En réalité, quand j'ai pris la décision de partir, c'est volontairement que je n'ai pas pensé à la question du retour. Mon départ émanait avant tout d'une envie très forte. Et puis, je voulais vivre le plus pleinement chaque instant, sans me soucier d'une éventuelle réadaptation. C'est d'ailleurs peut être ça qui a fait le succès de mon voyage. Je suis parti sans guide, sans même une adresse pour le premier soir. Je révais de l'Asie. L'excitation était trop forte.... Ce sont toutes mes rencontres qui ont dessiné petit à petit mon parcours. Comment imaginé quelques mois plutôt que j'allais vivre pendant 1 mois au milieu d'un village népalais à 4000m à la frontiére tibétaine dans l'Himalaya, que j'allais faire de l'humanitaire au
Laos, passer de longues heures à discuter avec des moines boudhistes, partagé des moments de complicité avec des cambodgiens qui me raconteront avec le sourire l'atrocité du génocide, vivre en direct les attentats à
Jaipur en
Inde, être invité par toutes ses familles à travers le monde....J'essaie de penser à tout ce que j'ai pu vivre. J'avoue que c'est encore un peu confus. Difficile de résumer ce que j'ai vécu...
Qu'il est bon pourtant de savoir quitter ses habitudes, de toujours découvrir sans jamais se lasser, d'écouter et d'essayer de comprendre des mondes différents. Et puis, quelle sensation de liberté, en voyage, on se sent vivre intensément. Pas de routine, tous les jours de la nouveauté. On se déplace, tous les gens que l'on croise sont différents. J'ai essayé au maximum de m'écarter des routes touristiques, mon but était clair, vivre la vie des locaux (attention je suis bien conscient qu'il n'y a rien d'exceptionnel, les voyageurs recherchent en général ce type d'aventure - c'est l'effet de Maximy), mais avant tout me rapprocher au plus près de ce que je suis réellement, c'est à dire un être libre. En fait, quand j'y repense maintenant, j'avais une confiance en moi extraordinaire. L'impresion que rien ne pouvait m'arrêter. D'où, toutes ces prises de risque. Ma motivation première était la découverte, de ce monde inconnu mais aussi de mon moi, toujours apprendre....
Ceux qui connaissent ce type de voyage se reconnaitront. Pas ou peu de galère finalement. Pourtant, je pensais être quelqu'un de plutôt prudent dans la vie. Une vie bien rangée en
France, un boulot, une copine, un appart sur
Paris, des amis, une vie simple et heureuse je dirais. J'ai ettoné et inquiété beaucoup de mes proches en quittant ce monde. Il était difficile de comprendre pourquoi cette envie de tout quitter.
Je savais que ce voyage était nécessaire et qu'il y'avait un potentiel enfoui, mais c'était seulement en partant que je le découvrirai.
Pourtant aujourd'hui, j'ai l'impression que mon voyage est très loin (je suis revenu en septembre). Je n'ai plus du tout cette assurance que j'avais et je me suis laissé rattrappé par la société de consommation, par les soucis quotidiens de la vie, par les détails...Bref, je ne vais plus à l'essentiel. J'ai beaucoup de mal à parler de mon voyage et de toute façon je me sens incompris, même par mes meilleurs amis. J'ai tendance à être paradoxalement moins tolérant avec certains. J'ai envie de faire quelque chose de ce voyage. Mais quoi ? J'ai dû reprendre un travail en revenant mais je me sens tellement loin du monde de l'entreprise. A bien y réfléchir, je pense qu'il est plus facile de partir que de revenir.
Malgré tout, j'essaie de prendre tout ça du bon côté : une nouvelle aventure commence pour moi, après avoir réussit mon voyage, réussir mon retour !