Malheureusement, je crains fort de ne pas être très intelligente. J'ai d'ailleurs élevé au rang de philopsophie de vie le fait d'être toujours dans la moyenne, ni particulièrement brillante, ni particulièrement belle, ni particulièrement courageuse...juste noyée dans la masse des humains, et me dépatouiller comme je peux pour vivre une vie que je trouverais extraordinaire.
Je suis d'accord avec ton analyse du "bon côté de la barrière", effectivement on peut s'interroger sur l'endroit où on place la barrière et sur comment définir ceux qui sont du mauvais côté et ceux qui sont du bon côté.
Quand je parlais d'être née du bon côté de la barrière, il s'agissait là d'une conception totalement égoïste, visant à remercier le ciel ou quoi que ce soit d'autre, d'être née dans un des pays qui s'en sort et qui nous permet de profiter d'un certain nombre d'avantages, sans se poser la question de savoir comment ces avantages sont acquis.
Il est bon qu'on nous (me) rappelle de temps en temps certaines vérités.
Néanmoins, là où je crois que quelle que soit la conception qu'on peut avoir du bon côté, je suis bel et bien née du bon côté, c'est dans la possibilité qui m'est offerte de réfléchir sur le monde et son fonctionnement. Parce que je ne meurs pas de faim, parce que je ne vis pas sous les bombes, j'ai le temps de m'interroger sur le monde, d'élaborer ma propre éthique et d'essayer, à défaut de pouvoir changer le monde, d'appliquer cette éthique à ma vie de tous les jours.
Attention, je ne prétends pas qu'il faut être né dans un pays riche pour mener cette réflexion, je dis juste que le confort matériel de nos sociétés occidentales réduit à pas grand chose les difficultés matérielles quotidiennes et nous offre la possibilité de prendre le temps de la réflexion. Choisir sa vie est un luxe dont peu de gens disposent. Avoir le temps de réfléchir sur le sens du monde également.
Ce que tu dis ne fais que renforcer ce que j'essayais d'expliquer. Effectivement ce bonheur est acquis au prix de nombreuses souffrances. Je trouve par conséquent cela malvenu de se plaindre de ce confort et de cette richesse, de la possibilité d'aller à l'école et d'être soigné, de la possibilité de voyager, de s'ouvrir au monde, etc, alors que tant d'autres souffrent pour nous permettre ce confort.
En revanche, après avoir bien profité de ce système, à partir du moment où on a conscience de ce qu'il est, il est sans aucun doute de notre responsabilité de réfléchir dessus et d'essayer, chacun avec ses capacités, de le faire évoluer dans un autre sens. Nos estomacs étant bien remplis, nous devrions avoir l'énergie qu'il faut pour faire bouger les choses plutôt de tout envoyer ballader en disant que ce monde est pourri.
Mais je crois que sur le fond, nous sommes d'accord.