Mercredi bleu
Humeur rouge
Je reste au fond du forum, il y fait bon.
Peut-être y a t-il des posts plus conformes pour dire mon énervement. J’ai si peu de temps pour lire.
Je me connecte « vous avez une discussion à suivre », je clique, je copie-colle ma bafouille fulminante et je file.
Pour une fois pas question de parler de la petite marmaille.
Ils s’amusent tranquillou en ce moment.
Je suis remontée comme un coucou
Pourquoi suis-je agacée ?
Quelques exemples de chiffres incontestables :
Combien de personnes meurent du paludisme par an dans l’indifférence générale ?
400 000.
Combien de personnes meurent elles de faim dans le monde par an ?
9 millions. Oui mais pas chez nous hein ! On a le secours populaire, les restos du cœur, le secours catholique et toutes ces associations qui suppléent un état incapable de nourrir toute sa population
Combien Ebola a tué dans le monde ?
Pour tous les autres chiffres, chacun peut les trouver aussi.
Mais, tout le monde s’en fout complètement parce que ne se sent pas concerné, c’est loin, c’est pas pareil, etc.
Mais là : 120 000 morts du coronavirus dans le monde entier sur 7,5 milliards d’habitants et c’est la psychose.
Les médias alimentent les peurs, sans fin, sans cesse.
Et discourent à n’en plus finir les experts scientifiques de tous poils.
Et qu’il y a des courbes, des statistiques, des projections, des évaluations, des études.
Au final, nul n’en sait rien, on suppute, on pense, on croit, on envisage, on espère, il faudra que...
Confinés, masqués, suivis ou traqués comme on veut, chômage, dépression, violences conjugales et maltraitance enfantine, solitude et isolement, effets délétères dont on ne comptabilisera pas les morts.
Nous, enfants gâtés d’un système consumériste, on entend se déverser dans nos oreilles les paroles des « experts », médecins, scientifiques et sans compter les experts des réseaux sociaux. Ils nous disent tous :
-restez chez vous
-porter des masques
Ils nous disent que la solidarité bat son plein :
-Ah les gâteaux qu’on apporte aux soignants
-Ah les réseaux sociaux où fleurissent les apéro par écran
-Ah les bravos le soir pour les soignants. Ces mêmes soignants qui depuis des mois alertaient sur leur situation précaire, leur manque de moyens, leur salaire de merde. Mais les gens continuaient leur bonhomme de chemin, le médecin était là, le pédiatre était là, le chirurgien aussi, tout allait bien...
Aujourd’hui, c’est le « chacun pour sa pomme ». On ne sort pas parce qu’on obéit, mais aussi parce que les gens ont la trouille, pour eux, surtout pour eux.
La solidarité dont on nous rebat les oreilles existait-elle lors des étés caniculaires ? Qui allait faire boire les vieillards, qui les emmenaient dans les endroits climatisés ? Personne. Parce que chacun avait son ventilateur, sa climatisation et la pleine forme.
Je suis écœurée de l’hypocrisie.
Je suis énervée, par l’impréparation de nos gouvernements, toute une population est asservie et dit Amen. Pas de masques, pas de test, pas de respirateurs.
L’hôpital public engorgé mais les cliniques comptant des lits de réa, vides.
Et l’opération communication se poursuit : tgv médicalisé, avions sanitaires, hôpital de campagne (10 jours pour l’installer et un seul existant dans notre armée ?) même pas rempli etc.
Et les gens sont prêts, mûrs pour accepter tout ce qui sera décidé pour-leur bien-
Tous masqués, tous séparés avec la distanciation. Et on sursaute si quelqu’un s’approche trop près, et on oublie de sourire (derrière le masque pas de problème). Tous ou presque acceptant d’être traqués, numérisés comme du bétail. Pour – notre bien -.
Un monde à plat, à l’arrêt pour la majorité. Altérité ? Que non, individualisme à tout crin.
Et de nouvelles économies vont émerger et les mêmes sauront se remplir les poches.
Parce que, que faut-il pour mener le monde ? Des gens-moutons, bien sages, au cerveau bien lavé, pensant tout ce que l’on leur dit de penser. Oubliant le simple bon sens, perdant tout esprit critique, agissant avec une peur larvée au fond du ventre, bien entretenue par nos dirigeants en tout genre.
Quelle société pour demain ?
Une vie par l’écran ? Une vie avec des masques parce que tellement aseptisée que nul ne prendra le risque d’un rhume. Une vie policée à la japonaise, une vie de dictature à la coréenne ? Une vie où le sens du toucher n’existe plus ?
« Regarde mon bébé, comme il est beau, non, non ne le prends pas dans tes bras, ne touche pas sa peau soyeuse » « Ne va pas voir ton grand-père, il meurt de solitude mais c’est mieux que du covid, ne prend pas sa main aux veines si saillantes, à la peau si fine et si douce, n’essuie pas ses yeux qui en ont tant vu, tu es peut-être porteur sain » « N’enlace pas ni n’étreins cet ami si précieux que tu n’as pas vu depuis si longtemps, distanciation ».
Verbes interdits : embrasser, étreindre, enlacer, caresser, quelle galère.
On leur donnera le revenu universel, on leur donnera une à deux gélules de Soma et vogue le monde...
Alors, je vais suivre ce que l’on me dit de faire parce que je suis citoyenne de mon pays mais je continuerai de rouspéter et de réfléchir par moi même parce que ma liberté et surtout celle de penser différemment m’est essentiel.
Je mélange tout ?
Parfaitement.
Ca fait du bien.
Et le soleil brille, pour tous.
Bonne journée