Heliabad, Gangtok
Assis sur une chaise dont ils ne sont pas autorisés à bouger, Isa et Haitham pestent en attendant l’hélicoptère. Leur bagages ont été pesé, et ils ont du payer un excèdent, doublant le tarif du voyage. Cela fait rire le personnel.
Décollage.
- «C’est trop bien » s’exclame Isabelle, heureuse de voler.
- « Tu crois que je peux ouvrir la fenêtre pour prendre une photo »
- « pourquoi pas »
Haitham ouvre la fenêtre qui lui reste entre les mains.
Vue du ciel l’Himalaya offre un triste spectacle : celui d’incendie qui déciment la forêt. Des pans entiers d’arbres morts se distinguent. Puis les montagnes tombent comme de la poudre, laissant place à des plaines oscillant entre aridité et cocoteraie.
Retour à Silliguri
Aéoport de Bagora, réaparition des rickshaws en tout genre, retour en
Inde.
- « J’aimerai voir un tigre du bengal, avant qu’il ne soit trop tard » dit Haïtham.
- « J’aimerai faire un safari à dos d’éléphant et croiser un tigre » approuve Isabelle.
Office du tourisme du West Bengal à Siliguri :
- « Bonjour, nous voulons des informations sur la réserve de Jalahara »
La vendeuse : « Pour 1600 roupies par personnes vous serez logez dans la réserve et pourrez voir les animaux de la fenêtre de votre chambre. Et vous aurez le droit a un safari en groupe en éléphant, à 4 par éléphant, ok, not ok ? »
- « Excuse me Madam, but les animaux sauvages ne viennent pas se pavaner devant les hôtels des hommes » affirme Haîtham.
- « Quatre sur un éléphant c’est trop, deux c’est largement suffisant, même seul c’est mieux, en plus en groupe pour faire fuir la faune c’est une merveilleuse idée, vous n’avez rien d’autres à nous proposer ? » enchaîne Isabelle.
La vendeuse use d’arguments commerciaux aux quelles ils mettent fin par un très ferme : « not ok »...Que c’est bon d’être en
Inde.
- «J’ai envie d’aller au
Bhoutan » propose Haïtham, se rappelant que la taxe touristique de deux cents dollars par jours n’est pas exigible pour les voyageurs ne restant qu’une journée.
Ils mangent un talli a 30 roupettes, achètent une paire de tongs à la gare routière, et réserve un billet de bus pour Jaigon...la vie est belle.
Jaigon ou la porte du Bhoutan
Mars 2005
Pour conduire le bus, il faut trois personnes : un driver, un retro-man et un ramasseur de sous. Le rétro-man sort sa tête du bus. Quand des voitures arrivent sur la file de gauche, il donne des coups sur la carrosserie, et le driver ne double pas. Symphonie de klaxonne, riviéres asséchées, quiétude de la campagne, cultures de la banane, le rétro-man reçoit pleine face le mollard lâché par un passager, des hommes se disputent pour une cassette, le soleil se couche, et enfin, 6 heures après, Jaigon.
L’attrait de Jaigon réside dans une porte de bois colorée et sculptée. Derrière cette porte une pays vallonnés vit hors du temps. Les hommes portent des jupes et des chapeaux hauts. Isa et Haitham les saluts. Ils portent sur eux la même innocence que les lepschas. Mutuellement ils se regardent avec curiosités.
- On peut aller au
Bhoutan pour une journée, demande Haitham au douanier
- Vous êtes foreigners ? Puis-je voir votre passeport ?
Le douanier regarde plusieurs fois le passeport dans l’espoir de trouver un visa. Timidement, il leur apprend que la loi vient de changer, que même pour une journée la taxe de 200 dollars par jour est exigée pour visiter le pays.
- que puis-je faire ? Je ne peux vous laisser entrer, j’aurais des problèmes.
Haitham et Isa sentent qu’en insistant ils pourront aller faire un tour dans ce pays de conte de fée, mais le douanier est tellement sympathique qu’il décide de lui fiche la paix.
Dans un resto avec vu sur le pays interdit, ils dégustent des pommes de terre à la crème fraîche et aux champignons, délicieuse spécialité bhoutanaise.
