| Passages de frontières Xrctn · 22 January 2015 à 14:54 · 279 photos 398 messages · 45 participants · 33 962 affichages | | | | À: Xrctn · 30 March 2015 à 16:31 Re: Passages de frontières Message 41 de 398 · Page 3 de 20 · 1 908 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
décembre 2014
c'était des policiers rigolos 
frontière Burkina Faso-Togo - postes en brousse
cote burkinabé - sortie de territoire
" -on ne peut pas vous mettre la sortie" - et pourquoi donc ? - parce qu'on a pas le tampon."
y'avait au moins vingt tampons sur le bureau, mais pas le bon. Il aurait fallu que je remonte à plus de 17 km dans le territoire pour "aller voir"' s'ils avaient le tampon, je leur dit tant pis, je sortirais sans.
2 km plus loin
côté Togo - entrée au Togo
- je voudrais un visa de transit s'il vous plait. (le policier regarde mon passeport, un smarphone en main - un poste frontière en pleine brousse) - vous vous appelez "B... G..." ? - oui - ha ben.... (une minute)... c'est ça votre page facebook ?" (en me tendant le smartphone)
bon pas de soucis pour le visa, mais je les ai trouvant relax ces policiers des frontières, des deux côtés. 
et aussi les moins drôles : l'immigration togolaise à Lomé : les plus désagréables (demande de prolongation de visa)
- traités comme des chiens (et encore la spa porterait plainte) - pas de reçu ni récépissé de la remise du passeport - passeport jeté en tas sur une table - remise du visa le lendemain (miracle le passeport n'a pas été perdu) tout aussi désagréable.
je me pose la question : le mauvais caractère est-il un critère de sélection pour la police des frontières au Togo ? | | | À: Cambrousse · 1 June 2015 à 6:45 Re: Passages de frontières Message 42 de 398 · Page 3 de 20 · 1 800 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Il y a aussi les frontieres vues de haut...
Sur cette photo du golfe d' Aqaba quatre pays se rencontrent. A gauche: l' Egypte et le SinaiA droite: l'Arabie Saoudite En haut a gauche: Israel et EilatEn haut a droite: la Jordanie et Aqaba
Ce vol de jour entre Dubai et Barcelone fut une excellente surprise car un peu plus loin, j'observais du hublot une ex-frontiere: le canal de Suez et la Mer... Rouge.
Ce fut un vol superbe mais j'ai encore de la peine a me remettre du torticoli que j'ai attrape ! A+
PS Je prefere malgre tout traverser les frontieres plutot que les survoler... | | | À: Xrctn · 1 June 2015 à 14:03 Re: Passages de frontières Message 43 de 398 · Page 3 de 20 · 1 773 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Du beau bleu
Et il n'y a rien de drôle, pas de gentils douaniers, pas de tempons oubliés, pas de... à survoler des frontières | | | À: Xrctn · 1 June 2015 à 14:25 Re: Passages de frontières Message 44 de 398 · Page 3 de 20 · 1 770 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
très chouette ! plus joli que les affreux postes frontières entre Maroc et Mauritanie
coté marocain.....
suivez la "piste"...
on arrive au poste mauritanien...
| | | À: Cambrousse · 1 June 2015 à 14:34 Re: Passages de frontières Message 45 de 398 · Page 3 de 20 · 1 765 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Ça semble plutôt sympathique | | | À: Pierroro · 1 June 2015 à 14:39 Re: Passages de frontières Message 46 de 398 · Page 3 de 20 · 1 763 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
C'est total fun 
mais ceci dit, les fonctionnaires des deux cotés sont très gentils et courtois. rien à dire ! 
dommage quand même pour cet état des lieux sinistres | | | À: Cambrousse · 1 June 2015 à 16:52 Re: Passages de frontières Message 47 de 398 · Page 3 de 20 · 1 750 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Sacré no man's land. Il y en a de plus beaux que d'autres... Merci Cambrouse pour ces photos. J'espere que tu en a pris d'autres aux differentes frontieres qui menent au Benin...
