Ouarf ! J'avais pourtant décidé de ne plus participer à VF car, sur des propos biens banaux, comme la recherche d'équipiers, je m'étais fait copieusement rabroué et même insulté.
N'étant pas masochiste j'avais coupé les ponts avec les harpies du forum aux 10.000 messages dont on se demande quand elles ont le temps de voyager.
Bon, la
France, ou du moins ce qu'il en reste est donc le sujet posé.
Un peu de sémantique, quand même.
Quand Karl Marx a affirmé que "les prolétaires n'ont pas de patrie" c'était aller un peu vite en besogne.
"Oui la patrie est une baliverne
Un sentiment doublé de lâcheté"
commentera Charles d'Avray dans "Le triomphe de l'Anarchie"
Mais l'assertion de Marx fit grincer les dents à un autre barbu de l'Internationale : Michel Bakounine. Mais lui y donna le sens socio culturel qui était le terreau des prolétaires et donc de la lutte des classes et cela n'était nullement incompatible avec l'internationalisme prolétarien où la "convergence des luttes" ne niait nullement les racines des parties concernées.
Les seuls qui n'ont pas de patrie sont les capitalistes qui délocalisent dès qu'ils se sont aperçus qu'ils peuvent payer un peu moins les prolétaires d'un pays plutôt que d'un autre.
Car il y a plusieurs concepts qui se superposent.
Il y a, tout d'abord, une classe de base (comme on dit en programmation objet) qui est le territoire. Cela est une notion objective et nullement idéologique. Toutes les bestioles, ou groupe de bestioles, ont un territoire et le défendent contre ceux, fussent-ils de leur espèce, qui voudrait l'envahir. Nous pourrions appeler ça le territorialisme. Sur cette classe de base on a dérivé d'autres classes plus idéologiques comme la "patrie", notion que l'on ressort en temps de guerre ("On croit mourir pour sa patrie, on meurt pour des industriels" écrivait Anatole
France après le grand massacre de 14-18). Et Churchill complétait avec son humour cynique : "il n'y a aucune intérêt à ce que vous mourriez pour votre patrie, débrouillez-vous pour que les salauds d'en face meurent pour la leur".
Il y a aussi une autre classe de base, plus spécifique aux humains, et qui est l'identité. Celle-ci est culturelle, linguistique mais aussi lié à ce qu'il découle du cadre de vie.
Donc une fusion des classes territoire et identité serait donc le vrai fondement des groupes humains.
Mais ça ne plaisait pas à certains qui ont eu la pétoche de leur vie dans le mouvement de mai 68 même si ce dernier n'était, objectivement, qu'un épiphénomène. Aussi tous les tenant du capitalisme financier (donc non keynésien et non fordiste) décidèrent d'asseoir leur pouvoir sur les esprits et faire gober toutes les régressions sociales et économiques en déterrant, car il était un peu passé aux oubliettes, le plan Coudenhove-Kalergi.
De quoi s'agit-il ? Son promoteur, ayant de peu loupé la farce du prix Nobel de la Paix, ne proposait pas moins que de supprimer les deux classes de base : le territoire et l'identité de façon à obtenir des masses soumises coupées de toutes racines. Pour se faire il fallait, outre l'abêtissement des médias, injecter des populations tierces d'un niveau zéro au niveau culturel, abruties par la religion la pire du moment, et ne considérant que le territoire où elles seraient que comme "dar el harb" terre de conquête.
Ce fut donc le "regroupement familial" de Giscard et Chirac, un décret sans vote, et qui allait changer complètement la nature de l'immigration, anciennement de travail et devenue de peuplement.
Tous les moyens financiers furent mis en oeuvre pour rendre cette invasion attractive. Bien sûr au détriment des indigènes qui subirent eux, une régression féroce de leur niveau de vie (j'ai une pension retraite de 89 EUR/mois soit 10 fois moins que ce que touche un "demandeur d'asile", sans parler d'autres avantages en nature (logement, santé, etc.). Toute une mafia dite "humanitaire" fut mise en place pour assurer la logistique de l'opération car "il en faut des millions" affirmèrent Jacques Attali et Daniel Cohn-Bendit. Et l'islam fut promu religion d'État par Sarkozi ainsi que fut bafoué la loi de 1905.
Que fit alors le peuple français ? Rien ! A part quelques manifs contre le mariage gay. Je n'ai pas trop compris en quoi ça retirait quoi que ce soit au mariage hétéro, mais c'était devenu ça la
France. Il continua à veauter gauche-droite afin que rien de change et empire plutôt. J'amuse les argentins en leur disant qu'ils ont leur Macri et nous notre Macron.
Mes derniers rapports avec la
France furent ceux de l'arnaque : me demander du fric que je ne leur devais pas et refuser de me remettre celui qu'ils me devaient (il a fallu un référé contre la Société Générale qui refusait d'abouler le fric des comptes de ma mère décédée alors que le notaire avait fait tous les quitus pour cela).
J'en suis donc parti il y a 7 ans (et même 10 car je naviguais avant) et je ne le regrette pas. La culture française c'est devenu quoi ? Des livres (dont 20.000 sous forme électronique que j'ai engrangé sur mes disques durs), des vidéos, de la musique, toutes choses pouvant être transportées. Où je vis, je vis bien, à perdurer en
France j'aurais fini sdf. Car il faut être très friqué pour vivre en
France. De plus on y nage dans les interdictions permanentes de tout et de n'importe quoi.
Pour finir je vous mets le début de Variété de Paul Valéry qui, bien qu'écrit en 1924 reste toujours d'actualité
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.
Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d'empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l'épaisseur de l'histoire, les fantômes d'immenses navires qui furent chargés de richesse et d'esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n'étaient pas notre affaire.
Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais
France,
Angleterre,
Russie... ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l'abîme de l'histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu'une civilisation a la même fragilité qu'une vie. Les circonstances qui enverraient les œuvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les œuvres de Ménandre ne sont plus inconcevables : elles sont dans les journaux.
PS : Ne comptez pas sur moi pour me piéger dans des enfilades hargneuses. J'ai dit ce que j'avais à dire "et je m'en vais, au vent mauvais qui m'emporte..."