| Vers l'Orient dans les années 1970 GeorgesOZ · 20 juin 2009 à 3:32 · 69 photos 260 messages · 26 participants · 38 811 affichages | | | | À: GeorgesOZ · 23 avril 2011 à 10:07 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 181 de 260 · Page 10 de 13 · 1 921 affichages · Partager "agents émulsifiants" lol! | | | À: Fred71 · 23 avril 2011 à 10:19 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 182 de 260 · Page 10 de 13 · 1 918 affichages · Partager | | | À: GeorgesOZ · 23 avril 2011 à 12:21 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 183 de 260 · Page 10 de 13 · 1 909 affichages · Partager Mon pauvre Georges, moi qui suis une grande fumeuse (en arrêt prochain tout de même), tu as du avoir du mal à la terrasse du café du musée   
ps : j ai enfin compris le système de réponse de vf | | | À: GeorgesOZ · 24 avril 2011 à 5:56 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 184 de 260 · Page 10 de 13 · 1 887 affichages · Partager Mise à jour : je suis remonté à Madian, au milieu de la vallée de la Swât pour y passer quelques derniers jours avant de prendre la route pour l’Afghanistan.
--
Enfin, j’ai fait pour de bon mes adieux à Madian. Redescendu de la Swât, je passe bien sûr par Peshawar pour ensuite continuer ma route vers l'Afghanistan. Je déambule dans une ruelle pittoresque : d’un côté un petit canal, de l’autre les tables alignées à l’extérieur d’une demi-douzaine d’estaminets où les voyageurs peuvent s’asseoir et déguster un tchaï ou un lassi. Et là, devant moi, surgissant du milieu de la foule de badauds, qui vois-je ? Mes meilleurs amis de l’époque, Denis et Lucien, venant droit vers moi.   Denis arbore un grand sourire comme c’est son ordinaire, quant à Lucien, un bonnet pashto couvre sa mine de fouine rusée.
Je n’avais pas la moindre idée qu’ils étaient eux-aussi en voyage dans ces régions, d’où la surprise totale de les rencontrer ainsi, en plein milieu de Peshawar. Du coup, pour fêter nos retrouvailles, je les emmène deux ou trois ruelles plus loin dans l’une des petites fumeries d’opium que Martín m’avait fait découvrir. Oh ! Que l’on n’aille pas s’imaginer quoi que ce soit du genre de la fumerie d’opium de « Tintin et Le Lotus Bleu » ! Rien de semblable, pas de jolis lampions encadrant les portes, pas de soieries chatoyantes sur de molles couches confortables ! Non, il s’agit là d’établissements moites et glauques (le mot juste serait « seedy » en Anglais - j’ai toujours eu tendance à ne pas cracher dessus  ). Nous nous allongeons sur les paillasses qui forment le seul mobilier de la pièce sombre et reposons nos têtes sur des briques recouvertes de coussins crasseux. Une vieille femme fait grésiller les boulettes de « chandoo», les roule du bout des doigts et les place sur les pipes, nous les allume...
Le « chandoo » désigne l'opium prêt à fumer. En fait, c’est une substance sirupeuse, ni trop liquide, ni trop solide, obtenue à partir de l’opium brut au bout d’une manipulation longue et laborieuse. Une minutieuse préparation est encore requise avant de pouvoir le fumer. Finalement, les boulettes de chandoo sont placées sur le fourneau de la pipe. Mais on ne fume pas le chandoo comme du tabac. Il ne doit pas être au contact direct avec la flamme et se consumer pas en se carbonisant. La chaleur vaporise l'opium et ce sont les vapeurs ainsi obtenues qui sont inhalées par le fumeur. Les vapeurs de l’opium se condensent également dans le fourneau et dans le tuyau de la pipe. Ce résidu s’appelle le « yen shii suey» en mandarin, ou « dross » en anglais, et on le gratte de la pipe pour le récupérer car il contient encore des alcaloïdes. On le fume quand on n’a rien d’autre, ou on le mélange avec de l’opium « frais ».