Pierroro, tu as raison c'est en fait extremement frustant de survoler ces frontieres que j'adore tant. Mais le plus extraordinaire dans cette histoire est de constater combien les deux ennemis ( Israel et l'Arabie Saoudite) sont si proches. Pour ce qui est d' Israel, vu l'etat actuel des choses, je n'ai aucun souhait d'y aller (pourtant quand je suis alle en Jordanie je n'y etais qu'a quelques metres litteralement - le Jourdan n'est pas tres large! voir photo plus bas). Quant a l'Arabie Saoudite, on n'y accepte pas les touristes !
Un jour peut-etre???
Enfin, ce fameux Canal de Suez est peut-etre l'ex-frontiere entre l' Egypte et l' Israel mais il reste malgre tout une "frontiere continentale". La se termine l'Afrique et commence l'Asie (et reciproquement!). Hasta la proxima.
| | | À: Xrctn · 14 June 2015 à 20:48 Re: Passages de frontières Message 48 de 398 · Page 3 de 20 · 1 715 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
D'autres frustrations avec... les frontieres terrestres... fermees !?
Aujourd'hui coup double avec en premier la frontiere entre l' Armenie et la Turquie pres du Mont Ararat. Curieusement le Mont Ararat est le symbole de l' Armenie mais se trouve en Turquie. Photo prise plus tot aujourd'hui au monastere de Khor Virap. Les miradors sont en Armenie et juste apres la riviere (cachee) la Turquie.
Quelques kilometres plus loin rebelote a Yeraskh, avec l' Azerbaijan cette fois. Grosse barricade et guerite gardee, impossible de s'approcher.
Curieux patelin Yeraskh, cul de sac pourtant trois pays se trouvent a moins d'une quinzaine de kilometres ( Turquie, Azerbaijan et Iran) voir lien: goo.gl/maps/deOPd
A+ X
| | | À: Xrctn · 15 June 2015 à 3:12 Re: Passages de frontières Message 49 de 398 · Page 3 de 20 · 1 697 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Re-bonjour Xavier, le "malade" des frontières 
Je reviens d'un court séjour sur/dans/de (?) votre blog et j'ai refait notre voyage à Cuba... en votre compagnie. En avril nous avons séjourné 3 semaines à Cuba et avons, mon épouse et moi, mis les pieds dans vos pistes (avec en plus Varadero pour la plage... après 4 mois d'hiver, nous la méritons, la plage).
PS: nous avons même rencontré des Australiens, oui, oui, nous "Aussies"! | | | À: Pierroro · 20 June 2015 à 21:39 Re: Passages de frontières Message 50 de 398 · Page 3 de 20 · 1 659 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
PS: nous avons même rencontré des Australiens, oui, oui, nous "Aussies"!
Normal ils sont partout... Et nous, nous avions rencontre un charmant couple de Canadiens a Trinidad. Ex aequo donc ! | | | À: Xrctn · 20 June 2015 à 22:05 Re: Passages de frontières Message 51 de 398 · Page 3 de 20 · 1 655 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Les frustrations frontalieres se poursuivent... cette fois en franchissant la frontiere entre l' Armenie et la Georgie en train mais... au milieu de la nuit !!! Rien a voir donc. Les douaniers armeniens sont montés a la derniere gare armenienne et ont controlé les passeports munis d'un scanner portable (trés sophistiqué!). A la gare georgienne, une poignee de douaniers et autant de chiens errants. Les douaniers ont collecté tous les passeports sont partis dans leurs bureaux puis sont revenus nous les rendre apres avoir appose un beau tampon vert.
Bref rien d'excitant.
Par contre aujourd'hui en allant visiter le monastere de Davitgareji, la route ou plutot la piste passe a quelques centaines de metres de la frontiere entre la Georgie et l' Azerbaïdjan. ( goo.gl/maps/1s1rz ) La j'ai eu ma dose (petite) d'excitation en prenant une photo d'un mirador georgien et la cloture (succession de poteaux blancs delimitant de frontiere. En prime j'ai meme rencontré deux soldats georgiens sur un quad. Wooah !!!
Aggrandissement de la seconde photo Ceux qui ont de bons yeux devineront les poteaux blancs...
A+ X | | | À: Xrctn · 24 June 2015 à 10:08 Re: Passages de frontières Message 52 de 398 · Page 3 de 20 · 1 621 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
L'avantage des 'petits' pays est que l'on atteint rapidement leurs limites donc leurs frontieres. Une frontiere un jour, une autre le lendemain, a l'autre extremite du pays... Pour ce qui est de les passer, c'est une autre histoire !