- Que faire maintenant, je suis fatigué, je n’ai pas le courage de re-prendre le bus pour Silliguri, désespère Haïtham.
- Pas le courage non plus de passer une nuit à Silliguri en attendant un train pour
Delhi. Silliguri est aussi crade que Jaigon. Les habitants brûlent leurs déchets dans la rue, l’odeur dégagée par le plastique est insupportable.
- Comme l’
Inde devait être belle sans le plastique. Manger dans des feuilles de bananiers, boire du thé dans des pots en terre jetable
- Allons dormir, la nuit nous portera peut être conseil
Assis derrière une table dans la rue, des hommes vendent des tickets de bus. Gangtok, Peeling, Silliguri, Darjeeling...
- Il y a un bus pour Kallimpong, ça nous évite Silliguri. Peut être que de là-bas on pourra rejoindre
Delhi directement.
- Peut être.
Isa et Haitham avalent des samosas dégelasses dans la rue, et courent après le bus.
Le bus emprunte des routes de montagnes, le trajet est interminable. En fin de journée enfin, les voici à Kallimpong.
Kallimpong, cul de sac
Haitham est horrifié : - Mon Dieu, on dirait Peeling
Pressé de partir ils montent lui-même récupérer les sacs sur le toit. Cela fait rire les locaux. L’un d’eux montent sur le toit du bus : - Where are you from ?
Questions milles fois posées, qui n’a plus de sens à ce moment de leur voyage.
Ils trouvent un joli chalet, avec une petite terrasse, des chambres mignonnes, des douches froides.
- On va pouvoir se reposer un peu, on réfléchira ensuite dit Isabelle à Haïtham. Haïtham fait une sieste.
Isa discute sur la terrasse avec des voyageurs
Paulo : - « Je suis un fou de l’
Inde, depuis plus de 20 ans. Je ne voyage qu’en
Inde. L’
Inde réveille en moi mon coté féminin, regarde ma belle écharpe en cachemire »
Clarisse : - « Nous arrivons du
Laos. Quelle déception. La technologie est arrivée trop vite, des hôtels qui ne ressemblent à rien ont poussé partout, l’économie solidaire s’est transformé en économie grattes touristes.
Cathy : « J’ai été voir Amah dans son ashram. Elle m’a serrée dans ses bras. La veille du tsunami Amah savait. Elle a fait évacuer tous les habitants du quartier. »
Paulo se promène dans le marché déçu : « je m’attendais à voir un village traditionnels, des chalets de bois et de pierre, des potagers »
« Tu croyais voir le
Népal des années 60, ben fait demi tour, tous le Sikkim est bétonné »
Isa essaye des chapeaux bhoutanais, Haitham
chine une chaîne en argent, Paulo mange des gâteaux à la crème. Demain ils partent. Une jeep les emmène à Silliguri, là un train express mettra 35 heures pour arriver à
Delhi. Pour passer le temps ils vont voir un film d’horreur au cinéma. Le film est un prétexte pour un film de cul sans cul.
Le trajet le plus long
Jeep pour Siliguri
Quattre personnes par banquette. Isa et Haitham sont assis à coté de deux grosses dames obèses. « Pourquoi est-ce que l’on ne s’est pas partager les grosses » peste Haïtham. Tout le monde rigole.
A silliguri la grosse dame demande à Haïtham de l’aide pour porter son sac. Le voici devenu porteur bénévole. Tout le monde rigole. Sauf les porteurs.
Ils attendent le train quelques heures en discutant avec une famille de mendiants. Les plus petits ont le cul à l’air et des gros bidons. Le grand refuse de partager avec eux le paquet de gâteaux que les voyageurs lui ont filé. Sa mère le tape.
Puis
Une heure, deux heures, cinq heures, dix heures, vingt heures, trente cinq heures de trains, de mendiants, de patates au cumins, de tchai.
L’arrivé à
Delhi est oppressante, noyé dans une fourmilière humaines ils cherchent un hôtel pas cher. Paulo se joint à eux.
- Attention les amis, un cyclorickshaw a faillit me rouler sur le pied dit Isa à ses compagnons de route.
- Fait gaffe, tu marches sur un mendiant, lui répond Haitham en fonçant dans une vache.
Rabatteurs, vendeurs, mendiants les interpellent, ils ne répondent pas.