Ah, quel p’tit plaisir de retrouver l’amateur de bonbons acidulés !
Le Morvan n’a pas l’heur de te plaire.
N’aimes-tu pas les prés où paissent les placides vaches blanches au cul crotté ?
As-tu vu les ruches colorées à l'orée des chênes bien protégées des voleurs de ruches par le taureau qui patauge dans la boue au bord de l’étang ?
N’aimes-tu pas toutes ces maisonnettes grises dont la façade nord est couverte de tuiles sombres et luisantes giflées par la pluie ?
Sais-tu l’histoire de ces maisons de nourrice ?
Ces nourrices au lait généreux allaitant les bébés des bourgeoises parisiennes puis lorsque la mode des premiers biberons est arrivée accueillant sous leur modeste toit, dans leur petite ferme les enfants de l’assistance publique de
Paris.
Sais-tu qu’aujourd’hui encore 30 % des morvandiaux ne connaissent pas leur ancêtres d’hier et avant-hier ?
N’aimes-tu pas ces forêts majestueuses où les chênes et les charmes changent de vêture pour le festival des couleurs dans quelques semaines ?
Es-tu allé te promener sur l’esplanade herbeuse de la forêt des éduens où le regard embrasse jusqu’au Mont-Blanc ?
As-tu bavardé avec un vrai morvandiau dont les mots roulent comme des pierres et as-tu ri, un peu gêné de ne rien comprendre ?
As-tu entendu, au soir tombant, le raire du cerf rauque et déchirant ? La peau se couvre alors des picots de frissons de la nuque jusqu’au creux des reins.
As-tu longé les lacs miroitants sous le soleil ou as-tu préféré le brouillard en écharpe mouillée autour du cou ?
Ayé, te voilà tout ébarluté de tant de merveilles !
J’en ai encore beaucoup sous le coude mais je ne voudrais pas que tu sois tout coeuré, je te vois déjà rezipper des oeillots.
NB : chuis allée voir si mamanpourlavie existe, bé oui ! peut-être as-tu traîné là-bas pour connaître