L'unique point de passage entre la Georgie et la Russie se trouve au milieu des montagnes du Caucase et est accessible par une route qui reserve quelques surprises (nids de poules, vaches, epingles a cheveux, camions, chauffards...).
Visitant le parc national de Kazbegi ( goo.gl/maps/EtjfT ), il "me fallait" voir de plus pres cette frontiere... mais helas pas de la franchir faute d'avoir un visa russe.
Apres avoir depasse une file impressionnante de camions en attente, je suis arrive dans une zone en travaux et ai pu "admirer" le poste frontiere georgien qui se situe a l'entree d'un tunnel... Helas il n'y avait pas moyen de voir le poste russe : ( Demi frustration...
PS Oui, je sais il faut avoir un grain pour faire des kilometres pour prendre une photo d'une bicoque et de bulldozers... pourtant une fois la bas, j'ai rencontre un mec qui etait la pour les memes raisons: "Only to look!" qu'il m'a dit. Je me suis senti moins schnock. | | | À: Xrctn · 24 June 2015 à 13:43 Re: Passages de frontières Message 53 de 398 · Page 3 de 20 · 1 608 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Ah enfin un passage de frontieres comme je les aime... Ce dernier a eu lieu hier en fin d'apres-midi dans le train entre Tbilisi et Bakou. J'ai ainsi pu prendre quelques photos de gares, de trains mais pas de douaniers ni de soldats ( jamais une bonne idee !).
Gardabani, derniere gare de Georgie. Excitation, attente sous une chaleur de bete car l'air conditionne ne marche pas quand le train est a l'arret et interdiction de descendre tant que les formalites douanieres ne sont pas terminees.
Passage des douaniers georgiens dont l'uniforme ressemble a celui des flics New Yorkais. Ramassage general des passeports et attente. Un autre jette un vague coup d'oeil aux valises. Je grille une clope sur le quai et depense mes derniers Laris a la petite bicoque au fond du quai en achetant une paire de bieres et des bretzels.
Coup de sifflet
Le train se met en branle et poursuit doucement son chemin dans la plaine. Les poteaux electriques ont change de couleur. Nous sommes maintenant en Azerbaidjan. Yeh!
Quelques kilometres plus loin, arret a la gare de Boyuk ( goo.gl/maps/NbCzc )
L'alphabet a change ainsi que les uniformes des douaniers. Des soldats en treuillis gardent le quai. Personne ne descend, au contraire tout le monde monte, c'est a dire douaniers, chiens, militaires avec de curieuses antennes et le personnel des services financiers.
Un premier douanier inspecte passeports et visas volants et les embarquent avec lui. Nous suons 1000 gouttes. Bien plus tard, chaque passager est appele dans un compartiment vide requisitione pour les ultimes formalites. Un douanier a installe une valise avec scanner et camera ( encore mieux que les Armeniens !!!). Petit sourire pour le monsieur, la recompense un joli tampon bleu nickel.
Une bonne heure plus tard... nous repartons alors que le ciel devient rouge.
Gardabani - Georgie
L'entre-deux gares
Poste frontiere - Azerbaidjan
Boyuk - Azerbaidjan | | | À: Xrctn · 24 June 2015 à 19:13 Re: Passages de frontières Message 54 de 398 · Page 3 de 20 · 1 596 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Bonjour Xavier,
J'ai lu avec plaisir tes aventures transfrontalières rapportées comme des saynètes (il te reste à nous conter le passage de la frontière que tu n'as pas franchi et je ne doute pas que ce sera le meilleur!  ), j'entends ta fascination pour ces lieux...
Et pourtant je n'aime pas les frontières. Pas tant à cause de ce moment du passage pendant lequel on est à la merci d'un individu que parce que les frontières séparent. Des Balkans au Soudan, les nouvelles frontières érigées de par le monde le réduisent et réduisent l'horizon de ceux qui les mettent en place, institutionnalisent des communautarismes. Parce qu'au prétexte de protéger, elles excluent. Pire, il arrive qu'elles privent de liberté des peuples, captifs de leurs propres dirigeants. Et que dire de frontières perméables aux marchandises et aux capitaux mais hermétiques aux hommes!? Ô Vintimille! | | | À: Voyajou · 25 June 2015 à 11:38 Re: Passages de frontières Message 55 de 398 · Page 3 de 20 · 1 551 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Salut Jean-Luc, Merci pour les commentaires. Je partage ton avis sur le cote reducteur qu'ont les frontieres. Cependant les frontieres ont toujours existe, elles n'ont fait que bouger ou d'etre officialisees.
