Hum... Je ne vois guère pourquoi la population se stabiliserait autour de 15 milliards. Quel mystérieux mécanisme donnerait un coup d’arrêt à la croissance démographique exponentielle? Les études auxquelles tu fais allusion ne me convainquent pas. A ce stade là, de toutes façons, de larges pans de l’espace planétaire seront devenus invivables, au choix, par la détérioration de la qualité de l’air, l’insuffisance des logements et des moyens de subsistance, le tarissement des ressources, l’insécurité et la prolifération des zones de non droit, etc. Et puis et surtout, là où s’étendent aujourd’hui des prés fleuris, de magnifiques champs cultivés et de belles forêts, on ne verra plus que des blocs de béton. Tout pour plaire, ce monde de 15 milliards d’habitants...
Je rentre d’un voyage au bord du Könnigssee, en Bavière, assurément l’un des plus beaux lacs du monde. (Il pourrait faire l’objet d’un Carnet à venir...). Sur place, j’ai longuement devisé avec un citoyen allemand, Professeur Agrégé en Histoire et Géographie à la retraite, et personnage au mode de vie hors du commun. Je l’ai, pour ainsi dire, quasiment interviewé et je tâcherai un peu plus tard de mettre en ligne l’entretien. Extrêmement intéressant.
Gildadesiles, même Toto aura compris que je ne parlais pas du processus de reproduction qui est bien naturel lorsqu’il est, si l’on peut dire, actionné, mais de la décision d’enfanter qui, elle, est laissée au libre arbitre, à la raison de chacun. On n’est plus au Neandertal. « La Philosophie pour les Nuls », indique que ce qui distingue précisément l’homme de l’animal, c’est la raison. Je reprends donc ce que je disais plus haut : « Dans un monde devenu une épuisante, une suffocante, une inextricable fourmilière que les ressources disponibles ne satisferaient plus et où un programme de dénatalité de grande ampleur serait lancé en catastrophe,
on ferait appel chez l’homme à sa raison et non pas à sa nature.
Pour argumenter, j’écrivais plus haut que chaque voyage confirme et accentue un triste constat : bétonnage accéléré de la planète, pillage de ses ressources, disparition des espèces.... Sur le blog de Yann, affligé par ce qu’est devenu Mantanani, à Bornéo en
Malaisie, on peut lire :
«
Dans un constat global, l'homme est avide; stupide aussi. Mon avis est simpliste mais je résume les maux de Mantanani à notre arrogance, à notre assise que tout perdure. En pourrissant cet écosystème, l'homme coupe la branche sur laquelle il est assis. Dans sa disparition, le mammifère (ndlr : il s’agit du dugong, qui a disparu de cette contrée dont il faisait la spécificité
) entraîne aussi la vie de l’archipel dans le tourbillon de l'irréversible. »
Il reste à ce membre à poursuivre sa réflexion en se disant qu’au sein d’une population qui croît et se multiplie sans limites, la loi de la jungle (c’est le cas de le dire) triomphe. Toujours plus nombreux, plus serrés, plus "concurrentiels", ces gens se livrent une course à l’exploitation des ressources, en vertu du vieil adage plus que jamais de rigueur "
Ce que je ne fais pas, l’autre le fera de toutes façons".
La solution s’imposera à lui...
Khaldoun