| Voyager longtemps fuite ou plaisir? Gabey · 9 mars 2013 à 10:13 44 messages · 14 participants · 5 638 affichages | | | | 9 mars 2013 à 10:13 Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 1 de 44 · Page 1 de 3 · 3 237 affichages · Partager Bonjour
Pour passer sur un autre post que celui de Bayernd77 nous nous posions la question
Le long voyage du type un an deux ans... une vie comme Bayernd77 la motivation c'est la recherche du bonheur, une fuite, une thérapie, un genre de suicide ou tout autre chose ? Le débat est ouvert Nous avns notre avis mais bon c'est ouvert..... vous avez la parole | | | À: Gabey · 9 mars 2013 à 11:29 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 2 de 44 · Page 1 de 3 · 3 207 affichages · Partager Tout est relatif, et dépend de chacun ;-) Pour certains (la majorité) vivre dans la société "de manière classique", et ce qu'elle propose, cliché "métro, boulot, couple, gamins, conso, dodo'" c'est ce qu'ils veulent, et trouvent "agreables", ou vivable, ou supportable; Souvent par conformisme, moutonnisme ?, pression sociale, peur d'être et de faire différent; Pour eux, ceux qui s'éloignent ou quittent radicalement ce mode de vie, sont surement des "oufs", des suicidaires, des 'inadaptés", ou que sais-je, ou des courageux qu'ils envient secrêtement
Pour d'autres (moins nombreux, ou ceux qui n'en veulent clairement pas ou plus), ce système n'est tout simplement pas leur rêve, ni ce qui leur apporte le bonheur, il peut même être pour eux insupportable, insensé, révoltant, surtout vu les inégalités pour "obtenir tout ça" et tout le monde n'y arrivera pas; Dans ce cas, vivre dans cette société injuste, violente, égoiste, consumériste, destuctrice envers la nature, envers les autres et soi-même, est parfois une forme de suicide, une mort lente, à l'encontre de ses rêves; A ce système qu'on essaye d'imposer à la planète entière, troquer le "marche ou crêve" par le "roule et rêve" (ou toute autre manière de vivre) peut être une solution Vagabonder et trouver un autre sens à sa vie, suivre ses vrais rêves, peut être une quête de bonheur, de sa liberté, et de fuite à la fois; Si ce n'est qu'une fuite, une réaction au malheur connu ailleurs, il y a peu de chance de cette échappée belle dure longtemps; mais s'il y a une réelle avancée positive, elle peut devenir une autre façon de vivre ou voir la vie; | | | À: Gabey · 9 mars 2013 à 11:43 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 3 de 44 · Page 1 de 3 · 3 185 affichages · Partager Voyager comme le fait David doit procurer un bonheur certain et en fait donc rêver plus d'un, car enfermés dans notre quotidien on rêve tous parfois de s'évader, de ressentir cette liberte qu'apporte le voyage à vélo, c'est donc un véritable choix de vie dans son cas car sur du très long terme et ça traduit donc une fuite par rapport à la vie antérieure.
Je reste persuadé qu'il n'est pas nécessaire de partir 1 an, 2 ans... une vie pour avoir le bonheur de ressentir les mêmes joies sur son vélo. Un long week-end de 3-4 jours à 200km de son domicile peut devenir très vite dépaysant dès lors qu'il y a une vraie rupture avec le mode de vie habituel. De toute façon, avec le travail c'est impossible de partir si longtemps sauf si congé sabbatique.
Quand on veut partir pour plusieurs années ou toute une vie, il faut donc quitter son travail et là naturellement je pense qu'on doit se marginaliser. J'ai même envie de dire que quitte à partir 2-3 ans, autant partir à vie (avec souvent l'obligation de retravailler en chemin dans ce cas, le voyage prend alors une autre dimension) car le retour aux sources doit être hyper compliqué et là les nombreuses joies du voyage peuvent vite laisser place à toutes sortes de galère.
