ROME, 14 sept 2013 -Globe-trotter amateur de risques, l'expert en renflouement de navires Nick Sloane joue sa réputation sur l'île toscane du
Giglio, avec l'opération sans précédent de redressement du Concordia.
Le commandant Sloane, un Sud-Africain 52 ans, le reconnaît: le "parbuckling" (rotation) du paquebot, dont le naufrage, le 13 janvier 2012, avait fait 32 morts sur les 4.229 personnes à bord, est son "plus grand défi".
"Tant par la taille du bateau (aussi long que trois terrains de foot et haut comme un immeuble d'une dizaine d'étages) que par la position dans laquelle il se trouve (couché sur des rochers)", a-t-il expliqué en présentant l'opération à la presse.
Voix douce, silhouette trapue, Nick Sloane, peu à l'aise en public mais charmant en petit comité devant un verre de Chianti dont il est friand, est de ces marins au long cours qui parlent peu mais de façon efficace. Il a une tendresse particulière pour le Concordia et sur le chantier, il arbore un polo frappé de sa devise: "détermination et amour".
Né le 5 juillet 1961 en
Zambie, reçu capitaine de Marine en 1989, il se spécialise très vite dans le sauvetage des navires, et c'est ainsi que depuis près de trente ans, il est reconnu comme un expert mondial dans ce domaine.
Pakistan, Arabie saoudite, Yémen,
Emirats arabes unis,
Etats-Unis,
Australie,
Papouasie-Nouvelle-Guinée,
Brésil,
Mexique,
Hong Kong... Nick Sloane a endossé son costume d'aventurier-sauveteur sur toutes les mers du globe.
"Exposé à de nombreuses reprises à des pressions aussi bien politiques qu'environnementales" - c'est ce que précise sa biographie -, il passe du sauvetage d'un navire incendié par des pirates dans le golfe d'Aden au chantier d'une plate-forme pétrolière au large des côtes mexicaines.
Parmi ses faits d'armes, figure également son intervention sur des oléoducs et des infrastructures pétrolières endommagés en Afghanistan et en Irak après les interventions militaires américaines de 2002 et 2003.
Depuis 2011, il possède sa propre société, la Sloane Maritime Ltd, dont le siège est à l'île
Maurice. Spécialisée dans la gestion de crises navales, elle s'occupe également de consulting dans le secteur pétrolier.
Le chantier du Concordia constitue donc non seulement un enjeu énorme pour sa réputation personnelle en tant que "senior salvage master" mais également un risque financier d'envergure pour sa toute jeune entreprise. Le montant de son contrat est inconnu mais l'opération de renflouement a déjà coûté plus de 600 millions d'euros.
Jeudi, à quelques jours du point d'orgue de ce fabuleux projet, ce père de trois enfants, marié depuis 24 ans, s'est dit "optimiste, vraiment optimiste".
Et pourtant, les choses n'ont pas été faciles dans ce "Parbuckling Project", débuté il y a plus d'un an.
Ainsi, l'hiver dernier, Sloane et ses équipes ont dû affronter le climat spécifique de cette partie de la côte toscane - Sloane a dit redouter "un coup de sirocco, avec de grandes vagues, violentes" - qui avait engendré de nombreux retards.
Autre grosse difficulté désormais surmontée: le sol granitique très dur a rendu difficile le forage et la mise en place d'énormes plateformes qui recevront une partie de la quille du navire une fois redressé.
"On nous a posé beaucoup de questions à l'époque, du type +Etes-vous certain que ça va marcher ? C'est complètement dingue !+", se souvient-il.
A la tête d'une équipe "multiculturelle" de 500 personnes de près de 30 nationalités dont il a loué la "cohésion", il a confié, avec un flegme de golfeur -- son sport favori avec la voile - que lui et ses hommes étaient "excités" et "avaient hâte que l'opération commence".
Si le projet va à bon port, y compris le renflouement proprement dit, Sloane a confié récemment à l'AFP vouloir fêter l'évènement en allumant un cigare: "je m'imagine en train de le fumer sur le pont du Concordia pendant qu'il est remorqué au loin"
GIGLIO (Italie), 15 sept 2013 -La petite île toscane du
Giglio se préparait dimanche au redressement de la carcasse de l'immense paquebot Concordia couché depuis plus d'un an et demi sur son rivage, une première mondiale qui débutera lundi.