J’ai aussi trouvé sur le net un texte intitulé « Des Voyages, de la Géographie et de l’Histoire – Notice sur les Javanois, Extraite de l’Histoire de Java, par Sir Th. Saint-Raffles et traduite de l’anglois », où on parle de l’usage de l’opium par les Javanais. D’après la langue utilisée, ce texte (une traduction d’un texte de source que je ne connais pas) doit dater du 18-ème siècle :
« On mange l’opium, ou bien on le fume. Dans le premier cas, on le fait bouillir avec des feuilles de tabac, de bétel ou d’autres, jusqu’à ce que la préparation soit assez glutineuse ou liquide pour être avalée ; on l’appelle madat. Quand on veut fumer l’opium, on le fait bouillir sans y rien mêler, jusqu’à ce qu’il ait acquis de la consistance ; alors il se nomme tchandou : on en forme de petites pilules que l’on insère dans des tuyaux de bambous. L’opium cru est mangé principalement par les habitans de l’intérieur ; c’est le long des côtes et dans les autres îles de l’Archipel qu’on le fume ; les Chinois préparent le tchandou ». | | | À: GeorgesOZ · 25 avril 2011 à 10:18 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 185 de 260 · Page 10 de 13 · 1 845 affichages · Partager Bonjour Julien,
Bon, c'est moi qui dit qu'il donnait son darshan, personne n'a utilisé ce terme devant moi à Madian. Ce sont mes influences hindouistes qui jouent. Mais d'ailleurs c'est bien de ça qu'il s'agit quand on bénéficie de la présence d'un maître spirituel Tibétain (géshé, rinpotché ou autre), et c'est bien aussi de ça qu'il s'agissait quand-même surle pré de Madian. Merveilleux quand on y pense, non?
Personne n'a relevé la vanne que je n'ai pas pu retenir: ".... un Bâbâ – l’un des meilleurs sans doute car c’était un Pîr ". Suis-je ou trop bête ou trop subtil? 
Tout à fait d'accord, je taquinais 
Pour ta blague, je tiens à te faire remarquer que je note dans mon reportage photo:
tiens, revenons à l'islam, imprégné de soufisme, voire d'hindouisme, même si les pirs (les chefs spirituels soufis) ne sont pas toujours les meilleurs...
On doit avoir un sens de l'humour assez proche  | | | À: Rouxy · 25 avril 2011 à 13:47 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 186 de 260 · Page 10 de 13 · 1 830 affichages · Partager même si les pirs (les chefs spirituels soufis) ne sont pas toujours les meilleurs... - --
Hahaha!  Bien vu aussi! C'est de l'humour facile, mais pourquoi s'en priver? | | | À: GeorgesOZ · 25 avril 2011 à 14:03 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 187 de 260 · Page 10 de 13 · 1 827 affichages · Partager Mise à jour : j’ai rencontré par pur hasard mes amis Denis et Lucien à Peshawar et nous avons célébré nos retrouvailles dans une fumerie d’opium.
--
Denis et Lucien reviennent d’ Inde où ils ont fait un superbe voyage (ce n’était pas leur premier). Ils ont sont tout radieux de contentement et sereins, les veinards ! En leur tombant dessus à Peshawar, tout à fait à l’improviste, je leur fais l’effet d’un coup de tonnerre, comme ils me l’ont répété plusieurs fois depuis. C’est que je suis dans un état assez pitoyable et que j’ai la tête complètement torpillée après tout cette errance au Pakistan (et certains abus.......). J’ai les nerfs à fleur de peau. Je sue l’anxiété. Pour eux qui voyagent avec Shiva, Vishnou, Krishna et compagnie, c'est-à-dire sur les petits nuages moelleux d’un hindouisme idéalisé, je sors tout droit d’un cauchemar.   
Lucien a décidé de retourner en Inde, un pays qu’il commence à bien connaître pour y être déjà allé deux ou trois fois. Je l’avais entendu dire un jour qu’il avait même poussé la visite du pays à aller voir "derrière les barreaux", mais je ne peux plus me rappeler pour quelle raison cela avait bien pu être, sinon que cela ne devait pas avoir été bien méchant puisqu’il en était ressorti après quelques jours (aventuriers, nous sommes, mais non crapules). Denis, lui, veut rentrer en France pour reprendre ses études. Il est comme moi-même, il ne perd pas le nord malgré toutes les tentations et toutes les expériences du voyage. Nous décidons donc de faire route commune jusqu’à Kaboul.
