandre la civilisation? Ils auraient mieux fait de rester chez eux avec leurs civilisations. | | | À: Voyajou · 21 May 2018 à 7:36 Re: Passages de frontières Message 157 de 398 · Page 8 de 20 · 722 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
« Quel que soit le prix à payer nous forcerons la frontière. »
Il aurait eu moins de peine à franchir celle-là ! www.bbc.com/news/magazine-31800580
Le ruler d'Achzivland est décédé il y a seulement quelques jours. L'histoire ( in English) est passionnante.
Quant à la récente tuerie à la frontière de Gaza, quelle honte ! Pire: "Seuls deux des membres du Conseil, les États-Unis et l' Australie, ont voté contre la resolution pour envoyer une équipe spécialisée dans les crimes de guerre, adoptée par 29 des 47 membres, 14 s'abstenant, parmi lesquels la Suisse, l' Allemagne et le Royaume-Uni."
Pourquoi est-ce si difficile de reconnaitre la Palestine?
P.S. As-tu épuisé ton stock d'aventures frontalières? Es-tu désormais condamné à voyager pour en découvrir de nouvelles et alimenter cette discussion? 
Je ne vais quand même pas en inventer !? Surtout, j'avais espéré que d'autres fassent part de leurs passages... et mettent leurs photos de frontières... mais bon ! Patience
En ce qui me concerne, pas d'autres passages frontaliers pour cette annee mais je reflechis à ceux de l'annee prochaine... mais ça devient compliqué. | | | À: Obeoandpai · 21 May 2018 à 7:41 Re: Passages de frontières Message 158 de 398 · Page 8 de 20 · 719 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Quand on dresse des murs... la réponse est de creuser des tunnels. Et à propos de tunnels sous les frontières, il y a aussi ceux entre Gaza et l' Egypte qu'Israel détruit régulierement... sans oublier ceux entre le Mexique et les Etats Unis ! | | | À: Xrctn · 21 May 2018 à 14:18 Re: Passages de frontières Message 159 de 398 · Page 8 de 20 · 699 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Quand on dresse des murs... la réponse est de creuser des tunnels. Et à propos de tunnels sous les frontières, il y a aussi ceux entre Gaza et l' Egypte qu'Israel détruit régulierement... sans oublier ceux entre le Mexique et les Etats Unis !
Très belle analyse, je l’ai pris avec un brin d’humour.  C’est vrai quand on érige des murs on a peu de choix, il faut creuser des tunnels. On ne peut pas arrêter la marche de l’homme, c’est plus fort que mous.
J’en ai une couple de passage de frontières que j’ai fait en Amérique du sud surtout, mais, il me manque le talent d’orateurs, d’écrivain Pardon, pour les décrire mais ça viendra. | | | À: Jfalaise84 · 21 May 2018 à 14:37 Re: Passages de frontières Message 160 de 398 · Page 8 de 20 · 695 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
.. mais, il me manque le talent d’écrivain...
Les photos, c'est bien aussi... La preuve:
Près de Balzers, la frontière entre la Suisse et le Liechtensteingoo.gl/maps/f1XsR4Q4ARp
Lors de la traversée de ce petit pays je me suis même fait flashé par un radar !!! La police du Liechtenstein a eu le bon gout de ne pas m'envoyer l'amende... Je lui en suis très reconnaissant car en Francs Suisses ( la monnaie utilisée là-bas) ça fait mal. | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires All rights reserved © 2026 MyAtlas Group | 8 995 visiteurs en ligne depuis une heure! |