Bonsoir Tchao Lin,
De manière générale, peut-être est-il préférable d'aimer voyager et, surtout, d'avoir envie de découvrir ce qui attend le voyageur au bout de la destination choisie.
A l'évidence, il peut y avoir des déceptions — pas forcément les mêmes pour tout le monde (heureusement, car ce serait ennuyeux à force !) — et, s'il est intéressant d'avoir l'avis des voyageurs quant à ce qu'ils auront vécu et ressenti - les mauvaises choses, mais surtout les bonnes -, la pondération, ou la passion raisonnée restent souhaitables.
Et puis, avant toute critique, toute exhalaison de mauvaise humeur, balayer devant sa porte doit avoir un poids à ne pas négliger (la poutre et la paille, en somme ?).
Ce qui précède ne veut pas être un cours de morale ; c'est tout simplement le reflet de ce à quoi je tâche toujours de me tenir,
les autres restant libres, bien sûr, de mener leur barque comme ils l'entendent.
Par exemple ce que je n'apprécie pas lors des voyages - aller ou retour -, ce sont, entre autres, les commentaires péremptoires et à l'emporte-pièce du genre de celui subi lors d'un retour du
Viet Nam ; je vous laisse juges :
Deux messieurs, qui ne se connaissaient pas, attendaient que les toilettes fussent libres pour aller soulager leurs vessies ; il y avait des candidats avant eux, aussi entamèrent-ils une conversation, histoire d'attendre leur tour, et parlèrent du
Viet Nam qu'ils venaient de quitter, l'un disant :
Le Viet Nam, c'est plein de poussière et c'est sale !Le second enchérit et ajouta :
Et en plus ça pue !Cette conversation était échangée à haute voix et sur un tel ton, qu'elle était visiblement destinée également, et surtout, aux autres voyageurs.— Alors je ne pus retenir la question de savoir combien de temps ils avaient passé entre
Saïgon et
Hanoi, UN MOIS, me répondit l'un d'eux ; ce qui entraîna de ma part la remarque suivante :
Eh bien, avoir voyagé pendant tant de jours dans un pays qui a les défauts que vous mettez en exergue, vous devez aimer la pestilence et la crasse ou bien être masochistes, ou alors les deux en même temps !Je crois me souvenir que, piqués au vif, ils en oublièrent leur besoin pressant et regagnèrent leurs fauteuils sans mot dire.
L'histoire est vraie, hélas ! Mais, l'ayant oubliée depuis longtemps, le sujet abordé dans cette rubrique de VF me l'a rappelée.
Je vous souhaite une bonne nuit et vous dis
À bientôt peut-être ?Vietalier.