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Super sujet ! C'est un plaisir de lire tes aventures et anecdotes aux frontières de tous ces pays.
La première frontière que j'ai foulé est celle avec l'
Espagne, lors de randonnées pyrénéennes avec mes parents. Une fois au sommet d'une montagne on me dit que tout ce que je vois là, qui était caché de l'autre côté depuis le départ et qui dorénavant est à mes pieds : «C'est l'
Espagne !» La frontière passe par le sommet sur lequel nous sommes. Cela fascine le gamin que je suis. Suivant le côté par lequel je redescendrai cette montagne, je serai soit en
France soit en
Espagne.
Après cette rando, à chaque fois que j'allais au sommet d'une montagne, je demandais une fois arrivé en haut si c'était l'
Espagne qu'on voyait ;)
Par la suite je franchirai souvent cette frontière par la route. En bus au cours de voyages de classe à
Barcelone, par le col du Perthus et sa zone détaxé. Les parents doivent remplir le formulaire E111, et les profs nous échangent les francs contre des 'pesets'. L'ordre de grandeur du change est de 1 pour 30 ou 40. Tout ma classe a l'impression d'être riche ;)
Pour aller en
Andorre en voiture il faut aussi passer un col, gravir tous les lacets qui montent au pas de la Case. Pendant toute mon enfance et mon adolescence passer une frontière est synonyme de franchir un col, une montagne. Cela se mérite. L'autre pays est un autre monde lointain, dont l'accès n'est pas facile.
Arrive ensuite l'ère des voyages en avion. On part d'une aérogare climatisée, avec plein de magasins, on franchit une passerelle et on s'assied dans l'avion. À l'arrivée on se lève, on franchit une passerelle et on se retrouve dans une aérogare climatisée avec plein de magasins. On ne franchit plus les frontières, on les enjambe sans les voir. Le moment du passage d'un monde à l'autre est décalé, ou dilué.
Quand on survole pendant des heures l'Atlantique pour aller au
Canada ou aux
États-Unis on survole une immense frontière naturelle, jusqu'à apercevoir enfin la terre !
Lors de mon premier voyage en
Russie le choc a été dès la descente de l'avion. Le contrôle de passeport ne m'a pas marqué, mais je me rappelle qu'une fois dans l'aérogare tout était écrit en cyrillique, les gens parlaient russe presque exclusivement. C'était la première fois que je me retrouvais si loin de chez moi. Il m'a fallu d'un coup activer mon cerveau pour baragouiner quelques mots en russe et trouver mon chemin dans ce monde totalement inconnu...
Le choc est parfois lors du passage des portes automatiques pour sortir de l'aérogare. Je me souviens de vacances en
Martinique. Les portes s'ouvrent et je traverse un mur d'air brûlant et humide. Ça y est je suis dans l'ambiance, je plonge dans cette moiteur inconnue chez moi. C'est la
France mais c'est un autre monde.
Au
Kenya où je me rendais pour le travail avec des collègues. À l'aéroport de
Nairobi, nous nous dispatchons dans les nombreuses files au contrôle des passeports. Je tends une lettre de mon employeur et demande un permis de travail. «What is your job ?...Mmh... Hum.... Ok. 50 $US please.» Je retrouve mes collègues quelques minutes plus tard. «T'as payé combien pour le visa ? 30$... Et toi ? 100$ !» C'était ma première fois en Afrique. Autre continent, autre culture, autres mœurs...
De nos jours, entre les déplacements de plus en plus souvent en avion et les frontières de plus en plus facile à passer (voir carrément abolies dans l'Union Européenne) il y a quand même moins d'histoires à raconter.