Par exemple, meme s'il n'existe plus officiellement de frontieres dans une grande partie de l'Europe, elles restent neanmoins visibles et palpables, il suffit de traverser le Rhin, de passer le tunnel du Mont Blanc ou celui sous la Manche pour s'en rendre compte.
Mais tu l'auras compris mon attraction tient davantage au cote physique et au cote irreel de la chose. Je trouve tout simplement extraordinaire qu'il ne suffit parfois que d'une riviere, d'un tunnel ou plus betement une ligne droite au milieu de nulle part pour tomber dans un monde different. Quant au cote theatral d'un passage de frontieres, je ne fais que l'observer et ne l'apprecie pas toujours meme si je ressens parfois un certain thrill.
Un monde sans frontieres est certes un beau concept mais reste malheureusement une utopie. Le debat actuel et la politique en Europe (et en Australie !) a propos des boat people indiquent clairement qu'un monde sans frontieres n'est pas pour demain.
En fait la cloture de ton jardin ou la porte de ton appartement sont aussi (a une autre echelle bien-sur) comme les frontieres d'un pays. Imagines-tu les ouvrir en permanence et a quiconque ?
Vaste debat... | | | À: Xrctn · 25 June 2015 à 19:51 Re: Passages de frontières Message 56 de 398 · Page 3 de 20 · 1 511 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Juste quelques photos de frontieres... surprenantes ! www.konbini.com/...-2/frontiere-images/ | | | À: Xrctn · 26 June 2015 à 6:01 Re: Passages de frontières Message 57 de 398 · Page 3 de 20 · 1 484 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
A propos d'un monde sans frontieres, cet article du Monde paru le 25/06/15 tombe a point: (desole pour le formattage du texte qui rend la lecture un peu penible)
Et si on ouvrait les frontières ?
Imaginez que tous les pays ouvrent en même temps leurs frontières et autorisent la libre circulation des individus sur leur territoire. Que se passerait-il dans l’immédiat ? Au bout de vingt-cinq ans ? Hier considérée comme une utopie, cette question est devenue un véritable objet d’étude. Et les scientifiques commencent à y apporter des réponses, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les timides mesures prises face à la crise migratoire au sujet de laquelle l’ Europe se déchire. Le sujet, pourtant, reste dans le secret des laboratoires. Il en sera ainsi tant que les gouvernants construiront leur politique dans ce domaine en se laissant guider par l’opinion publique plutôt que par les résultats scientifiques.
1 500 morts depuis janvier
En attendant cet hypothétique virage, l’escalade continue. Depuis janvier, plus de 100 000 personnes sont arrivées sur les côtes grecques et italiennes, et plus de 1 500 sont mortes au cours de la traversée. Les migrants, de plus en plus, mettent leur vie en danger pour profiter de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, censée garantir le droit à « toute personne (...) de quitter tout pays, y compris le sien ». Les frontières, elles, sont toujours plus hermétiquement protégées. A l’entrée de l’Europe comme sur les autres continents, des murs s’érigent ici et là. Et cette course sécuritaire, qui a déjà coûté, selon le consortium de journalistes européen The Migrants Files , 1,6 milliard d’euros aux contribuables du continent depuis 2000, ne donne aucun signe d’essoufflement.
Pour sortir de cette « incapacité où nous sommes actuellement d’imaginer un monde où l’on circule librement, sans visas et même sans passeports, comme c’était la norme avant 1914 », la juriste Idil Atak (université Ryerson, Canada ) et la politologue Speranta Dumitru (université Paris -Descartes) ont fait de cette possible ouverture des frontières le thème du dernier numéro de la revue Ethique publique. Un autre groupe de recherche, baptisé Mobglob (pour « Mobilité globale et gouvernance des migrations »), s’est constitué autour de politologues, de sociologues, d’un géographe et d’un anthropologue pour creuser le sujet. Cette dizaine de cerveaux du CNRS, de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) ou de Sciences Po conjuguent leurs approches pour reprendre sur d’autres bases un débat qu’ils estiment mal posé.
