Bonsoir,
le pays qui m'a le plus déçue ?
La Croatie,
mais c'est à relativiser, car d'une part je n'en attendais rien de particulier personnellement, et d'autre part, cela a débouché sur une découverte plus qu'agréable.
Je m'explique. (
attention, les pressés que ça intéresse éventuellement, passez directement à la fin du message ; j'ai pris le temps de répondre, et quand je commence, ça peut être -très- long)
-- (début de la parenthèse
)
Printemps 2004 : faut réfléchir au voyage estival... Une schroumpfette de presqu'un an et demi, un homme "frileux", du genre, "tout m'inquiète, surtout ce que je ne connais pas" (ah ! lutter contre l'éducation reçue, le manque d'ouverture qu'on a essayé de me transmettre, l'envie quand même...à contre-courant, etc. - les Alsaciens, pour les secouer, faut se lever tôt

)
Bon. Pas envie de retourner une énième fois en
Bretagne. Les Pyrénées ? Avec la petite dans le "sac à dos", bof, bof) Les vacances chez les beaux-parents, au secours !!!! Les beaux-parents en vacances chez nous pour découvrir la région, au secours bis, ter et plus !!!) Faut partir ! Plus loin, et plus longtemps.
La
Croatie, c'est à la mode (flûte, mauvais point), c'est pas trop loin mais suffisamment pour ne pas avoir à subir...
Pas convaincue du tout.
Quelques souvenirs de gamine, rien de très marquant non plus. Mais pourquoi pas ? J'ai "connu" la Yougoslavie, découvrons les Etats indépendants !
- Moi : "La
Croatie ? Oui, mais... Tant qu'à faire... Nous préférons la montagne à la mer, on va s'em....der ferme sur la côte. Et puis,...
Sarajevo... le violon et le haut-bois du Regard d'Ulysse, la cinémathèque et les larmes d'Harvey Keitel... Mostar... Et, surtout ! LE PONT SUR LA DRINA !!! C'est trop bête d'en être si près et de ne pas aller s'assoir sur la kapia. Dis, si on faisait un compromis entre
Croatie et
Bosnie ?"
- Re-moi : "Et puis, une fois à Dubrovnik, Kotor est à côté, le
Monténegro, ça ne te dis pas ? Et une fois à Kotor, le parc de Durmitor, ça a l'air vraiment chouette pour randonner. Et, et... »
- Lui : "Gnangnangnan, scrogneugneu.... Trop dangereux, pas sûr ce pays. Non, on reste en
Croatie, si tu veux, on fait un saut à Mostar"
- Moi ; « t'es lourd ! Y'a rien de dangereux, arrête ton délire alsacien ! Coupe le cordon !»
Etc.
Bref, nous partons pour 4 semaines. Destination :
Croatie avec une "escapade à Mostar"...
Voilà, nous y sommes.
Rovinj. C'est cher, il fait moche, on a beau dire "Dobar Dan", on nous répond "Guten Tag". Il en faut moins pour m'énerver, mais bon, allez, c'est les vacances.
Un peu plus au sud : c'est cher, il fait moche, on a beau dire" Dobar Dan", on nous répond "Guten Tag". Il en faut moins pour m'énerver, mais bon, allez, c'est les vacances.
Encore plus au sud : c'est cher, il fait moche, on a beau dire « Dobar Dan », on nous répond « Guten Tag ». Il en faut moins pour m'énerver, mais bon, allez, c'est les vacances.
Une semaine a passé, et on a écourté nos étapes. On va battre le record : Alsace-Dubrovnik en 10 jours allez-retour...
Le palais de Dioclétien ne suffit pas (faut l'faire quand même !). Et même "lui" commence à en avoir marre (faut l'faire quand même !)
Reprise de la négociation :
- Moi : "euh... dis, si on filait en
Bosnie ? Tu sais, Mostar,
Sarajevo, Visegrad... Et le
Monténegro, t'es vraiment sûr de ne pas vouloir y aller ?"


- Lui (un peumoins sûr de lui) : "Mmmh... j'sais pas. Allez ouais, on y va. Mais... attention, au moindre souci, demi-tour"
- Moi : "Mmmh, ce que femme veut... "
- Lui "Gnangnangan"

- Moi : "mais non, au moindre souci, demi-tour"

Au final
4 semaines, dont au moins 3 prévues pour la
Croatie. A l'arrivée : 1 semaine en
Croatie, 1 semaine en
Bosnie (ah, le petit vieux qu'on a ramené dans un village paumé, la cinémathèque de
Sarajevo, moment surréaliste : « do you now Ulysse's gaze, etc. »), la kapia sur la Drina...), une semaine au
Monténegro... Moi, au bord du lac de Skadar "dis, et si on allait en
Albanie, là, maintenant tout de suite ? Lui : « tu crois pas que tu exagère un peu, là ?"

.--
Donc... (pour ceux qui ont zappé la parenthèse – désolée, j'avais un peu de temps, que j'ai meublé à ma façon..


.) :
Quand on n'a pas d'itinéraire prédéfini, quand on se garde toute liberté de mouvement, les déceptions éventuelles (par rapport à ce qu'on attendait du lieu visité) peuvent donner naissance à des improvisations qui ont du sens. Et... dont on se souvient !
Morale de l'histoire : la déception de l"'autre" fait le bonheur (de l'"une" et des "autres").