Je ne l'ai pas vécu mais si certains ont connu ça, ça m'intéresserait vraiment de connaître l'état d'esprit dans lequel ils étaient après être revenu d'un long voyage à vélo et comment c'est passé cet "après voyage"; beaucoup disent d'ailleurs qu'une fois que t'y as goûté, tu ne penses qu'à repartir... Ce qui se vérifie déjà pour des voyages de quelques jours ou semaines, là grosse différence étant que tu ne t'es pas "désociabilisé", car même si on en rêve tous parfois opter pour une vie de nomade a forcemment de grosses conséquences, à assumer par la suite en échange du bonheur que ça peut procurer. | | | À: Gabey · 9 mars 2013 à 13:06 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 4 de 44 · Page 1 de 3 · 3 156 affichages · Partager De 20 à 25 ans j'avais une amie et un ami qui avaient un projet de voyage en voilier autour du monde.
Chacun après ses études a construit son voilier et est parti plusieurs années, donc nécessité de travailler en cours de route.
Mon amie avec son mari après plusieurs années de bourlinguage est revenue en France puis depuis a une vie classique; boulot, enfant etc.
Mon autre ami a rencontré une femme au brésil, a continué à voyager puis je l'ai perdu de vue.
Tout ceci se passait fin année 1970 jusqu'à environ fin année 1980
A aucun moment je n'ai entendu parlé de rêve, de fuite mais plutôt de voyager de voir du pays, de gouter à une vie exceptionnelle. Il n'y avait chez eux aucun malaise, aucune situation d'échec, de mauvaise intégration dans la société.
Tous deux savaient dès le départ que c'était exceptionnel donc que ça avait une fin.
Mon amie et son mari n'ont pas connu de galère pour le boulot. Ils ont ouvert un commerce de ski (location et vente). Après la mer la montagne !
Fin 70 ils y avait plein de gens qui partaient pour 1, 2 ans ou plus, en vélo, en moto, en voilier. Pour tous c'était le voyage d'une vie et aucun n'a jamais réitéré. J'achetais leurs bouquins. Aucun à part Moitessier sur son voilier tenait un discours très anti-société. Il souhaitait une société différente et nulle doute qu'il avait le projet de se construire une autre vie. Mais là aussi je ne vois pas de fuite, simplement une solution à un problème: je n'attends pas que la société change alors je change ma vie. Il en faut du courage pour construire un voilier et ensuite mener une vie plutôt précaire et pauvre sur un voiler rudimentaire. Sans compter que traverser une mer n'est pas tout le temps une sinécure. | | | À: Vfpromeneur · 9 mars 2013 à 13:24 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 5 de 44 · Page 1 de 3 · 3 146 affichages · Partager Ce que tu dis est à mon sens vrai; mais comme tu le dis : tes deux ami(e)s avaient leur projet en voilier comme un "voyage pour voir du pays", ils n'avaient pas forcément de mal ou de mal-être à vivre en société 'classique"; et ont voulu se mettre en couple, souvent gamins etc; alors que ceux qui partent pour vivre une autre vie, ont une vision et nature souvent assez différente : ils veulent vivre leur rêve ou le mode de vie qui leur convient, et ils ne veulent souvent pas ou plus de la vie "sociale imposée"; C'est donc une approche assez différente Un marcheur du dimanche, part faire un petit tour et puis revient Un pelerin vagabond, vit sur la route et poursuit sa libération spirituelle de cette façon Un touriste visitant les plaines americaines, rentre chez lui en ville après le voyage Un indien des plaines vivait et mourrait dans ces mêmes plaines | | | À: Vfpromeneur · 9 mars 2013 à 13:30 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 6 de 44 · Page 1 de 3 · 3 144 affichages · Partager En continuant dans le sens du voilier, je ne sais pas si certains d'entre vous ont regardé Thalassa d'hier. Ils exposent différents modes de coupure de ce monde de consommation.