Ces derniers jours à Peshawar, je loge dans une très humble piaule sur le toit d’un hôtel, une véritable étuve. L’énorme ventilateur au plafond peine à pousser de ses pales l’air humide et lourd de ses 40 degrés et quelques. (Vous appréciez l’allitération ?).
Arrivé si loin dans mon récit, je suis sur le point d’ajouter une autre tuile à une liste déjà longue et de décrocher un pompon supplémentaire, comme si je n’avais pas eu assez de pépins jusqu'ici. Comme mon séjour au Pakistan commence à devenir vraiment épique, je crois opportun de tenter quelques alexandrins – histoire de divertir les lecteurs. Je parlais donc du ventilateur :
J’ai peur qu’il se décroche et me tombe dessus, Qu’il me coupe en charpie et qu’il me décapite.Je me force à sortir pour aller aux toilettes, Me regarde au miroir, vois le coin de mes yeuxJaunis, et mon urine, ambrée comme le miel, M’inquiète également. Couleurs plus que suspectes !Aux toilettes, l’odeur douceâtre et écœurante, Mauvaise messagère, accroit mon désarroi.
« Mxxxe ! », pour sûr, je me suis chopé une sale maladie, et je crois savoir laquelle !
J’espère que mes lecteurs sauront apprécier les rejets ou mises en relief de certains mots («... Jaunis.... » ; «....... douceâtre.... ») qui accentuent la mauvaise surprise qui m’attend aux toilettes. Bon, hein ! Je ne suis ni Baudelaire, ni Victor Hugo !
Le lendemain, je fais la queue pour obtenir le visa pour l’Afghanistan. Mon laissez-passer ne pose aucun problème, je n’ai qu’à payer les quelques 20 ou 30 roupies comme tout le monde. Puis je vais à la poste pour expédier un petit tapis que j’ai acheté pour une poignée de dollars. Je me fraye un chemin au milieu de tous ces Pashtos rudes et solides, m’accoude au comptoir.... et me sens pris d’un vertige. Je me plie en deux et là, au milieu de ces hommes au regard dur et hébété qui soudain s’écartent de moi, je vomis tout ce que je sais.    J’ai peine à remplir les formulaires et à payer. Je sors en titubant.
Aucun doute, il ne me manquait plus que ça, c’est une hépatite virale qui vient de se déclarer. Le soir, je vais dans un restaurant chinois avec Denis et n’arrive à manger qu’une cuillérée de riz blanc. 
Et pour changer encore de style, là j’ai opté pour l’annonce « abrupte » de cette crise en plein milieu de la poste de Peshawar. J’espère avoir ainsi réussi un effet percutant sur mes lecteurs. | | | À: GeorgesOZ · 27 avril 2011 à 12:55 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 188 de 260 · Page 10 de 13 · 1 798 affichages · Partager Mise à jour : les tout derniers jours à Peshawar, sur mon retour vers l’Afghanistan, j’ai une violente crise d’hépatite virale.
--
Le lendemain, je prends le bus pour Kaboul avec Denis. Nous arrivons à la frontière en haut de la fameuse Khyber Pass, dans un paysage de montagnes arides où les couleurs jaune, brune et ocre dominent. Tout le monde descend du bus et là, à droite de la route poussiéreuse ( avez-vous remarqué combien il y a de « routes poussiéreuses » dans les récits de voyage ?), on fait la queue pour passer au poste de contrôle Pakistanais. Tout le monde sauf moi. Au premier coup d’œil sur mes papiers, on m’a dit : « attends là ! ». Je suis assis dehors et j’attends.  Deux ou trois officiers viennent enfin m’interroger. « Quel est ton problème ? Depuis quand es-tu au Pakistan ? ». Les voyageurs avaient le droit à cette époque d’y rester un mois sur un visa normal, donc je réponds « un mois » (j’y étais depuis près de deux mois). Je n’ai en fait rien sur moi qui dise quand je suis entré au Pakistan. Le jour où on m’a délivré mon Laissez-Passer à Islamabad me tient presque lieu de date de naissance !
Je me suis souvent dit par la suite qu’il ne tenait qu’à ces deux ou trois hommes de s’être levés du mauvais pied ce jour- là, de mal voir ce bout de papier que je leur présentais en guise de passeport, de me refuser le passage et de me demander de revenir avec des papiers supplémentaires pour authentifier ma situation. Je n’ai pas le moindre doute que j’aurais alors fini par crever au Pakistan. Mais le bon sens prévaut. Que faire d’un énergumène pareil au Pakistan ? Autant l’expédier dans le pays voisin et à d’autres de régler leurs problèmes avec lui !
