Bonjour
Esvessya,
avec beaucoup retard, un grand merci pour la recette du gratin ! Je n´ai plus eu de nouvelle du devenir de la courge de mon pote parce qu´on a toujours des montagnes de trucs à se raconter et que j´oublie à chaque fois de lui demander de quelle façon il a assaisonné sa cucurbitacée. Le connaissant, je le crois capable d´avoir eu la flemme de se lancer dans la préparation d´un gratin et de l´avoir croquée en bâtonnets crus, genre trempés dans de la moutarde ou du ketchup, en fonction de ce qu´il lui restait dans le frigo !
Au fait, me voilà de retour d´une virée parisienne de trois jours. Il faut que je vous en parle parce qu´il y a sans doute une poignée de Parisiens parmi les vfistes. Picasso (c´est un peintre) est à l´honneur en ce moment (jusqu´au 2 février 2009), au Grand Palais. On peut y voir la prestigieuse expo
Picasso et les maitres.
Mes soeurs, ma mère et moi-même, nous étions en train de faire le point sur ce que nous venions de voir et de nous remettre de la (plus que plantureuse)
grande baigneuse et de l´art de Pablo d´accommoder à sa sauce
les Demoiselles des bords de la Seine de Gustave Courbet, pour ne citer que cet exemple, quand une des mes frangines nous a fait signe que l´après-midi était déjà bien avancée et qu´il serait peut-être temps de songer à se remplir la panse. Rapide tour d´horizon. A première vue, pas grand chose de follement tentant dans le quartier.
Je crois que c´est le vent polaire ainsi que les mollets douloureux de ma mère qui ont eu raison de nous. Nous nous sommes engouffrées dans la première brasserie venue, dans l´intention d´y casse-croûter sur le pouce, sachant que le soir même nous ripaillerions dans un resto libanais (c´est surtout de celui-là dont il faudrait que je vous parle).
L´endroit est bondé. Il y a une ribambelle de serveurs turbo-dynamiques. Ma soeur commence à foncer vers l´unique table libre. Je lui glisse discrètement un
on va peut-être demander si on peut s´installer... quand à notre gauche fuse un
elle a toute a fait raison, la dame, il faut toujours demander! Mon ainée, peu habituée à se faire remettre en place, roule les yeux vers le ciel en signe d´exaspération.
Au moins, nous voilà calées au chaud. Le serveur d´une humeur joviale que rien n´ébranle, surtout pas les dizaines de doigts qui se lèvent constamment dans sa direction, nous amène la carte en plastique
Le serveur :
Ca va les filles ?Moi :
Oui merci.
On peut manger un sandwich ?Ma soeur cadette : V
ous avez des hot-dogs ?Ma mother :
Ils sont sans fromage vos hot-dogs, j´espère !Ma soeur ainée :
Il est comment le pain du jambon-emmental ? vous les beurrez les sandwichs ?Queen Mum :
Le vrai hot-dog, c´est sans fromage et avec moutarde.....
Le serveur :
Je savais que j´aurais des problèmes avec cette table. C´est séquence émotion ici. Laissez-moi deviner... vous n´êtes pas du tout de la même famille !Ma mère :
Si ! ce sont mes filles.
Le serveur :
Oh, c´est pas possible ! Vous, on dirait une copine !Ma mère :
Ben voyons ! Dites-donc, on ne peut vraiment pas s´en fumer une à l´intérieur ?Le serveur :
Si allez-y...
Ma mère :
Vous plaisantez ?
Le serveur:
Mais non. Sarko n´est pas là, il est en Turquie.
Ma mère :
Ah bon ? Ca, pour aller nous ridiculiser à l´étranger, il est fort ! Au moins, on a la paix pendant ce temps. Mais de toute façon, c´est pas lui qui viendrait me passer les menottes, quand même non ?Le serveur : Non, vous avez raison, mais sans doute un de ses caniches.Ma soeur ainée à son mari (entre temps au téléphone. Mon beau-frère l´appelle sur son portable pour lui dire que, depuis qu´elle a quitté la maison, le toutou ne mange plus) :
Il boit au moins ? Il fait pipi de quelle couleur ?Moi:.... (je secoue la tête et roule également des yeux effarés parce qu´à cet instant précis, il ne me vient pas de réaction plus adéquate)
Ma soeur (toujours la même, au serveur) :
Aie ! vous me marchez sur le pied !
Le serveur à ma soeur :
Pas grave, vous en avez un deuxième !
Ma soeur (à son mari) :
Non, Chéri, je parle au serveur...Le serveur :
Bon les filles... et cette commande, elle arrive ??????
Que dire d´autre ? La baguette du jambon-emmental est caoutchouteuse, le prix en marbre ! Le café à EUR 3.-. Qu´on ne vienne pas gémir et raconter dans cette rubrique que
Munich est une ville chère. Cela étant dit, le resto libanais de la soirée n´était pas donné non plus. Je ne sais même plus le nom de la brasserie mais si vous êtes face au Grand Palais, c´est celle à votre droite (Avenue Franklin Roosevelt si mes souvenirs sont bons).
On a fêté le soir même trois des anniversaires de la famille
chez Loubnane (rue Gallande). Que du bonheur. Le Patron, le patriarche dirons-nous, n´a pas arrêté de venir voir ma mère et de s´inquiéter «
tout va bien, ma chérie ? » tout en l´embrassant sur le sommet du crâne.
Une valse infinie de Mezzés aussi variés que succulents (
tabboulé au persil,
falafels,
hummus aux poix chiches, feuilles de vigne,
baba ghannouj ou
mutabbal aux aubergines,
mese dschibne au fromage de brebis et paprika,
shanklliisch au fromage de chèvre etc.), un joli vin (du Château Ksara aux arômes de cèdre), une ambiance conviviale et familiale, voilà pour résumer la soirée. Seule la
fattouche (la salade traditionnelle fraiche et garnie de pain libanais grillé) m´a déçue par son assaisonnement un peu trop acide.
Un seul regret : de ne plus avoir assez fin pour goûter à la fameuse glace maison de résine de pain et de fleur d´oranger.
Dites-donc, ce serait bien que
Maminouchette nous raconte ce qu´elle a mangé chez les Dogons, puisqu´elle est de retour, et n´oublie pas de me dire si
Papipic a pensé à me rapporter un
djembé.