Bonsoir,
Juste quelques reflexions au sujet de l'enthousiasme que suscite à travers le monde l'élection d'Obama.
Tout d'abord ne perdons pas de vue que ce n'est pas le président du monde qui a été élu, mais le président des
USA.
Comme tous les présidents l'ayant précédé, Obama privilégiera les intérêts des
USA, rien que de plus normal.
Mais n'oublions pas que les intérêts des
USA ne sont pas forcément ceux de l'Europe ni ceux du reste du monde.
En cette période de récession et de crise du pétrole à venir, on peut craindre que les
USA jouent "perso" au détriment du reste du monde.
Sur la rupture avec les années Bush, ce qu'annonçait Obama pour l'Irak c'est un retrait des troupes quelques mois plus tôt que ce promettait Mc Cain.
Sur l'Afghanistan: pas de retrait à attendre, au contraire les troupes seront renforcées.
L'encerclement de la
Russie par un réseau de missiles: on continue.
Elargissement de l'OTAN à l'
Ukraine et à la Géorgie: on continue.
Sur le traitement de la crise économique, Mc Cain et Obama annonçaient presque la même chose: l'Etat Fédéral interviendra plus dans l'économie et un plan de relance sera mis en oeuvre.
Pas de vrai différence entre les deux, faute de programme détaillé de part et d'autre.
Aujourd'hui Obama a gagné (je ne m'en plains pas loin de là).
C'est dans le détail de son programme qu'on verra s'il y a rupture ou simple correction de cap vers plus de réalisme et moins d'idéologie.
Un plan de relance économique financé par des fonds fédéraux qui ne bénéficierait qu'aux grosses entreprises, au secteur financier ou au lobby militaro-industriel, ce ne sera pas une rupture, mais juste un replatrage du système.
Le même plan de relance, s'il bénéficiait en priorité à ceux qui ont perdu leur maison, à ceux qui ont perdu leurs pensions de retraite, aux plus pauvres, à créer un sytème d'assurance maladie et à remettre à niveau les infrastructures du pays, ça ce serait une vrai rupture. Du jamais vu depuis Roosevelt.
Et là dessus le parti démocrate est divisé.
Je ne dis pas qu'Obama n'a pas cette intention de "rupture". Je dis simplement: attendons, rien n'est encore certain. Et Obama devra d'abord compter ses soutiens au sein de son parti avant de se lancer dans des réformes de fond.
Cordialement.
Philippe