Désolé d'avoir tardé à vous répondre....
Vous êtes tout excusé car je mets moi aussi bien souvent du temps à répondre...
L'apprentissage de l'espéranto est neutre et respectueux de tous.
Comme expliqué à Cyrilleho et sans vouloir raviver la polémique, je ne trouve vraiment pas que l'espéranto soit neutre et respectueux de tous, eu égard au fait que 75% de son vocabulaire sont issus des langues romanes, sans parler de sa grammaire somme toute largement indo-européenne...
Si cela peut vous intéresser, nous en avons discuté ici :
voyageforum.com/..._anglais_D5805779-5/
Considérons un enfant qui a comme langues apprises à la maison le français et le polonais. Sa famille vit en
France. Le développement de la langue polonaise risque d'être ralenti et moins favorisé dans le contexte socioculturel, sa maîtrise du polonais sera plus faible. Le contraire serait vrai si la même famille vivait en
Pologne à cause du contexte socioculturel.
C'est vrai, mais ce n'est qu'un risque qui n'est pas toujours vérifié. Je connais pas mal de bilingues et même de trilingues qui parlent indifféremment français et leur(s) langue(s) familiale(s).
Dans l'hypothèse où la même famille vit en
Grèce, quelle langue l'enfant pourra développer... Naturellement, l'enfant ne fréquentera ni une école française réservée au expat. ni une école internationale. Il fréquentera l'école de proximité.
À la fin de sa scolarité, l'enfant sera trilingue ou quadrilingue. Est-ce qu'il maîtrisera une de ses langues maternelles?
Je pense que les langues pratiquées au sein de sa propre famille sont déterminantes et que bien qu'éduqué dans la langue (ou dans les langues) du pays où il réside, un enfant maîtrisera la plupart les idiomes familiaux à la condition que les parents n'aient pas de barrières et n'hésitent pas à lui parler dans leur(s) langue(s). J'ai évidemment en tête des exemples de familles composées d'un père et d'une mère étrangers qui se sont refusés à parler à leur(s) rejeton(s) dans leur(s) langue(s) ; du reste l'ont-ils pour la plupart amèrement regretté par la suite...
Pour moi, votre expérience bien que valable demeure exceptionnelle.
Sans doute avez-vous raison car quand on y réfléchit, je ne suis certainement pas totalement objectif... Je suis conscient que j'ai eu énormément de chance à ce niveau-là...
En contexte montréalais,
Montréal est une ville cosmopolite, il y a beaucoup d'enfants d'immigrants qui conservent leur langue d'origine et qui par la force des choses deviennent assez rapidement trilingues voire quadrilingues. Ils sont souvent le lien entre les parents et la communauté d'origine où l'anglais sera le plus souvent utilisé, favorisé et encouragé. À l'école, le français est la langue de scolarisation. Ils finissent toujours après deux ou trois générations par abandonner leur langue d'origine au profit de la langue la plus socialement et économiquement prestigieuse.
Hélas... On ne devrait pas ramener le fait linguistique à des considérations bassement économiques et je déplore cette réalité que vous dénoncez...

