Costa: quand les officiers perdent leur calme
(il me semble que ce titre a été modifié, à l'origine il était plus virulent ?)
Je trouve quand même qu'il est encore trop racoleur, parce que comme dans la presse
tabloïd, c'est
"la montagne qui accouche d'une souris", il me semble, à la lecture de ce récit, qu'il ne s'agit que d'un
bon coup de gueule comme ils en existent dans tous les métiers quand certains personnels n'agissent pas en adéquation avec la situation donnée, parfois c'est vraiment indispensable pour faire avancer plus rapidement le "shmiblik", bien entendu il ne faut pas que ça devienne une habitude, alors je ne vois pas où se situe le manque de professionnalisme [..], on sait bien que les italiens, avec leurs tempéraments méditerranéens, ont le sang......
chaud, qu'ils parlent avec les mains et plus ils parlent fort plus ils gesticulent !!! [..]
Le titre n'a pas été modifié, c'est bien celui que j'avais mis.
En fait, pour ma première contribution, je n'avais pas vraiment d'idée sur les réactions possibles de la part des forumeurs, mais en revanche, je savais parfaitement que ce fil serait référencé sur le net et lu par les services commerciaux des compagnies de croisières. Et ce n'est pas cet histoire de passerelle, insignifiante et sans conséquence, que je met en lumière, mais le manque de sang froid avec lequel elle a été traitée.
"Un bon coup de gueule quand certains personnels n'agissent pas en adéquation avec la situation donnée, parfois c'est vraiment indispensable pour faire avancer plus rapidement le shmiblik" est peut être une façon possible de gérer un problème sur un chantier de travaux public ou sur une barge à charbon, mais elle n'a pas sa place au sein des officiers d'un navire avec 3000 personnes à bord, encore moins pour faire avancer "rapidement" ce qui ne présente pas d'urgence de sécurité. Si l'équipage n'agit pas comme il le doit, il faut comprendre pourquoi et y remédier (mise en place de procédures, formation, sélection etc...).
Le "sang chaud" des italiens n'avait pas sa place ici. On attend (j'attends ?) de leur part une analyse juste et une prise de décision sereine dans ce type de situation qui impliquait aussi un autre navire. On n'était pas ici en situation de stress et c'est ce type de situations qui permet de réfléchir sur ce qui peut être amélioré ou mis en place. Et on en était loin....
Je ne veux pas rentrer dans une longue description sur la prise de décision, mais pour faire simple, la prise de décision en situation d'urgence et de stress suit un tout autre schéma qui souvent entraine une perte des capacités d'acquisition de l'environnement pour réagir au profit de schémas qui répondent à la recherche d'un retour à une situation perçue comme rassurante et immédiate (se jeter dans le vide à la vue des secours par exemple). D'où l'importance à créer des schémas dans lesquels le calme, l'observation et la technique d'acquisition de l'environnement sont pris en compte.
Et c'est à travers de petits incidents comme cela que ça peut être mis en place. Dans la prise de décision sur une technique acquise (conduire une voiture, piloter un avion, manœuvrer un navire etc...), il y a en situation extrême un "back to basics", on fait mécaniquement ce que l'on a appris en premier: On cherche la pédale d'embrayage si on a appris à conduire sur une voiture manuelle, on se met à parler dans sa langue natale, etc..., bref, on ne réfléchit que sur les données primitives que l'on a acquises. Tout l'art de la formation et de l'entrainement étant justement d'élargir au maximum les schémas qui permettent de reculer cette barrière du back to basics pour prendre des décisions justes, même en situations extrêmes. Et c'est pas facile....
Aussi je ne suis pas mécontent de voir au fil des messages qu'il y a une attente de nous, passagers de navires de croisières, pour que les compagnies intègrent ces notions dans leur formation.