« Quelles seraient les conséquences immédiates et à vingt-cinq ans d’une mise en place mondiale de la libre circulation ? », se demande à voix haute Hélène Thiollet.
Cette chercheuse du CNRS, associée à l’Institut international des migrations d’ Oxford, coordonne Mobglob avec la politologue Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS et docteur en sciences politiques.Idées fausses Référence universitaire sur les flux migratoires, cette dernière avait publié, dès 1999, un petit ouvrage intitulé Faut-il ouvrir les frontières ? (Presses de Science Po). Le texte ne fut pas un succès de librairie, mais il ouvrit la porte à une réflexion que les chercheurs Antoine Pécoud et Paul de Guchteneire prolongèrent en 2009 avec Migrations sans frontières. Essais sur la libre circulation des personnes (Editions Unesco). Une thèse sur laquelle une petite partie du landerneau de la pensée juge désormais contre-productif de faire l’impasse, à l’heure où la mondialisation permet aux marchandises et aux capitaux une liberté qu’elle refuse aux hommes.
« L’opinion croit encore que les immigrés coûtent cher. Ces mensonges ne sont jamais contredits par les politiques » Catherine Wihtol de Wenden, politologue
« On vit sur des idées fausses, affirme Catherine Wihtol de Wenden . L’opinion croit encore que les migrants vont prendre le travail des Français, que les immigrés coûtent cher. Ces mensonges ne sont jamais contredits par les politiques. Tétanisée par la montée de l’extrême droite, la classe politique ne veut pas ouvrir le débat. Pire, elle ajuste son discours et son action sur l’opinion publique, ce qui rend nos solutions aussi décalées qu’inadaptées. » Même discours de la part de Hein de Haas, codirecteur de l’Institut international des migrations (IMI) et professeur associé à Oxford, qui rappelle régulièrement que « les Etats ont perdu leurs moyens d’agir efficacement sur les flux de migrants mais veulent continuer à faire croire qu’ils maîtrisent les migrations ».
Dans son laboratoire de Sciences Po, Hélène Thiollet observe les flux migratoires comme un objet scientifique. Sur ses ordinateurs, elle fait varier toute une série de paramètres pour suivre les mouvements de population dans différents cas de figure. « Les sciences dures, explique-t-elle, nous ont habitués aux projections. Nous sommes aujourd’hui capables de construire des modèles montrant des évolutions à dix, vingt ou trente ans. C’est vrai pour la démographie ou pour la température des océans. Notre groupe, lui, propose de réaliser ce même travail sur les migrations. Nous observons donc ce qui se passerait juste après la mise en place d’une libre circulation mondiale, et ce qu’on peut attendre au bout de vingt-cinq ans. Nous allons écrire des scénarios possibles en fonction de la variation d’une multitude de paramètres allant des évolutions du marché du travail aux lois sociales. »
« Dans tous les cas de figure, une ouverture globale des frontières ne conduirait pas à une explosion des arrivées en Europe » François Gemenne, politologue
Partant de cette base de travail, Mobglob est déjà arrivé à une série de conclusions d’étape, que le politologue François Gemenne a accepté departager avec Le Monde. « S’il est trop tôt pour donner une fourchette précise, nous observons que, dans tous les cas de figure, une ouverture globale des frontières ne conduirait pas à une explosion des arrivées en Europe, affirme ce chercheur en science politique à l’université de Liège (Cedem) et à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (Cearc).Aujourd’hui, les migrants représentent 3,2 % de la population mondiale. A la fin du XIXe siècle, au lendemain de la révolution industrielle, ce taux était de 10 %. Or aucun de nos scénarios ne tend vers ces 10 %. Ni à un an ni à vingt-cinq ans. »
Pour parvenir à ces premières conclusions et construire des modèles robustes, des terrains d’étude précis ont été scrutés. Les universitaires ont focalisé leur regard sur six couples de pays : soit des duos entre lesquels s’est déjà écrite une histoire de l’immigration, comme le couple franco-marocain soit des tandems entre lesquels peut s’écrire un scénario à venir , comme la Chine et le Japon . L’évolution de la démographie japonaise est un des paramètres qui feront fluctuer le nombre d’arrivées de Chinois, au même titre que les politiques menées en Chine . L’abandon ou non du passeport intérieur comme l’arrêt total – ou le maintien partiel – de la politique de l’enfant unique changent la nature et l’importance des flux de sortie.
