L'expérience, ce n'est pas vraiment la mer à boire, quoiqu'avec la mer on n'en sait jamais assez. Par contre, le programme que vous annoncez n'est pas à la portée du premier venu.

Moi-même, il ne me viendrait pas à l'idée de me promener dans ces endroits mal pavés avec ma barque. Je suis passé là-bas deux fois, mais c'était à bord de bâtiments qui déplaçaient plus de 400000T donc on tourne la page, n'en parlons pas.
À la limite, un tour du monde par le chemin des écoliers avec un 8 ou 9 mètres, pourquoi pas? C'est jouable dans la mesure où, si vous partez seul, la manoeuvre sera en principe plus facile que sur un 15 mètres. La meilleure école? À l'époque, nous avions en effet les Glénans, mais il paraîtrait (le conditionnel s'impose) que cette école, une référence autrefois, ne l'est plus aujourd'hui. Il m'arrive encore d'ouvrir leur livres quand je pars en mer. Finalement, la meilleure école est celle de la modestie, de l'humilité face aux éléments, celle où vous devrez constamment vous remettre en question. Accepter que le dernier mot appartient à la mer et que jamais il ne vous sera accordé. Voilà pour l'esprit avec lequel il faut envisager votre projet. En pratique, il est vivement conseillé d'embarquer sur un de ces voiliers dont le propriétaire n'est pas trop carré. Là aussi, je parle de l'esprit et non de la table sur laquelle vous aurez le plaisir de renverser votre assiette quand tout bouge. Un petit détail qui a son importance et dont on n'a pas encore parlé depuis le début de ce sujet: au cours de ces premières navigations, vous découvrirez si vous êtes sensible au mal de mer... À ne pas négliger. Si c'est franchement insupportable, le mieux serait de faire le tour du monde à bord d'un avion solaire par les trois caps puisque vous êtes pilote.

Cela dit, il ne faut pas diaboliser la mer. Si vous et votre bateau êtes bien préparés, les vrais problèmes, vous les rencontrerez généralement à terre, ou près des côtes avec les administrations tatillonnes, mais rarement au large. Là, on vous fout la paix... en principe.