Le feu vert officiel a été donné en début d'après-midi par la protection civile italienne.
"Les opérations de redressement du navire Costa Concordia débuteront demain, lundi 16 septembre. Les paramètres du vent et la hauteur des vagues sont compatibles avec les valeurs maximales prévues par les calculs pour la faisabilité de l'opération", indique un communiqué de la protection civile.
"Tous les test ont été achevés, nous sommes en train de mettre la dernière main aux préparatifs et nous n'attendons que le feu vert officiel", avait déclaré plus tôt dimanche un membre de la structure gouvernementale italienne en charge de l'opération.
"L'île est prête pour cet événement et nous sommes très confiants sur son déroulement, nous avons obtenu des assurances de toutes les sociétés et institutions impliquées", a renchéri Alessandro Centurioni, adjoint du maire du
Giglio, en charge de l'environnement. "Je ne manquerai ce spectacle pour rien au monde, je serai au port avec le maire à l'aube, à 05H30" locales (O3H30 GMT), a-t-il confié à l'AFP.
Le spectacle du redressement de ce gigantesque navire, dont le naufrage en janvier 2012 a fait 32 morts, sera suivi en direct par de nombreuses chaînes de télévision et autres médias qui ont accrédité environ 400 journalistes, photographes et cameramen.
Des laisser-passer spéciaux ont commencé à être distribués dès samedi pour l'accès au port et même les habitants de l'île et touristes qui y séjournent devront s'en munir pour pouvoir y accéder.
Les autorités ont dressé un cordon de protection autour de l'épave et à partir du début des opérations, aucune embarcation, à part celles qui participeront au redressement, ne pourra le franchir. Même les vols au-dessus du Concordia seront interdits.
Le petit port de l'île, où arrivent les ferrys avec les touristes, restera fermé toute la journée.
"Redresser le Concordia maintenant représente le moindre risque", a assuré devant les députés le chef de la Protection civile Franco Gabrielli, également commissaire spécial du gouvernement en charge de la gestion du cas Concordia. Les techniciens ont expliqué que le navire aurait difficilement résisté à un troisième hiver dans l'eau de mer.
"La plus grande attention a été portée aux éventuels problèmes de nature environnementale", a-t-il ajouté.
Des barrières marines flottantes anti-pollution ont été déployées autour de l'épave et un dispositif a été prévu pour pomper éventuellement les liquides toxiques qui pourraient se déverser du bateau au cours de l'opération.
Pas moins d'une centaine de personnes participent à cette opération, une première mondiale pour une épave de cette taille, sous la direction de l'expert sud-africain en renflouement de navires, Nick Sloane. Elle doit commencer à l'aube, vers six heures locales (04H00 GMT) et devrait durer pratiquement toute la journée.
Entièrement pris en charge par l'armateur, le coût de l'opération dépasse déjà les 600 millions d'euros et "il augmente", a précisé Franco Porcellacchia, chef du projet pour Carnival, le groupe américain qui contrôle la compagnie Costa.
Le navire, complètement couché sur le flanc droit, a été stabilisé grâce à des centaines de sacs de ciment placés par des plongeurs au fond de la mer, et par une plate-forme, de la taille d'un terrain de football, forée dans le sous-sol marin, sur laquelle viendra reposer le navire.
Le bateau entamera la rotation, tiré par d'énormes câbles d'acier reliés à des tourelles installées pour l'occasion. Puis à partir d'un certain degré, ce sera la force de gravité qui lui donnera la position verticale, selon le projet.
Et ce n'est que dans quelques mois que la carcasse de cet ex-palace flottant, sera renflouée et remorquée loin du
Giglio.
ILE DU GIGLIO (Italie), 15 sept 2013 -Le redressement de l'épave du paquebot Concordia sur l'île du
Giglio débutera lundi matin, a annoncé officiellement dimanche la protection civile italienne, évoquant des conditions météo et marines "compatibles" avec l'opération.
"Les opérations de redressement du navire Costa Concordia débuteront demain, lundi 16 septembre. Les paramètres du vent et la hauteur des vagues sont compatibles avec les valeurs maximales prévues par les calculs pour la faisabilité de l'opération", indique un communiqué de la protection civile.
Les opérations devraient débuter peu après 06H00 locales (04H00 GMT), précise le communiqué.