De même, Mobglob prédit les variations du taux de départ de diplômés indiens vers les Emirats arabes unis en fonction de la manière dont ces petits Etats négocient le virage de l’après-pétrole , mais aussi du taux de croissance que connaîtra l’Inde . Les regards du géographe, de l’anthropologue, du sociologue et des politologues se croisent sans cesse dans la construction des schémas, pour n’oublier aucun paramètre majeur.« Nouveaux nomades »
« La libre circulation change les flux, estime Hélène Thiollet. Il ne faut pas s’attendre à des invasions dans les zones actuelles d’immigration, comme on serait tenté de le faire a priori, car d’autres logiques se mettent en place. » L’ouverture des frontières fait naître de « nouveaux nomades ».« Comme ils pourraient aisément aller et venir, les migrants s’installeraient moins volontiers de manière définitive dans un pays tiers. Dans certaines zones, il se dessinerait même une migration pendulaire faite d’allers-retours réguliers », observe la chercheuse. Ce pourrait être par exemple des travailleurs saisonniers venant chaque année d’un pays voisin.
Où iraient-ils, ces migrants sans frontières ? A l’heure actuelle, notre continent reste globalement la destination la plus prisée, avec une très légère avance sur l’Asie. Selon les chiffres 2013 de l’ONU, sur les 232 millions de personnes qui vivent ailleurs que dans leur pays de naissance, 72 millions sont installées en Europe, 71 millions en Asie et 53 millions en Amérique du Nord 81,9 millions de ces nomades modernes sont passés d’un pays du Sud à un pays du Nord 82,3 sont restés en zone sud en changeant d’Etat 53,7 millions ont migré à l’intérieur de la zone nord et 13,7 millions sont passés du Nord au Sud.
Or, une fois les frontières tombées, les mouvements à l’intérieur d’une région pourraient s’accentuer : un nombre plus important d’Africains s’installeraient dans un autre pays d’Afrique que le leur, de même pour les Asiatiques en Asie. « Dans certains cas de figure, on remarque même une augmentation de 50 % des flux régionaux un an après notre théorique ouverture des frontières », précise Antoine Pécoud, lui aussi associé à Mobglob.Entre les mains des passeurs Changer de continent reste en effet une épreuve humaine et financière très lourde. Elle arrive souvent en bout de chaîne, lorsque le migrant a épuisé toutes les tentatives de s’installer dans un pays voisin du sien. Ce qui se passe déjà au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) illustre parfaitement cette réalité : la Côte d’Ivoire compte déjà 2,5 millions de travailleurs venus des pays voisins. En Europe aussi, cela se passe ainsi. « L’ouverture des frontières européennes depuis 1995 a créé une circulation intrarégionale accrue et des migrations de moins longue durée », constate François Gemenne.
