En
Iran, une tenue décente couvre les chevilles, les coudes, la nuque et le décolleté. En l'espace de deux semaines et demies, je pense avoir vu seulement deux ou trois femmes portant le niqab, et je suis convaincue qu'il s'agissait de femmes arabes et non iraniennes. J'ai également vu des foulards épinglés à la base du chignon, portés très à l'arrière de la tête, j'ai aussi une chevelure entière ramenée à l'avant de l'épaule et hors du foulard.
Beaucoup de femmes portent le tchador, et on trouve dans les bazars des boutiques entières vendant exclusivement des tissus noirs pour satisfaire la demande. Le tchador (qui signifie "tente" en farsi) se porte comme un drap posé sur la tête, et descendant sous les genoux ou plus bas encore. Franchement casse-pied, j'ai dû le porter à quelques occasions pour visiter des mausolées, j'ai été surprise de voir que tant de femmes puissent le porter alors qu'il est tout sauf fonctionnel, et surtout qu'il n'est pas obligatoire - je suppose que le poids familial y est pour beaucoup.
J'imagine que les robes trouvées dans les boutiques sont des robes de gala, destinées à des soirées privées, peut-être à l'occasion de mariages ?
Quant aux soirées privées, j'ai eu la chance d'être invitée à
Teheran chez des iraniens de 25-30 ans (qui ont certes eu l'occasion de vivre à l'étranger), et une fois la porte de l'appartement refermée, rien ne laisse supposer que leur quotidien pourrait différer du nôtre. Bonne bouffe autour de la table basse du salon, tenues à l'occidentale une fois le voile et le manteau tombés, sujets de discussion similaires aux nôtres, vodka maison, cigarettes... Comme à la maison, quoi !
Mon ami téhéranais m'a également parlé des méthodes de drague dans la capitale. Il existe quelques avenues qui sont devenues des lieux de rencontre pour les célibataires en mal d'amour : le soir, des voitures circulent, tantôt avec deux ou trois jeunes femmes, ou avec des jeunes hommes. Ils font des tours d'avenue, suffisamment nombreux pour avoir le temps de jauger les passagers des autres voitures : si affinité, ils s'échangent leurs numéros, se retrouvent dans des bars, voire directement chez l'un ou l'autre. Mon ami m'a dit que le sexe avant mariage était relativement répandu (encore une fois, je suppose qu'il s'agit d'une certaine partie de la population). Et si la rhinoplastie est courant, la chirurgie réparatrice de l'hymen semble en expansion... Comme dit Attila, la société iranienne a deux visages...
Bon... A mon retour, je m'étais dit qu'il faudrait que je poste un carnet de voyage, sous formes de chroniques plutôt que de longues listes d'hébergements et de restaurants. Je n'ai eu ni le temps, ni le courage, mais pour autant, je vais éviter de dévier du sujet initial de cette discussion...