GANGTOK, CAPITAL DU SIKKIM
Rencontres de voyageurs égarés en pays Sikimois, attirés par l’odeur alléchante d’un permis restreints, plein de promesses de territoires jamais foulés et de secrets bien gardés.
Joël et son mec, enchantés de leur balade : « On a été au Dzongu lac, un lac gelé a 4 heures de jeeps d’ici. Quand tu arrives des shops à touristes t’attendent, des yaks à touristes en costumes, te proposent un tour de manège de 300 mètres. Et a part le tour de manége, interdiction formelle de s’éloigner d’un jet de pierre sur la droite ou sur la gauche. C’est une zone militaire »
Nathalie, montagnarde française, en quête de grand espace, posée à la montagne après 4 mois de bénévolat dans une association œcuménique de
Calcutta pour un public d’adultes handicapés : « 30 euros par journée de Trek. Tout ça pour un trek en convoi de flic-guide, en jeep. T’arrives dans un village, que t’as pas le droit de visiter, ya rien à faire »
Et Nathalie enchaîne les bières, en attendant de quitter l’
Inde. « J’ai comme projet d’aller au
Népal, et de passer au
Tibet via les montagnes sans visa chinois. A ce qui parait on ne risque rien, a part quelques jours en cellules monnayables, un peu à la lucky lukck, une bonne expérience quoi »
Laurent étudiant en Géographie et alpiniste : « Vous pouvez répondre à une enquête, je fais une étude sur le Sikkim, alors pourquoi êtes vous venus au Sikkim »
Isa et Haitham : « parce qu’il fallait un visa spécial pour venir »
Laurent : « et pourquoi selon vous ? »
Isa et Haitham : « en vérité parce que c’est une zone limitrophe de la
Chine et que la
Chine revendique le bled, en prétextant que c’est pour protéger les tribus ».
Laurent : « bonne réponse, en partie. Il y a aussi un mouvement indépendantiste Népalais qui veut créer un
Népal 2, des bhoutanais qui revendiquent un temple, des immigrés népalais qui passe par là, des trafics en tout genre et en particulier de plante médicinale, la
Chine aurait besoin du Sikkim pour asseoir son emprise sur le
Tibet. L’
Inde s’appuie sur le traité Britannique pour garder le Sikkim et protége les tribus lepchas pour se les approprier. Tribu qu’il est interdit de rencontrer, soit disant pour ne pas perturber leur fragile mode de vie ».
Haitham, montrant la carte de l’
Inde à Laurent : « Et il y a une autre région de l’Himalaya qui nous fait encore plus tripper, c’est ce bout d’
Inde enclavé entre la
Birmanie et la
Chine »
Laurent : « Toi, tu sais bien lire les cartes. Il s’agit de l’Arunachal Pradesh, interdiction totale d’y aller. Tu risques de recevoir une flèche tribale dans le cul, ou un missile chinois ou indien sur la tête. La région est tellement sauvage, qu’elle n’est même pas cartée, on ne connaît ni les rivières, ni les forêts, c’est plein de sommets vierges faisant rêver les alpinistes. Là-bas se cachent des rebelles et des trafiquants de drogue Birmans. Birmans et Chinois revendiquent la région, l’
Inde ne lâcheras pas, s’appuyant sur le même traité et les tribus qu’elle protège ».
Isa : « Ouah, ça donne envie, une des dernières terres vierge ! »
Laurent : « C’est le mystère de l’
Inde »
Manu, un touriste croisé à
Varanasi critique Laurent en sirotant sa bière : « Lui, un alpiniste, il parle surpeb mal des Sherpas. Sans les Sherpas, il ne pourrait rien escalader et s’écroulerait sous son sac. Comme le premier alpiniste de l’
Everest qui est arrivé en haut en se faisant porter par son sherpas. Quel naze ! »
Isa : « En tous cas, Laurent va partir escalader un sommet vierge au Pakistan »
Haitham : « Il a même obtenue une bourse Blanchet pour cela ».
Isa et Haitham font un tour en ville. Il pleut. Il se pose sur Internet.
Message de Saya et Vincent : « votre message sur Peeling nous a déprimer, on se casse au
Rajasthan »
Message du couple Israélien : « Rien à voir au Sikkim, et dans l’himalaya orientale, on se casse au
Laddak »
Isa et Haitham déprimer réserve un billet d’hélico pour Silliguri pour le lendemain après-midi. Il n’y avait plus de place pour tout de suite.
Isa : « on passeras quand même voir l’association « handicraft directorate » demain matin.
Haitham : « En attendant de revoir le soleil de l’
Inde, allons picoler comme le font tout les touristes et tous les sikimois, histoire de passer le temps »
19 h : début du couvre feu. Plus un chat dans les rues qui n’était déjà pas tellement peuplé.
20 h : fermeture du resto de l’hôtel, tout les autres sont déjà fermé. Négociation de cinq minutes histoire de finir les frittes, les toasts au fromage et la bière.
20 h 05 : fumer des clopes avec Manu dans le couloir de l’Hôtel et écouter ses conneries
Manu : « J’ai commencé à chier mou hier, mais ce n’était pas une chiasse de bière. Je reconnais tout de suite les chiasses de bières, j’ai l’habitude »
Isa : « Bon c’est pas que je m’ennuie, mais je préfère aller me coucher »
L’unique douche de l’hôtel ne désemplit que quand il n’y a plus d’eau chaude. Par terre, des paquets de gâteaux vides ou plein tiennent compagnie à des mollards rouges. Un touriste bengali passent se moucher dans la douche, puis s’essuie les mains sur la porte.
Une autre longue nuit, froide et humide.
Toujours pas de photos.