« Rendre les passages d’un pays à l’autre plus poreux ou plus contrôlés ne change rien à la décision de partir » Bertrand Badie, politologue
Tournés vers l’avenir, ces travaux permettent également de mieux comprendre les facteurs qui président au départ. « Une chose est claire, que les politiques ne semblent pas avoir intégrée : une migration se joue bien ailleurs que sur une frontière, rappelle le politologue Bertrand Badie, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).Rendre les passages d’un pays à l’autre plus poreux ou plus contrôlés ne change rien à la décision de partir . Cela modifie en revanche le choix d’une trajectoire, cela fait prendre plus de risques et augmente le coût – financier et humain – du voyage en obligeant à se mettre entre les mains de passeurs, ajoute-t-il. La continuité des flux, même lorsqu’on construit des murs ou qu’on surmilitarise une zone, en est la preuve la plus manifeste. En fait, les véritables déterminants d’un départ sont d’ordre structurel. La décision de migrer est prise en fonction de facteurs économiques, sociaux, et dans une moindre mesure politiques. »
La possibilité de mieux gagner sa vie ailleurs à l’étranger est évidemment le déterminant central. Mais tout le monde ne rêve pas pour autant des trois premières puissances mondiales. « Ce n’est pas la richesse d’un pays dans l’absolu qui va conduire au départ, mais le différentiel qui existe entre le niveau de vie de son pays d’origine et celui de son lieu de destination », poursuit Bertrand Badie. Ce qui explique la migration interrégionale. A ce critère économique, primordial, viennent s’ajouter des déterminants sociaux, comme l’accès aisé ou non à l’éducation et à la santé et la présence d’une diaspora. Problème : le travail a beau être rondement mené, les projections solides, ce discours universitaire ne franchit pas le seuil des cénacles politiques. La migration est même un des secteurs où les gouvernants écoutent le moins la recherche. « Nos politiques ont trente ans de retard. Ils pensent toujours comme si nous étions dans un monde westphalien, encore défini par le poids des Etats. Or la planète a changé, et nous sommes de plain-pied dans l’ère de la mondialisation », précise Bertrand Badie qui, sans appartenir au groupe Mobglob, en partage les analyses .
Décalage Ce politologue n’est pas le seul à trouver trop grand le décalage entre la sphère politique et la recherche. Agacés comme lui par cette déperdition d’intelligence, convaincus que l’heure d’avancer est venue, les organisateurs des Reclusiennes , entretiens annuels du 8 au 12 juillet à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), consacrent leurs journées au thème des migrations. Le monde universitaire rêve bel et bien de contaminer la sphère politique, laquelle brandit comme un repoussoir l’aspect radical de l’approche. Tailleur bleu marine dans son bureau du 6e arrondissement, la papesse du sujet, Catherine Wihtol de Wenden, sourit doucement à l’idée qu’elle et ses collègues seraient d’affreux gauchistes.
Certes, l’ouverture des frontières est le cheval de bataille du réseau No border , groupe hétéroclite et transnational de collectifs et de militants libertaires. Mais ils ne sont pas les seuls à défendre cette idée. Globalement, le monde associatif n’y est pas hostile. Ainsi le Groupe d’intervention et de soutien aux immigrés (Gisti) , auquel contribuent nombre de juristes, réfléchit au sujet en arrière-plan depuis des années. Il en va de même de l’Organisation pour une citoyenneté universelle (OCU) , avec une approche plus planétaire. Composée d’Emmaüs International, de la Fondation Danièle-Mitterrand et d’Utopia, cette association a réuni un séminaire fin mai, à Paris, pour discuter des avancées enregistrées sur les cinq continents. L’Amérique latine y était largement représentée. Car des pays y progressent dans ce sens, au moins sous l’angle d’une circulation interrégionale. « L’Equateur ou la Bolivie ont davantage travaillé que nous et ont commencé à penser sérieusement la libre circulation », précise Franck Pupunat, fondateur d’Utopia. Si le positionnement à gauche de ces mouvements ne fait aucun doute, le principe de la libre circulation des hommes a aussi largement droit de cité dans le courant libéral. Il intéresse même de très près nombre d’économistes. Michael Clemens, du cercle de réflexion Center for Global Development, observait en 2011 dans le Journal of Economic Perspectives qu’« une ouverture totale des frontières augmenterait considérablement le produit intérieur brut mondial ». Avis partagé par le plus emblématique des économistes de la migration, George Borjas, professeur à Harvard, pour qui « le monde serait bien plus riche en l’absence de frontières nationales interférant avec la libre circulation des biens et des personnes ».
