Ah! contente de savoir que sa supercherie est de notoriété publique!
Ce qui est grave, c'est que même si elle n'a rien vécu de tout cela, elle donne des Aborigènes d'
Australie une image fausse, une peinture de paradis perdu.
Si le sujet t'intéresse, il y a "Le chant des pistes" de Bruce Chatwin, qui ne tartine pas mais qui -pour faire dans le réalisme - ne manque pas pour autant de poésie!
Il y a aussi... "My place" de Sally Morgan, j'ignore s'il a été traduit en français.
Le très beau film "Rabbit proof fence" ("les chemins de la liberté") qui n'est pas, comme quelqu'un l'a dit plus haut, une fuite devant un camp de travaux forcés où les Aborigènes étaient envoyés, mais une fuite devant la politique du gouvernement australien au début des années quarante: les enfants issus d'Aborigènes et de colons blancs (il y en avait beaucoup, les femmes Aborigènes ont été "honorées" plus qu'à leur tour par de nombreux nouveaux Australiens) présentant suffisamment de "peau claire" pour avoir des chances de donner un jour naissance à des "vrais" Australiens, bien blancs, ont été kidnappés à leur famille, envoyés dans des espèces de missions, éduqués, (!) et placés dans des familles blanches, le plus souvent des familles qui n'avaient pas d'enfants. Très peu de ces enfants ont retrouvé leur vraie famille. On les appelle "the stolen generation" (la génération volée).
A Alice Springs, le vieux bonhomme qui fait visiter l'ancienne station du télégraphe (cette station était connue sous le nom de "bungalow", je crois? si je me trompe je rectifierai ou quelqu'un ici rectifiera), un monsieur de 70 ans environ, a vécu cet épisode dramatique dans les lieux qu'il fait visiter aujourd'hui.
J'ai eu entre les mains un fascicule - dactylographié, ce n'est pas un truc qui a été publié - de souvenirs rédigés par des Aborigènes du Territoire du Nord, enfants ou adolescents dans les années quarante. Il est très intéressant dans la mesure où il met en parallèle la manière de vivre des ethnies aborigènes avant l'intégration (intégration... bof, ils sont laissés pour compte) à l'
Australie colonisée et la manière de vivre actuelle. On y apprend certes que les Aborigènes savaient survivre dans des endroits sans eau visible, tirer nourriture et remèdes de la nature, mais on y apprend aussi l'extrême dureté et violence de leurs coutumes ordinaires. Je doute que qui que ce soit aurait envie de s'y intégrer!