Pour certains c'est un vrai gout de l'aventure, la recherche de la solitude et parfois d'un danger... Je trouve que l'exemple le plus intéressant est celui du jeune homme de 24 ans qui est parti seul en bateau au Cap Horn... On peut percevoir une volonté de débrouille et de ne rien devoir à personne, chose plaisante, mais aussi la "volonté" de découvrir autre chose, de nouvelles rencontres. Ce document à quand même des limites car, un couple se dit voyageur (voir une plage en bateau à moteur où s'entassent les touristes j'appelle pas çà une aventure).
pluzz.francetv.fr/...lassa_,78236751.html | | | À: Vfpromeneur · 9 mars 2013 à 14:17 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 7 de 44 · Page 1 de 3 · 3 116 affichages · Partager C"est bien cela et il y a bien deux états : le voyage d'une vie (comme David) a une limite dans le temps et le voyage à vie ! Maintenant la vie de SDF car dormir dehors (bivouac) cela s'appelle bien SDF n'est pas durable tout de même ! Une petite expérience de temps en temps histoire de... ais sur plusieurs mois...! | | | À: Gabey · 9 mars 2013 à 15:11 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 8 de 44 · Page 1 de 3 · 3 099 affichages · Partager salut a tous pour repondre aux sujet en cours tous sa et tre dur de nos jours de pouvoir partir plusieurs mois comme sa en voyage faire un tour du monde (financierements)  par contre de partir en velo ou sac sur le dos partir 1 semaine come sa m'arrive sa fait une bonne coupure  sortir de son confort train train | | | À: Gabey · 9 mars 2013 à 15:58 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 9 de 44 · Page 1 de 3 · 3 090 affichages · Partager Il y a autant de raisons de partir que de voyageurs, mais, je pense, la plus mauvaise est de partir pour fuir quelque chose. Ma première "escapade" à l'âge de 14 ans, hier en 1955 dix années après la fin de la guerre, je voulais voir autre chose que la misère. Trois mois après et 2000 Kms en France le retour au point de départ pour me rendre compte qu'il n'y a pas beaucoup de différences. En 1963 après l'épisode de la guerre d' Algerie et trente deux mois de service militaire, je suis repartie pour trois ans, cette fois-ci pour l'Afrique que j'ai sillonnée du nord au sud, de l'ouest en est, pour me rendre compte que j'étais plus voyeur que voyageur, je n'apportais rien aux gens ni aux pays que je traversais. Je suis rentré en pensant que je ne repartirais plus. Après une formation de plongeur pour travaux sous marin, je me suis spécialisé dans la plongée profonde, ou toutes périodes confondues, je ne devais travailler que trois ou quatre mois par an. Il fallait entre deux périodes de travail que je m'oxygène, et tout naturellement je me suis retrouvé sur un vélo sur les pistes et les routes de notre terre. Mais là ou est la différence c'est que je laissais le vélo est une grande partie du matériel sur place avant chaque retour. J'avais ainsi la chance de rouler que sur du matériel neuf. Fini les galères que j'avais connu quelques années auparavant en Afrique.
Tout cela pour expliquer que même avec de très mauvaises raisons, lorsque vous avez été contaminé par le virus de la route vous repartirez.
Bonne route à toutes et tous, quant à mois, depuis quelques années, je ne visite que la France, et j'ai encore beaucoup de choses a voir, et de rencontres a faire. | | | À: Navigaterre · 9 mars 2013 à 18:00 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 10 de 44 · Page 1 de 3 · 3 047 affichages · Partager la plus mauvaise est de partir pour fuir quelque chose.
Pour moi, c'est au contraire la seule raison valable. Voyager est gravé dans notre mémoire génétique. C'est l'instinct de survie qui nous ordonne de nous barrer en cas de danger imminent. C'est la façon de percevoir ce danger qui diffère ; il s'agit de fuir la misère pour les uns ou de fuir un monde matérialiste sans queue ni tête pour d'autres... La façon dont cet instinct s'est aiguisé au fil du temps aussi, varie d'un individu à l'autre. Les gens ayant subis des traumatismes dans l'enfance, étant sans doute plus prédisposés à déclencher ce genre de mécanisme. D'ailleurs, beaucoup de grands voyageurs avaient déjà des tendances à la fugue dès l'adolescence... | | | À: Erikavélo · 9 mars 2013 à 19:18 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 11 de 44 · Page 1 de 3 · 2 926 affichages · Partager Bonsoir,
En fait, cette discussion me fait dire qu'il y aurait deux définitions de la "fuite": Une positive, "le salut est dans la fuite", c'est celle que Erikavélo met en avant et qu'il m'est arrivé de pratiquer si nécessaire. Il y aurait aussi une autre définition négative et assimilée à de la lâcheté, celle par exemple où on se barrerait en laissant nos potes se débrouiller d'une situation où notre aide, notre solidarité leur serait précieuse. Je ne pense pas pouvoir voyager la conscience tranquille dans ce cas là.