Il y a aussi la situation d'enfant de familles exogames qui parlent deux langues de manière simultanée à la maison. Si ce sont les deux langues nationales, dans le cas du
Canada, ce sont l'anglais et le français, l'une d'elle sera moins développée selon le
contexte socioculturel. L'anglais sera bien acquis même au
Québec. La pression sociale et culturelle est telle que la langue française ainsi que les autres langues sont toujours perdantes au profit de la langue anglaise.
C'est sûrement vrai au
Canada, mais pas dans d'autres pays.
Pour qu'un langue vive, elle doit être accompagnée d'une vie culturelle riche et diversifiée. Autrement elle sera utilisée de moins en moins. Cela prend une très forte volonté pour vouloir et pouvoir maintenir sa langue d'origine dans ce genre de contexte.
Entièrement d'accord !
J'ai été déçu de converser avec un Galicien qui me disait regretter que la scolarisation de ses enfants se soit faite en galicien car c'était maintenant un désavantage économique. J'ai été surpris de rencontrer une catalane qui parlait seulement catalan.
Il est regrettable que le galicien soit moins considéré que ne l'est le catalan... Je parle pour ma part catalan et parmi tous les Catalans que je connais, les rares qui ne parlent pas castillan ont largement plus de soixante-dix ans et vivent dans de petits villages, dans des
poblets, comme on les appelle là-bas...
J'ai aussi été estomaqué de me faire accueillir en anglais au Louvres. Malgré ma demande et mon insistance, la préposée à l'accueil a poursuivi en anglais! Est-ce cela le bilinguisme... c'est-à-dire l'imposition d'une langue commune comme le hamburger insipide de la restauration rapide?
Je vis à
Paris la plupart du temps et ai le même genre d'expérience que vous ! J'ai aussi vécu ce genre de situation en
Catalogne (où l'on me parlait en espagnol plutôt qu'en catalan) et en Géorgie !!! Je puis vous assurer que pour un locuteur natif du géorgien, c'est plutôt déstabilisant, pour ne pas dire très irritant...
Bilinguisme additif (Wallace Lambert)
Situation bilingue où l’enfant a pu développer ses deux langues de façon équilibrée et a pu, à partir de son expérience bilingue, bénéficier d’avantages sur le plan de son développement cognitif; cet état se retrouve surtout lorsque les deux langues sont valorisées dans l’entourage socioculturel de l’enfant.
Bilinguisme soustractif (Wallace Lambert)
Situation bilingue où l’enfant a développé sa seconde langue au détriment de son acquis en langue maternelle et qui peut entraîner des désavantages sur le plan du développement cognitif; cet état se retrouve lorsque l’entourage dévalorise la langue maternelle de l’enfant par rapport à une langue dominante, socialement plus prestigieuse.
J'avoue ne jamais avoir entendu parler de Wallace Lambert. C'est apparemment un psychologue et me renseignerai sur ce qu'il a pu rédiger, touchant le domaine linguistique... En tout cas, sans doute me situé-je dans la première catégorie... C'est là encore une chance, j'en témoigne...
Il est possible de s'intégrer à une société tout en conservant sa langue d'origine et sa culture mais cela me paraît tout à fait impossible et contradictoire lorsqu'il y a assimilation.
Je vous l'accorde.
Est-ce qu'en
France, le consensus social et accepté de tous, qui n'est pas toujours remis en question, est que le français est la langue commune? Les gens peuvent parler la langue qu'ils veulent dans leur famille mais la communauté et l'école transmettent la langue et les bases d'une culture commune. L'école se chargera comme elle s'est affairée si bien à le faire, à normaliser, à rendre pareil les élèves et à imposer la langue française, cela même au détriment des langues régionales.
Je tombe totalement d'accord avec vous et déplore que l'unité nationale et la francisation hexagonale se soit fait au détriment de langues régionales valeureuses littéralement assassinées, durant la IIIèmeRépublique, notamment... Revers du destin, l'unité nationale française se trouve de nos jours remise en question, preuve que le système républicain à la française est très loin d'être la panacée...
Pensez-vous que si on avait permis aux langues régionales d'être fortes et de rayonner en
France que l'unité linguistique aurait été faite?
Non, je ne le pense hélas pas, mais il est des pays comme la
Suisse (fédéraliste) et l'
Allemagne où l'unité linguistique s'est faite dans le parfait respect des idiomes dits régionaux. Mon père ayant longtemps travaillé à l'étranger, j'ai vécu presque cinq ans de ma vie en Haut-Valais (à Brig) où j'ai eu la chance insigne d'être scolarisé en allemand standard (
Schriftdeutsch) et en alémanique valaisan (
Wallisertiitsch), et je peux vous affirmer que l'alémanique s'est maintenu de façon spectaculaire et que tous les Alémaniques que je connais sont capables de s'exprimer indifféremment dans leur(s) dialecte(s) et en allemand, voire en français et en italien, nonobstant leur prononciation helvétique que je trouve personnellement charmante lorsqu'ils recourent à la langue de Goethe.

Allez demander cela aux Cadiens de la Louisiane qui de manière systématique se faisaient battre pour avoir parler français à l'école ou aux Fransaskois et autres franco-canadiens (Québécois inclus) qui se faisaient apostropher lorsqu'ils utilisaient le français et se faisaient répondre : english please! ou speak white...
Je me trouvais à Lafayette voici quelques années (en 2008, je crois) pour le travail et ai assisté à ce genre de scène dans un bureau de poste... Une vieille dame s'est vue morigéner fermement par un morveux d'à peine vingt ans pour avoir eu l'audace de lui parler cajun (cadien, si vous préférez)... Je trouve cela honteux et déplore là encore les dégâts imputables au rouleau compresseur anglophone...

L'
assimilation culturelle, ce qui inclus la langue, est une forme d'
acculturation
, au cours de laquelle un individu ou un groupe abandonne totalement sa culture d'origine pour adopter les valeurs d'un nouveau groupe. Celle-ci n'est qu'une des phases possibles de l'acculturation et, si elle se réalise, elle n'en sera que la phase terminale.... elle, peut faire l'objet d'un programme social structuré lorsqu'associé à un projet de
société
. (
fr.wikipedia.org/...ia:Accueil_principal
)
J'espère de tout mon cœur que les Canadiens francophones sauront maintenir le français dans leurs foyers et prie pour que le lent déclin du cajun (et des dialectes francophones du
Canada) soit enfin enrayé...
Merci pour vos réponses brillantes !