J.12 / J.13 / J.14 : Cap au sud, Don Det et les 4000 îles
La route qui mène de
Paksé à la région des 4000 îles est large, plutôt bien entretenue, et en à peine plus de trois heures nous arrivons à l’embarcadère de
Nakasang. Une pirogue nous attend le long du quai et nous fait traverser un petit bras du
Mékong pour atteindre
Don Det.
Premiers pas...
Nous voici donc au Sud du
Laos, là où le
Mékong se met à serpenter paresseusement entre la myriade d’îles et d’îlots qui en fragmentent le cours. Nous avons choisi l’ile de
Don Det, la plus connue, donc forcément la plus touristique. Ici, du moins pour quelques années encore, la pression touristique reste modérée. Beaucoup de voyageurs bien sûr, souvent jeunes. Je trouve qu’ils ressemblent à ce que nous étions trente ou quarante ans plus tôt. Comme souvent au
Laos, on est encore dans un tourisme de routards, adeptes du voyage lent, au rythme du pays, peu exigeants sur le confort et prêts à se déplacer avec les moyens du bord.
Le
Laos est encore à l’écart des grands circuits touristiques, et les Chinois, certes toujours plus nombreux, semblent pour l’instant se concentrer dans le Nord du pays autour de
Vang Vieng et de
Luang Prabang.
A peine débarqués, nous nous dirigeons vers notre hébergement tout proche, dans un petit renfoncement en arrière du quai, le
Don Det Hôtel
. L’ensemble construit sur deux niveaux, assez imposant, sans être ostentatoire, se fond harmonieusement dans le paysage. Au pied du bâtiment, un jardin arboré et fleuri où une belle pelouse d’un vert tendre mène à une vaste terrasse de bois, en surplomb du
Mékong. La vue est magnifique. Le fleuve ample, paisible et parsemé d’îlots, semble presque comme vitrifié à ce moment de la journée. A l’horizon, dans le bleu pur du ciel, se détachent les montagnes puissantes et arrondies du
Cambodge tout proche.
Ce n’est certes pas un hôtel pour routards fauchés, davantage pour boomers au niveau de vie confortable. Le prix de la nuitée, reste cependant modéré, pour nous, 50 euros la chambre, petit déjeuner compris.
Le propriétaire, un
Suisse, nous accueille avec cordialité et nous donne mille conseils pour profiter de l’île au mieux.
L’île de
Dont Det est de petite dimension. Assez étroite, 1,5 km de large d’une rive à l’autre, elle s’étire en longueur sur une distance de 3,5 kms. Il est donc assez facile de la parcourir à pied, à vélo ou en
tuk-tuk. La plupart des commerces et des établissements touristiques se concentre sur quelques centaines de mètres à proximité du grand embarcadère, puis très vite au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans l’ile le paysage devient plus rural. Et l’habitat plus dispersé.
En cette fin d’après-midi nous nous contenterons de quelques pas sur la berge Est qui nous a semblé davantage ancrée dans la vie locale que la rive Ouest apparemment plus festive.
Nous déambulons paisiblement le long du chemin sablonneux et arboré qui borde le
Mékong. Le long des bas-côtés, les petites maisons de style traditionnel alignent leurs façades de bambou tressé. Elles sont toutes sur pilotis et largement ouvertes vers l’extérieur avec leurs terrasses qui donnent à la fois sur le chemin et sur le fleuve.
Bien que spectateurs, nous nous sentons doucement happés par le quotidien apparemment si serein, de ces hommes et de ces femmes qui vaquent à leurs occupations. Et comme toujours dans ces pays dits du Sud, des dizaines d’enfants sortent d’un peu partout et jouent. Certains sur les berges du fleuve, d’autres dans des embarcations, d’autres plus petits qui se cachent sous les pilotis des maisons.
Le soleil a terminé lui aussi sa journée et il est temps pour nous d’assister au coucher du roi depuis la terrasse de l’hôtel. Ah les fameux «
Sunset » ! Il y a souvent quelque chose d’agaçant en voyage à vouloir toujours présenter au touriste un coucher de soleil comme l’acmé de la journée. J’en vois de très beaux à Sète sur mon étang de Thau.
Mais là, face au
Mékong qui s’empourpre de rose, face aux montagnes du
Cambodge qui assombrissent leur vert et avec mon verre de vin blanc italien en main, je dois avouer que ce moment fut, pour moi comme pour mes compagnons, un instant de grâce...