Tout çà pour dire qu'il ne faut pas craindre d'assumer ce que l'on fuit quand on part pour un long voyage. Parfois, on en a marre et on veut prendre de la distance. Il n'y a rien de mal à cela. Au contraire, c'est plutôt courageux et libérateur pour nous et nos proches. | | | À: Gabey · 9 mars 2013 à 21:44 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 12 de 44 · Page 1 de 3 · 2 885 affichages · Partager Merci Gabey d'avoir ouvert cette discussion, le côté psychologique du voyageur à vélo m'intéresse particulièrement :)
Contrairement à ce qui a pu être dit plus haut je pense que plus le voyage est long plus il ressemble à une fuite. Je doute que celui qui part deux semaines en été fuit quelque chose, par contre je n'ai aucun doute quant au fait que celui qui part 15 ans fuit des conditions de vies qu'il ne supportent plus. J'ai rencontré quelqu'un il y a quelque mois qui s’apprêtait à partir pour 5 ans, le constat était clair et il ne s'en caché d'ailleurs pas. Je ne vois aucun mal à cela car le plus important dans la vie est bien le bonheur et si l'on est plus heureux sur le vélo qu'au boulot alors autant pédaler. Ceci dit, j'y vois une contradiction et un brin d’égoïsme : fuir la société sous prétexte que l'on y a pas notre place et continuer à profiter des avantages de celle ci sans apporter sa pierre à l'édifice. S'il n'y avait personne pour construire les routes sur lesquelles le cyclo roule, pour faire fonctionner les transports en commun qui permettent au cyclo de traverser les océans, pour créer la nourriture que le cyclo consomme... il n'y aurait tout simplement pas de cyclo. Et à ce titre, profiter du travail des autres pour réaliser ses "rêves" c'est être égoïste et c'est fuir ses responsabilités de citoyen. A l'inverse de celui qui partirait dans le bois vivre en autarcie sans ne rien demander à personne.
Reste à savoir si voyager toute une vie rend réellement heureux. Car au début tout est nouveau, tout est sujet à l'émerveillement, puis avec le temps la nouveauté devient routine et le voyage perd de son sens. J'ai rencontré au Laos un français qui avait partagé plusieurs semaines de route avec un cyclo parti de chez lui il y a plus de 20 ans. Il était lui même sur la route depuis 1 an et demi et suite à cette rencontre il n'était plus convaincu que le voyage comme raison d'être était source de bonheur et ne souhaitait surtout pas finir comme ça. J'ai par la suite rencontré un espagnol en route depuis 15 ans, et je n'ai pas retrouver cette étincelle dans l’œil caractéristique des autres voyageurs à vélo plus "raisonnables" que j'ai pu croiser. Sylvain Tesson en est le parfait exemple, toute une vie à courir après les kilomètres et il explique lui même dans son dernier livre que vivre dans la cabane, l’ermitage, lui a apporté l’apaisement que les kilomètres ne lui apportaient plus. Et a voir le film de son séjour en cabane, j'ai la sensation qu'il est plus proche du suicide que de l'éveil spirituel ! Il me semble que comme toute décision extrémiste, partir à vélo à durée indéterminé est un choix désespéré qui ne mène à rien. Pas au bonheur en tout cas. J'aimerais que des voyageurs sur la route depuis dix ans ou plus viennent témoigner et m'expliquer en toute honnêteté qu'est ce que le voyage leur à apporté de plus sur le plan personnel passé la première année de route, si ce n'est qu'ils étaient plus heureux sur la route qu'au boulot, car être "plus heureux" n'est pas être "heureux" et donc la solution est à chercher ailleurs que dans le voyage.
Pour parler de ma propre expérience, j'ai passé un an sur le vélo et lorsque je suis parti j'avais une grosse envie d'aventure certe, mais il y avait tout de même un fond de fuite, je ne m'en cache pas (pourtant j'aimais mon travail). Lorsque je suis arrivé à Vancouver (d'où j'ai prit l'avion pour rentrer en France), je n'avais qu'une envie, rejoindre Ushuaïa. J'étais très heureux sur mon vélo, cependant continuer à voyager ne m'aurait apporté absolument plus rien sur le plan humain et ne pas rentrer aurait été une fuite pure et simple. Pour la première fois depuis le départ j'ai fait preuve de courage et je suis rentré !