Je ne peux pas vous dire le bonheur que je ressens à remonter dans le bus, qui maintenant attend, tout le monde déjà à bord, de l’autre côté de la frontière ! Pouvez-vous imaginer mon soulagement d’avoir enfin réussi à sortir du Pakistan ? Kaboul n’est qu’à quelques heures de route, ville tranquille et familière où je pourrai me reposer – car je suis on ne peut plus faible – puis quelques heures d’avion et enfin la Doulce France !
Denis a décidé de se séparer de moi dès notre arrivée à Kaboul, car dit-il je suis trop dangereux, étant au début d’une hépatite virale carabinée et sans aucun doute contagieux. Il a déjà connu ça et ne tient pas du tout à répéter l’expérience. Mais avant de me souhaiter bonne chance, il me confie un flacon de « pills de Peshawar » - ce brigand n’avait pas oublié de faire des provisions avant de quitter Peshawar ! Selon lui, je n’aurai aucun mal à le passer puisque je prends l’avion. Quant à lui, plusieurs jours de route l’attendent : Iran, Turquie etc, quelques endroits où il ne fait pas bon se faire pincer avec ce genre de bagage.  
Je n’ai aucun mal, en effet, à passer les contrôles à l’aéroport de Kaboul, le flacon dans la poche droite de mon veston sans manches pakistanais. Dans l’appareil, je me retrouve assis à côté d’un Français plus âgé et sympathique qui me regarde des pieds à la tête d’un regard étonné. Il me raconte sa visite de Mohendjo Daro et de Harappa. Bien sûr, j’aurais eu plaisir à visiter ces ruines célèbres au Pakistan, dans des conditions plus normales....
Arrivée à Charles-De-Gaulle. Je n’arrive toujours pas à croire la désinvolture avec laquelle je pousse mon trolley sur lequel j’ai placé mon petit baluchon de rien du tout.   Habillé d’un shalwar kameez pakistanais fatigué et délavé, n’ayant aux pieds qu’une paire de sandales aux talons usés jusqu’à avoir des trous de la taille d’une pièce de 1 franc, mon flacon de « pills » négligemment laissé dans la poche droite de mon veston, je passe les contrôles comme si de rien n’était. Je revois encore et encore le geste de la main de l’un des douaniers, prenant à peine note de moi et m’incitant à passer mon chemin. Comme les astronautes du film « Species » (le film-séquelle de « La Mutante » en français), je reviens « sur Terre » porteur d’un mal vicieux.....  
C’est que depuis quelques jours je ne me faisais plus le moindre souci au monde. Sorti du Pakistan, j’avais l’impression que plus aucun mal ne pouvait m’arriver. Je me foutais complètement de tout. Ne pesant que 50 kilos, je me sentais léger et serein et j’avais l’impression de flotter à 20 centimètres du sol.   Je me moquais totalement des quelques regards curieux dans le métro. J’étais en route vers un endroit où je puisse enfin me reposer, commencer à penser aux moyens de me rétablir, et récupérer ma mise. | | | À: GeorgesOZ · 27 avril 2011 à 14:16 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 189 de 260 · Page 10 de 13 · 1 790 affichages · Partager | | | À: GeorgesOZ · 27 avril 2011 à 14:16 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 190 de 260 · Page 10 de 13 · 1 790 affichages · Partager Merci beaucoup pour ce récit, j'ai pris énormément de plaisir à le lire  . | | | À: GeorgesOZ · 27 avril 2011 à 14:30 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 191 de 260 · Page 10 de 13 · 1 784 affichages · Partager | | | À: Ilivic · 27 avril 2011 à 15:35 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 192 de 260 · Page 10 de 13 · 1 775 affichages · Partager Rideau.
... merci. - -- Je suis ravi de t'avoir fait plaisir, ainsi qu'à Fred et Jéjé qui se sont déjà manifestés  , et j'espère à quelques autres lecteurs. Je tenais à partager une aventure qui sortait de l'ordinaire - on parle beaucoup de voyages sur ce forum - et en même temps me forcer à la mettre par écrit et à m'en purger avec le recul du temps (plus d'un tiers de siècle!).
