Kolkata, la suite
Ashalayam, maison d'espoir
Les enfants du refuge accueillent Isabelle et Haitham par des cris de joie : « uncle, uncle, welcome uncle ». Les enfants sont habitués à voir débarquer des parrains bénéfactors qui financent la formation ou la scolarité d’un enfant. Ici les gosses des rues ont plusieurs possibilités. Soit ils viennent à l’occasion pour dormir dans le grand hangar, se soigner, participer à diverses animations, mettre leur argent dans la banque des enfants. Soit ils renoncent à leur vie de liberté, à la colle et à tout le reste et s’engagent à choisir après 3 mois de fermiente dans le refuge entre l’école ou la formation.
Pour la formation le choix est vaste : fabrication de cartes postales, couture, boulangerie, mécanique...au besoin les enfants sont envoyés dans d’autres refuges Ashalayam. Il y a des formateurs indiens et des formateurs volontaires venus de partout dans le monde. Dans la maison tout est fait par les gosses dans le cadre de leurs ateliers. Grâce aux ateliers l’école s’autofinance en partie, les travaux des enfants sont vendus dans le monde entier. C’est du commerce qui se veut éthique, mais certains droits de l’hommiste ont décidé que le logo ne pourrait leur être attribué car il y a travail des enfants.
A Ashalayam pas de prosélytisme, des dessins de chaque tradition (islam, christianisme, hindouisme) sont représentés sur les murs du dortoir. Le directeur est tout de même un prêtre donc par reconnaissance certains gosses inscrivent « i love jésus » sur le mur de leur chambre. Ce qui ne les empêche pas de continuer d’aimer Vishnou... Sur les murs des photos d’espoir et de vie : d’un coté les enfants qui se sont mariés, de l’autre ceux qui sont décédés. Nombre un peu prés équivalent. Quand la formation est finie, un micro crédit est accordé aux enfants, pour se marier, acheter un maison, ou se lancer dans un bisness. Les professionnels de l’association démarchent dans les entreprises pour que des places soient réservées pour leurs gosses.
Frais, innovant, intelligent, Isabelle craque et achète plein de jolis cahiers, de cartes postales, de bougies...
Plus d’infos :
www.ashalayam.org
Ambassade du Bangladesh
Isabelle : « how much cost the visa ? »
L’homme de l’ambassade : “ 3700 roupies”
Isabelle : “what, 3700 roupies, 70 euros for one month, in
paris it was only 30 euros for 3 months...”
L’homme de l’ambassade rigole.
Haitham : “laisse tombé, cela va éclater notre budget, puis 15 heures de bus pour arriver à
Daka ca ne le fait pas, ensuite il va faire encore plus chaud qu’ici c’est sur, et visiblement on risque d’être obligé de ressortir par ou on est rentré, et je ne veux pas retourné a
kolkata, il fait trop chaud, ya trop de monde, tous est moite et tout le monde te touche, et puis à la frontière du nord, il faut marché 15 bornes avec nos sacs, et avec tous les cahiers que t’as acheté à Ashalayam, c’est Kholanta ton plan »
Isabelle et Haitham se dispute parce qu’ils n’arrivent pas à décider. Ils optent pour le Sikkim, les montagnes, le froid, le calme, la nature, les népalais, les tibétains. Au sikkim il faut un visa spécial. Cette restriction les attire.
Des Lettres
Ce matin, assise sur le petit bureau de sa jolie chambre toute simple, Isabelle décide d’écrire une quarantaine de cartes. Les mots se bousculent, les cartes s’écrivent de plus en plus vite. Isabelle est en proie à une inspiration qui lui fait perdre la raison. Des tridents de shiva font mendier les enfants, les chiens pleurent, kali tire la langue aux gosses des rues, les voyageurs s’égarent piquer par le serpent de Vishnou, magie, vie, mort, éternité, cercles...
Isabelle, vidée s’affale sur le lit. Haitham a acheté un billet de train pour Silliguri.
A la Poste
Isabelle : « excuse me, this stanps doesn’t stick »
La postière suggère à Isabelle d’utiliser sa salive
Isabelle : « it doesn’t work, i have 40 letters »
La postière lui file une petite éponge avec de l’eau.
Isabelle : « Look it still doesn’t stick »
La postiere : “ok, no problème, prend mon tube de colle pour 10 roupies par cartes”
Isabelle : « no, i want some others stamps » Isabelle crie, la postière rigole et comprend qu’elle n’aura pas ses 400 roupies, et même pas 10.
Les gens de la rue
Devant la porte de l’hôtel, trois familles de mendiants ont élu domicile. Il y a une petite fille qui n’est pas comme les autres : elle est pleine d’amour. Elle se jette dans les bras des voyageurs, fait rire, pleure quand on la lâche...résultat tout le monde lui offre des chips et des bananes. Les autres gosses mendiants, jaloux, lui cassent souvent la figure. Mais des qu’elle voit un foreigner, elle oublie tout, et joue, joue, joue. Aujourd’hui en se jetant dans les bras d’Haitham elle a fait plein de taches sur son teeshirt avec ses petites mains toutes grasses. Ses cheveux sont cours, ses robes déchirées pleines de froufrous et de fantaisies, son percing dans le nez est cassé, et elle est toujours pleine de morve. C’est un bonheur de la voir avec sa famille le soir sur le trottoir autour d’un repas tombé du ciel. Haitham donne à la gamine une photo d’elle. Elle la met dans son sac de raisin.