J'ai adoré ce voyage, voyager un an pour une première fois était top, mais aujourd'hui je pense qu'il est préférable de partir deux trois mois à plusieurs reprises plutôt que de "torcher" le monde une bonne fois pour toute en plusieurs années - heureusement en "seulement" un an j'ai encore matière à faire et rêver. Le voyage doit rester occasionnel et doit être entrecouper de retour à la "réalité" pour conserver son intensité et son intérêt. Quand la sensation d'être chez soit partout survient, c'est mort. Quand le voyage devient un mode de vie, c'est la fuite.
Le bonheur est en nous, non à l'extérieur, quelqu'un qui n'est pas heureux là où il est, ne sera heureux ni sur le vélo ni nul part ailleurs. La vérité absolue ou perfection se trouve dans l'équilibre non dans les extrêmes.
Je précise que ce n'est que mon avis, je ne prétends pas détenir cette vérité absolue mais raisonner par écrit m'aide aussi à me remettre les idées en place en cette période post tour du monde où l'appel de la route est toujours très fort ;)
A+ Bertrand. | | | À: Behrt · 9 mars 2013 à 22:23 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 13 de 44 · Page 1 de 3 · 2 874 affichages · Partager Reste à savoir si voyager toute une vie rend réellement heureux.
Si t'as personne avec qui partager ton émerveillement, même 15 jours ça peut être long... | | | À: Behrt · 10 mars 2013 à 0:28 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 14 de 44 · Page 1 de 3 · 2 851 affichages · Partager D'accord sur le fait que bien sûr le bonheur, de même pour le malheur, est avant tout un "état d'esprit", interieur, durable s'il est vrai, et que dans l'absolu il est independant du contexte exterieur ou de la situation "physique" de chacun, qui lui est par nature impermanent, changeant et jamais "parfait"; Par contre pour rester sur l'équilibre, interieur-exterieur, il est clair que dans ce monde relatif, le monde exterieur influence toujours plus ou moins les gens et les êtres, dans leur "état d'esprit", donc dans leur bien-être ou mal-être (à moins d'être un sage détaché de toutes choses); Dans ce contexte donc, il est clair qu'il y a des conditions de vie qui favorisent le bonheur, et d'autres qui y nuisent; Et je suis sûr qu'un jeune cambodgien exploité dans une usine, sera certainement bien moins heureux, ou dans de bien moins bonnes conditions de vie pour l'être, plutot que le voyageur, le touriste ou le "rentier", qui se baladent et se prélassent pour leur plaisir, sans trop de contraintes; Or, la société humaine, d'ici ou d'ailleurs, le ou les "systèmes" sont tout sauf "parfaits", ou propices à engendrer les bases essentielles au bonheur, que sont entre autre : la liberté et l'independance totale de chacun, la paix, le respect de la nature et de tous les êtres vivants (et pas seulement humains), la fraternité, l'égalité, la justice etc; Je dirais même que ce système (au niveau mondial, national, local, etc) est presque l'inverse : c'est un système marchand, basé sur le travail, l'exploitation économique des êtres et des choses (de la nature aussi et de ses ressources), donc sur l'exploitation et le marchandage de la vie; La crise écologique, démographique (surpopulation humaine), économique, le sur consumérisme, les inégalités, l'exploitation du vivant (forêts, océans, faunes, flores etc) et sa destruction, l'exploitation des gens, l'autoritarisme des états, des religions, des familles, etc, etc; tout cela ne fait qu'engendrer toujours plus de malheurs sur terre, d'oppressions, de peurs, de dominations et rapports de force à tous les étages; Ce système qui est proposé et imposé partout et de plus en plus, est un système d'esclaves, de "moutons", du "marche ou crêve", où "dieu" a été remplacé souvent par la course au fric (le dieu vénéré moderne); Les gens ne se soumettent plus à une "volonté divine", mais à la quête d'argent, des possessions matérielles, de