Kolkata, la cité de la culture et de la modernité
Kolkata commence par un pont d’une technologie tellement innovante qu’il est interdit de le photographier, puis il y a le ferry, puis le métro, puis le tramway, puis les taxis jaunes, puis les camions d’éboueurs, puis les cyclorickshaws, puis les hommes chevaux. Ces derniers dont la présence est limitée à quelques quartiers sont amenés à disparaître, leur re-conversion imminente en mendiant est sur la bonne voie, leur dignité sera bientôt retrouvée.
Isabelle : « comme ils sont beaux, fins, secs, que du muscles, rien à voir avec le gros acteur de la cité de la joie »
Interdit également de photographier le métro, dommage y avait une bonne photo de cette middle class moustachue et attachés-cases qui attend en regardant l’écran de télé ou des femmes chantent devant le gros pénis en pierre noire de Shiva.
C’est la saint valentin,
kolkata regorge de parcs verts, très verts, arrosés, garnis de bassins et de fontaines. Entrée payante...pas grand-chose juste quelques roupies pour ne pas être dérangé par les mendiants. Les amoureux s’embrassent dans l’herbe, sur des bancs, cachés derrière un banian, les femmes portent de jolies saris noirs, blancs, colorés, brodées, de soie, et des bijoux, d’or, de pierre, de plastiques, beaucoup, toujours.
C’est la saint valentin, Isabelle et Haitham se font refouler d’un restaurant réservée aux riches.
L’Alliance Française
L’alliance française, l’association qui a des clients dans le monde entier, est située dans un joli bâtiment vieillot de type colonial. Un bâtiment qui lui va bien.
Emmanuelle : « Vous chercher à rencontrer des associations, nous n’en connaissons pas, ce n’est pas notre rôle, notre but c’est la culture française que nous vendons à nos clients...en plus vous voulez des associations innovantes, personne n’innovent en
Inde »
La
France brille par son alliance, comme si c’était nécessaire, comme si elle ne faisait pas déjà assez rêver, et les francophiles s’offrent le luxe de suivre des cours de français. Une manière de se distinguer de ceux qui apprennent l’anglais pour gagner leur vie.
Les expatriés de l’alliance française se sont indianisés, comme les nouveaux riches de l’
Inde ils ne remercient pas le préposé au thé payé quelques centaines de roupies par jours (quelques euros, un ou deux), lui parle comme à un être inférieur et sans âme, l’ordonne puis le jette.
Audrey nous met en contact avec Vivien. Vivien est un stagiaire qui donne des cours de français à Chandornagar. Vivien nous met en contact avec Ashalayam.
Chandornagar
Petit comptoir français tout calme situé sur les rives de la Hoogly. On y arrive par le train de banlieue. Dans le train c’est la fête au shopping, lingerie, produit de beauté, manucure, bijoux sont disponibles dans le wagon pour femmes. Dans le wagon pour homme, les gougouttes d’Isabelle sont écrasées par le gros ventre du loup baveux de tex avery. Pour descendre, pour monter, c’est la guerre, l’issue est incertaine, et dans ces moments de lutte on sent a quelle point on est vivant, et le bonheur est vraiment tout proche du malheur.
Isabelle : « enfin arrivé, que c’est beau, que c’est calme ».
A cinq dans le motorickshaws, six avec le chauffeur personne ne se sent à l’étroit.
Le lycée français fait face au lycée anglais.
« qu’ils sont gentils les français d’avoir aider les indiens à se libérer des anglais pour prendre leur place à Chandornagar, qu’ils sont gentils ces français d’être partit volontairement de Chandornagar quand ils n’avaient plus rien à y gagner, ah ! Si seulement ils avaient colonisé l’
Inde à la place des anglais, les indiens seraient plus riches et mangeraient mieux » pensent nombreux habitants de Chandornagar.
La boulangerie de la petite ville nous ouvre ses portes, on y fait de bonnes baguettes au goût de brioche anglaise.
A cette période de l’année, mars, les élèves ne viennent plus. C’est la tradition. Est-ce parce qu’à la moitié de l’année en cours les élèves ont les résultats des examens passés l’année précédente ? Tous cela parait illogique, mais en interprétant le monde comme le font les indiens, cela à peut être un sens. Mais aujourd’hui les élèves sont revenus pour participer à des jeux d’écriture proposés par Isabelle et Haitham. Isabelle les trouve tellement sérieux et se demande comment ils la perçoivent, mais oublie de le leur poser la question.
« Pourquoi Al Ghazali est il devenu si savant ? » interroge le conte soufi, « parce que quand il ne savait pas quelque chose il posait une question. »
Isabelle et Haitham rencontrent les professeurs, le gardien retraité qui continu de faire le thé pour tous par plaisir et par besoin d’argent, le directeur...ils gagent un dvd promouvant l’histoire du lycée. Les conversations s’éternisent dans la rue, sous les regards des singes au long bras qui se prélassent sur les balcons et des cycloryckshaws à la fois intrigués et en attente de clients à déposer à la gare. Les conversations comme si les observant n’existaient pas, étaient des objets. Deux mondes vivent sur la même terre, l’un ignore l’autre. C’est la fin de l’après midi, la lumière est dorée l’air s’est rafraîchit, le paysage se savoure à rythme de bicyclette.
Kolkata, à suivre...