En
Inde, les banques de pauvres ça ne marche pas trop. Beaucoup de volontaires se sont cassé la gueule en proposant aux mendiants une formation, un micro crédit puis une aide pour démarrer un bisness. « Je suis bien ici, toute la journée je fais chier les gens en leur taxant des tunes, je suis nourrit, l’eau est gratuite, et j’attend que passe mon karma, dans ma prochaine vie j’aurais une meilleure incarnation, et toi tu voudrais que je perde toute cette liberté, toute cette espérance en travaillant... »
Haitham marche dans
Kolkata. Un homme embrasse ses pas en se tapotant les oreilles. Les cheveux d’Isabelle poussent. Isabelle et Haitham se sont mis à l’ayurvédique pour la savon, le dentifrice et tout le reste.
A faire
Il y a tant à voir à
Kolkata : les marchés aux fleurs, les jardins, les temples jains, le sacrifice des chèvres au temple de Kalli, le temple de Ramakrishna, le quartier musulman, des musées, des monuments, il faut du temps, beaucoup de temps, il faut venir, il faut revenir.
Temple Jain
Quatre temples jains dans un quartier excentré, des miroirs, des pierres colorés, des gourous qui se mettent un petit tissu sur la bouche pour ne pas avaler un insecte malgré eux, des jardins de fleurs et de sculptures. Il est interdit de photographier l’intérieur du temple par respect pour la divinité qui y est représentée, sauf moyennant donation au gardien du temple. Les jains laissent leurs chaussures dans le jardin pour visiter le temple. Un shoesman se met devant les chaussures d’Isabelle et d’Haitham, à leur insu. Il ne sait pas qu’ils sont devenus sans pitié, comme les indiens, s’inspirant du proverbe « En
Inde, soit comme l’indien ». La pitié, c’est un truc de judéo-chrétiens-musulman, une sauce à laquelle les indiens mangent les touristes.
Balade en Tramway
Haitham : « Soyons fou, montons dans le tramway et laissons nous transporter »
Isabelle : « quelle bonne idée mon amour ».
kolkata c’est grand, c’est beau, avec des touts petits lacs, des monuments anglais, des parcs, des rues bondées. Le tramway a crée un bouchon en bloquant les taxis, les voitures indiennes, les cyclos rickshaws, les hommes chevaux, les motosrickshaws, les charettes, les millions de piétons. Ce vieux tramways de bois a faillit disparaître, mais une associations l’a sauvé, pour le malheur des nouveaux riches en voiture. Isabelle préférerait qu’on interdise les voitures.
Haitham : « Soyons fou, profitons de ce bouchon, pour découvrir ce quartier, ces milles échoppes, ces ruelles qui n’en finissent plus »
Isabelle : « sautons en marche ! »
Isabelle et Haitham se perdent dans le quartier musulman, s’émerveillent devant une immense mosquée qui leur donne envie d’aller au
Bangladesh, se noient dans une foule compacte puis la nuit tombée trouve au hazard d’une rue une bouche de métro. Destination : la maison.
Le soir
Le soir dans les petits restos du quartier des voyageurs petits budgets (Sudder street), Isabelle et Haitham échangent avec d’autres voyageurs sur leur journée.
Il y a Huguette et Dominique, la cinquantaine et imbattables au jeux : « qui en a fait le plus aujourd’hui ». Ils racontent en se la racontant leur journée au demeurant intéressante.
Il y a Joël et son copain, imbattable au jeux : « qui a visiter le plus de pays en le moins de temps ». En moyenne, 7 pays par mois. Joël nous raconte comment au retour d’un voyage en
Argentine il a faillit devenir alcoolique tant le coût de la vie à
Paris le déprimais. Il a repris la route au plus vite.
Partir
Le gardien de l’hôtel à qui Haitham à offert une bouteille d’eau du Gange qu’il a bu comme un chameau altéré de soif, propose de l’arnaquer en lui réservant un taxi pour la gare principale soit disant excentrée. Haitham ne supporte pas cette ingratitude, et lui promet que l’eau du Gange va l’empoisonner, au nom de Shiva. Le gardien se marre, comme le font les indiens lorsqu’ils n’arrivent pas à arnaquer les voyageurs.
La nuit est tombée, les étoiles se sont levées, allongée sur la banquette du train, la fenêtre ouverte, le vent dans les cheveux, Isabelle s’endort les yeux rivés sur le paysage, palmiers...rizières...la nuit est douce et claire comme une nuit de Ramadan.
Pendant ce temps des flics qui n’ont pas de places réservées réclament celle d’Haitham. Haitham hurle à l’injustice, montrant son billet confirmé. Lassée, les flics réquisitionnent la place d’un indien. Il accepte...La nuit n’est pas douce pour tous.
Isabelle et Haitham se réveillent à Silliguri.
prochainement : les photos.