relations, du sexe, de la propriété privée, de la "pseudo respectabilité" que l'on pense trouver en se conformant à un conformisme, comme celle du dictat de la famille, gamins, de la voiture pour tous (qui est une forme de dépendance, et de fausse liberté, qu'ont réussi à "vendre" aux peuples les commerciaux industriels, bref les pollueurs, et j'en passe; Tout ce système attise l'avidité, la haine, les rivalités, et ne mets pas fin à l'insatisfaction, à la souffrance des êtres, de leur naissance à leur mort; Conditionnement par l'uniformisation du mode de vie, à commencer par "l'éducation" des gamins, qui est surtout une forme de bourrage de crane, et de lavage de cerveaux, et qui tue leur liberté, souvent leur joie de vivre naturelle, pour faire d'eux, de bons petits soldats qui perpétueront le système;
Dire que partir (à vélo ou autres) est une fuite, même si on reste en bonne part "en contact" avec les gens et le monde (ne serait-ce que pour acheter sa nourriture, ou quelques transports), est donc en parti vrai; mais est-ce péjoratif de "fuir" ou d'essayer en tous cas de fuir un système pareil ? A chacun de voir, mais le désarroi des nouveaux arrivants ou de certains d'entre eux, dans ce monde où ils se demandent s'ils vont devoir s'y conformer et "perdre leur vie à la gagner", me parait légitime, et le questionnement et les choix jugés "extrêmes" par certains, pas forcément plus "extrémiste" que ce modèle de société qui détruit chaque jour la terre, la vie, les océans, la liberté, la paix, la compassion, ce qui n'a pas de prix, et qui seul a vraiment de la valeur | | | À: Roulelemonde · 10 mars 2013 à 0:48 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 15 de 44 · Page 1 de 3 · 2 842 affichages · Partager J'ajoute en guise de résumé, que si on ne peut pas "changer un système", ou le supprimer, que ce soit les "états", les hierarchies, les "pseudo pouvoirs", gouvernements, et sociétés, les modes de vie liberticides; il ne reste qu'à se "changer soi même" et quitter tous ces systèmes, peu à peu, ou d'un seul coup, les boycotter pour cesser de les alimenter, s'en libérer, et tracer son propre chemin | | | À: Roulelemonde · 10 mars 2013 à 0:49 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 16 de 44 · Page 1 de 3 · 2 826 affichages · Partager C'est juste le mot " fuite " qui est péjoratif dans nos sociétés. C'est normal si l'on songe que dans bien des cas, il est synonyme de " refus de se soumettre ". Enfin pas pour tout le monde. Un fils de bonne famille qui par faire le tour du monde, on dira qu'il va s'enrichir d'expériences nouvelles mais un pauvre qui fait la même chose, sera perçu comme un lâche et un bon à rien. | | | À: Gabey · 10 mars 2013 à 1:03 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 17 de 44 · Page 1 de 3 · 2 817 affichages · Partager Bonjour à tous
je viens de parcouriir les différents avis et tous méritent une lecture plus appliquées... je vais donc prendre mon temps....Ce que je retiens par contre et je suis un peu de cet avis plus le voyage est long et sans destination précise une errance en fait, plus cela ressemble à une fuite mais aussi à un genre de suicide révélateur d'un mal être profond c'est certain. D'ailleurs sur un autre registre ne peut on pas penser que les efforts extrèmes style marathon, ironman etc.. sont un peu une destruction de soi? | | | À: Gabey · 10 mars 2013 à 20:27 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 18 de 44 · Page 1 de 3 · 2 693 affichages · Partager Ce que je retiens par contre et je suis un peu de cet avis plus le voyage est long et sans destination précise une errance en fait, plus cela ressemble à une fuite mais aussi à un genre de suicide révélateur d'un mal être profond c'est certain.
Chacun apporte sa pierre à l'édifice et de l'eau pour alimenter le moulin, à notre tour de vous faire partager notre philosophie du voyage à vélo!