« Certains scénarios montrent que les société s, d’ici à vingt-cinq ans, pourraient renforcer les inégalités entre citoyens et migrants » Hélène Thiollet, politologue
Bien sûr, dans le grand domino international où le déplacement d’un élément en bouscule une série d’autres, l’entrée dans une ère de libre circulation ne résoudrait pas tous les problèmes. Un tel changement risquerait même fort d’avoir des conséquences sur l’organisation interne des différents pays. « Si le spectre de l’envahissement est écarté, certains scénarios montrent que les sociétés, d’ici à vingt-cinq ans, pourraient renforcer les inégalités entre citoyens et migrants, voire créer une citoyenneté à deux vitesses pour restreindre l’accès à certains droits pour les nouveaux arrivants », analyse la politologue Hélène Thiollet. Comme si, symboliquement effacées, les frontières se reconstruisaient ailleurs. C’est d’ailleurs le modèle politique déjà en vigueur dans les pays du Golfe, où les immigrants représentent entre un tiers et plus de 80 % de la population locale.« Castes » d’immigrés
Si le Qatar ou les Emirats arabes unis acceptent des ouvriers venus de pays tiers, « l’accès aux droits économiques, sociaux et politiques pour les travailleurs étrangers et leurs familles est limité et très hiérarchique : il recrée des “castes” d’immigrés, privilégiant par exemple l’immigré qualifié blanc », rappelle Hélène Thiollet, qui s’est longuement penchée sur les pays du Golfe. Recréer ces hiérarchies internes a comme un air de déjà-entendu, puisque c’est à l’heure actuelle la tentation des partis xénophobes européens avec leur concept de « préférence nationale ». Pour la politologue, la mise en question interne et internationale des politiques migratoires des pays du Golfe montre néanmoins que cette dérive n’est pas inévitable. D’autant moins, précise-t-elle, que « sur le temps long, les politiques les plus inégalitaires ne sont pas tenables. Et pas seulement pour des raisons politiques ou éthiques ». Le facteur économique est parfois un moteur plus puissant que les droits de l’homme.
Maryline Baumard www.lemonde.fr/...#1txPKi0X7UGQ98Ad.99 | | | À: Xrctn · 26 June 2015 à 18:21 Re: Passages de frontières Message 58 de 398 · Page 3 de 20 · 1 460 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Les utopies d'aujourd'hui ne sont-elles pas les réalités de demain?
Les solutions ne sont pas simples, encore moins lorsque les décisions sont motivées par la préservation des intérêts de ceux qui décident et il est patent que la question démographique est centrale (quel avenir pour le milliard d'Africains à naître dans les prochaines décennies?). Certes, un monde sans frontières opposables aux hommes n'est pas pour ce siècle mais l'excellent article cité montre qu'on y réfléchit et que les conséquences ne seraient pas forcément celles qu'on redoute.
C'est, je crois, le sens de l'Histoire mais en attendant, l'intelligence et la raison (pas celle des raisonnables), peuvent-elles se satisfaire d'une situation où, selon que tu seras né sur une rive ou l'autre de la rivière ou de la Méditerranée tu seras nanti ou démuni?
En fait la cloture de ton jardin ou la porte de ton appartement sont aussi (a une autre echelle bien-sur) comme les frontieres d'un pays. Imagines-tu les ouvrir en permanence et a quiconque ?
Je pensais plutôt à ouvrir la tienne!  Lors de mon retour en Australie Occidentale, m'entrebâilleras-tu ta porte? | | | À: Voyajou · 26 June 2015 à 18:38 Re: Passages de frontières Message 59 de 398 · Page 3 de 20 · 1 451 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
Les utopies d'aujourd'hui ne sont-elles pas les réalités de demain?
Tres juste !
Je pensais plutôt à ouvrir la tienne!  Lors de mon retour en Australie Occidentale, m'entrebâilleras-tu ta porte?
No worrries... En fait la mienne ferme tres mal et puis le jardin est grand ! CU soon then. | | | À: Xrctn · 30 June 2015 à 6:57 Re: Passages de frontières Message 60 de 398 · Page 3 de 20 · 1 400 affichages · Partager (An English translation of this post is being prepared. Check back later.)
La semaine dernière petite virée aux USA, dans l'état de NY pour faire du camping. Le douanier américain se nommait : Decapite  Vrai. Et il avait toute sa tête. Il nous a même souri et souhaité un bon séjour.
Le nord de l'État de NY. dans la région des Adirondaks, on est loin de NYC et très loin du bitume-ciment-acier de la ville. Les parcs sont magnifiques. Pleine nature. On est loin des campings à l'européenne - du moins ceux que j'ai connus - où la prosmicuité est grande. Ici, forêt, plans d'eau claire et fraîche, montagnes, sentiers, services... et moustiques | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires All rights reserved © 2026 MyAtlas Group | 8 995 visiteurs en ligne depuis une heure! |