Mais..... pas de rappels????  
Non, non, je plaisante! Mais je crois que je vais rajouter une petite page encore....... | | | À: GeorgesOZ · 28 avril 2011 à 1:49 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 193 de 260 · Page 10 de 13 · 2 303 affichages · Partager bonjour,
encore MERCI pour ce fabuleux récit, (que j'ai commencé, il y a quelques jours et que j'ai littéralement dévoré !) sérieusement il ya "une très bonne patte " de la façon d'écrire, tout en ajoutant des anecdotes et informations diverses......1 grand écrivain est peut etre né? en tout cas, ça fait plaisir de lire des récits "authentiques " de trips dans les années 70 (et oui, pour ma part, né en 1979.....), de pays qui déviennent innacessibles ? actuellement ? ça donnne envie de découvrir l'afghanistan et le pakistan , enfin encore merci pour le voyage...........
joh | | | À: Misterjoh · 28 avril 2011 à 15:27 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 194 de 260 · Page 10 de 13 · 2 280 affichages · Partager Merci Johann pour tes compliments. Ça fait toujours plaisir  . Je suis surtout heureux d'avoir des réactions positives qui prouvent que je n'ai pas écrit tout ça pour rien et que j'ai pu faire plaisir à certains lecteurs. Mais pour devenir un "grand écrivain", il faut ou avoir du génie ou énormément travailler... ou les deux! Je crois que ce sera dans une vie prochaine. 
Peut-être auras-tu aussi plaisir à lire mes autres récits, sur l'Asie ceux-là et en particulier quelques aperçus sur la vie à "Bâan Nâawk", un petit village en Thaïlande où je vais me réfugier de temps à autre - mais rien d'aussi mouvementé que mon périple en Afghanistan et au Pakistan. | | | À: GeorgesOZ · 30 avril 2011 à 3:22 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 195 de 260 · Page 10 de 13 · 2 250 affichages · Partager Avant que mon récit tombe pour toujours dans les oubliettes de VF, je pense qu’il mérite que je lui ajoute quelques mots de réflexion finale.
--
Voilà donc, j’ai atteint le bout de mon récit. Je me retrouve tel le marin de Sailor’s Tale, ce morceau fou et superbe de King Crimson (dans leur superbe album Islands) : on imagine le marin, de retour d’un voyage fantastique, narrer ses aventures, et ça tourne rapidement au délire et au cauchemar. Faites confiance à Robert Fripp pour bien vous taper dans la figure ! Son solo de guitare est tout simplement démentiel : c’est le « bad trip » ultime......  Pour ce qui est des « îles », but mythique de bien des voyages, quelqu’un a suggéré que ce morceau fait à lui seul toutes les « faces cachées » (et potentiellement dangereuses) dont vous aurez jamais besoin !
Tel le marin de King Crimson, j’ai donc raconté ma version personnelle et vécue d’un voyage qui a mal tourné. Récapitulons ! Je ne pesais que 50 kilos à mon retour du Pakistan. J’avais l’hépatite virale, des parasites intestinaux, des plaies qui n’avaient pas guéri depuis plusieurs semaines et même des poux dans les cheveux. J’étais rentré au bercail sans passeport, n’ayant qu’un bout de papier comme preuve de mon identité. Je n’étais vêtu que d’un simple pyjama pakistanais élimé et n’avais comme bagage qu’un baluchon de 2 ou 3 kilos. Dire que j’étais une épave serait aller un peu loin, mais il y avait un peu de ça !
Évidemment, on avait voulu m’hospitaliser mais j’avais refusé. On ne pouvait pas m’y forcer. À quoi bon ? Je savais bien qu’on ne pouvait pas faire grand-chose contre l’hépatite virale, sinon m’astreindre à un repos total et à manger très léger. Je pouvais donc gérer ma convalescence tout seul. J’avais d’ailleurs commencé à retrouver un petit peu d’appétit dès Kaboul. De retour en France, j’étais comme au paradis. Je me levais la nuit pour me faire des chocolats chauds : n’avoir qu’à ouvrir le gaz et à craquer une allumette pour réchauffer le lait, cela tenait presque du miracle après le manque de confort de mon séjour involontaire au Pakistan.   