Ayant travaillés tous deux durant de longues années en prenant soins d'éduquer nos enfants et maintenant grands parents, il ne nous était pas possible de partir plus de 5 mois de suite et rentrions à chaque fois frustrés de ne pas pouvoir continuer. Bientôt libre de tout engagement, nous envisageons un long voyage à vélo sur plusieurs années, c'est à dire sans date de retour définie et ce sans destination précise, au gré de nos envies, cela a toujours été notre mode de fonctionnement, le moins de contrainte possible sur nos vélos. Ceci dit, nous n'avons aucun sentiment de fuire quoi que ce soi en encore moins de tendance suicidaire  mais tout simplement l'envie de voir, découvrir, rencontrer, goûter, partager, aussi simple qu'un coup de pédale.
D'ailleurs sur un autre registre ne peut on pas penser que les efforts extrêmes style marathon, ironman etc.. sont un peu une destruction de soi?
Pour avoir pratiqué pas mal d'activités tels des 100 km à pied, ascension de sommets, compétition de vélo, raids en montagne, vous ne pouvez vous imaginer les joies et plaisirs euphoriques que ce genre de dépassement de soi vous procurent, n'avez vous jamais entendu parler de cette hormone, l'endorphine que sécrète le corps lors d'efforts physique intense, c'est exactement l'inverse de ce que vous affirmez. Il n'est jamais trop tard pour y goûter. | | | À: Joievelo · 10 mars 2013 à 22:21 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 19 de 44 · Page 1 de 3 · 2 660 affichages · Partager n'avez vous jamais entendu parler de cette hormone, l'endorphine que sécrète le corps lors d'efforts physique intense, c'est exactement l'inverse de ce que vous affirmez. Il n'est jamais trop tard pour y goûter. 
J'ai fait un peu de compet et de la CAP mais je n'ai jamais ressenti de sensation d'euphorie à ce point. De la satisfaction oui mais pas de quoi passer pour un " drogué ". Ça doit être très personnel. Au contraire, un entrainement raté était plus souvent source de frustration pour moi.
Et c'est justement pour ça que j'ai décidé d’arrêter de rouler en regardant mon chrono. J'ai juste conservé le réflexe de controler ma FC pour mieux gérer mon effort et éviter de trop me fatiguer car je n'ai plus 20 ans... | | | À: Joievelo · 10 mars 2013 à 23:05 Re: Voyager longtemps fuite ou plaisir? Message 20 de 44 · Page 1 de 3 · 2 639 affichages · Partager Bientôt libre de tout engagement, nous envisageons un long voyage à vélo sur plusieurs années, c'est à dire sans date de retour définie et ce sans destination précise, au gré de nos envies, cela a toujours été notre mode de fonctionnement, le moins de contrainte possible sur nos vélos. Ceci dit, nous n'avons aucun sentiment de fuire quoi que ce soi en encore moins de tendance suicidaire  mais tout simplement l'envie de voir, découvrir, rencontrer, goûter, partager, aussi simple qu'un coup de pédale.
Soit mais je conçois qu'un couple puisse avoir un idéal commun et là on peut parler de partage etc... Une personne seul au fond d'un bois en bivouac qui se cache pour ne pas être viré et qui est sur la route depuis disons deux ans ! bon c'est peut être un homme heureux pourquoi pas !
En ce qui concerne les efforts longs, les hormones etc... et sans vouloir polémiquer j'ai aussi pratiqué ce genre d'efforts. Tu as parfaitement raison cela procure de grands plaisirs mais à quel prix ! Les entraînements par exemple pour le marathon. Suivre un plan d'entraînement à la lettre, se culpabiliser quand tu ne peux pas aller t'entraîner, les blessures en ce qui concerne la course à pied qui au départ est un sport censé apporter le bien être ! les séances de kiné, le froid sur les muscles. j'ai fait pas mal de courses très longues et j'ai vu des gars ou des filles qui ne semblaient pas prendre un grand plaisir. Ensuite le bien être pour la santé par exemple des tests ont été fait sur des participants à l'ironman d'embrun. Ces tests ont mis au jour le vieillissement prématuré du coeur sur ce genre d'épreuve. Non franchement certes les endomorphines etc.. donc la drogue et d'où la notion de suicide voir le nombre d'anciens sportifs de haut niveau ou pas d'ailleurs drogués et pas de manière naturelle. le sport ok les extremes pas certain du positif! | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 529 visiteurs en ligne depuis une heure! |