Il ne me fallut que quelques mois pour me rétablir et retrouver un poids normal, et je sus abandonner les quelques mauvaises manies que j’avais adoptées au Pakistan. Quant à la tête, il me fallut quand-même quelques mois pour remettre les pieds sur terre.
Près de 40 années se sont écoulées depuis le jour où j’ai pris la route vers l’Orient. De temps à autre, je pense encore à mes péripéties au Pakistan et m’étonne de la chance inouïe que j’ai eue alors. D’accord, je n’avais pas pu atteindre l’ Inde, qui était en fait le but de mon voyage. Certes, je m’étais retrouvé dans une situation extrêmement désagréable et je n’étais pas passé loin du désastre total. J’aurais bien pu y rester pour de bon. Sans doute, je pouvais regretter de ne pas avoir fait les visites dites « incontournables », voir Harappa et Mohendjo Daro par exemple. Mais, d’un autre côté, j’avais fait des expériences peu communes, j’avais rencontré des gens intéressants, et j’avais été poussé jusqu’aux limites de mes ressources. J’avais aussi dû me poser quelques sérieuses questions sur mon approche de la vie.
Tout simplement, je me considérais heureux d’avoir survécu à mes aventures, de m’en être sorti relativement indemne, et je pouvais envisager toute future épreuve avec équanimité.
Quand je revis ces aventures, je me rends compte à quel point j’ai pu me trouver proche de la déchéance totale, j’en ai des frissons dans le dos. Et il m’arrive de penser à tous ces gens que j’ai rencontrés alors :
- Gabriel K, mon ami de Band-e-Amîr : vit-il encore dans une communauté anarchiste ?
- Que sont devenus Jacques, « l’alchimiste incognito » qui me donnait l’exemple de son calme et de sa sagesse sur les hauteurs de Madian, et mon ami Américain Tom, qui m’avait aidé par sa gentillesse et sa patience dans mes moments difficiles?
- Les trois « frères Muhammad » sont-ils encore à faire les routes du Pakistan, en malangs aguerris ?
- Où sont maintenant les Québécois : mon ami à moitié Indien Charles, et Marie qui nous avait accompagnés dans notre trip des « sorciers du tcharss » et avec laquelle j’avais eu cette « confrontation des chiloms »?
- Les deux sœurs, Catherine et Martine, continuent-elles à se prendre pour des princesses et à torturer les gens par leur arrogance et leur attitude hautaine et méprisante ?
- Dans quelle prison Carlos a-t-il peut-être bien fini par pourrir ?
Sont-ils d’ailleurs encore tous en vie, ces gens avec lesquels j’ai vécu ces semaines au Pakistan, alors que certains d’entre nous recherchions la sagesse, sciemment ou non, mais en fait baignions en pleine folie ?
Et qu’en est-il de moi-même, me demanderez-vous? Ceux qui m’ont rencontré pourront témoigner que je suis loin d’être devenu une épave, bien au contraire. Que cela suffise, et je reprendrai cette fois pour de bon la phrase de Forest Gump :
« and that’s all I have to say about that ! »
“et c’est là tout ce que j’avais à en dire!” | | | À: GeorgesOZ · 30 avril 2011 à 8:50 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 196 de 260 · Page 10 de 13 · 2 244 affichages · Partager Clap clap clap !! belle tranche de vie | | | À: Fred71 · 30 avril 2011 à 9:34 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 197 de 260 · Page 10 de 13 · 2 234 affichages · Partager Sans ces expériences tu ne serais pas celui que tu es...
Merci encore et bonne route. | | | À: GeorgesOZ · 30 avril 2011 à 20:20 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 198 de 260 · Page 10 de 13 · 2 214 affichages · Partager sympathique ce happy end! bravo pour ton style et ton humour | | | À: GeorgesOZ · 30 avril 2011 à 22:15 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 199 de 260 · Page 10 de 13 · 2 210 affichages · Partager merci pour ce récit passionnant drôle et vivant  | | | À: Davek · 1 mai 2011 à 1:08 Re: Vers l'Orient dans les années 1970 Message 200 de 260 · Page 10 de 13 · 2 204 affichages · Partager Et merci à toi, Julien, namdreul et Fred (et d'autres) pour m'avoir suivi jusqu'ici, ainsi que pour votre appréciation! Hasta la vista, les amis! | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 6 494 visiteurs en ligne depuis une heure! |