Il me tarde en outre, de connaître ton sentiment quand aux questions que tu as posé sur ton message n°243...

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Revenons à nos moutons. Il y a tellement de facteurs qui conditionnent le développement réel des pays, y compris le bonheur des gens qui y vivent, qu'il serait facile d'abandonner la tâche. Mais je me suis laissé prendre au jeu et je vais donc avancer quelques unes de mes tentatives de discerner quelques tendances. Je considère ici l'index SWL (satsifaction de vivre) plutôt que l'index IDH plus connu, puisqu'il semble effectivement tenir compte de l'avis des gens, en plus du compte habituel de la taille des frigidaires et des voitures qu'ils possèdent.
Voici la première question que je me suis posée:
y-a-t-il la moindre corrélation entre la statisfaction de vivre et la taille de la population du pays?
Le premier graphe rapporte le SWL des pays vis-à-vis de la
densité de population (le nombre d'habitants au kilomètre carré). Je me disais que l'entassement des gens devrait avoir un effet négatif sur leur bien-être. Eh bien ce n'est pas évident: la ligne moyenne (tiretés) est plutôt plate (ou horizontale), ce qui indiquerait qu'il n'y a en moyenne aucune corrélation. Je note cependant qu'il y a un nuage de pays de faible densité de population où les gens semblent être assez satsifaits de leur sort en haut et à gauche du graphe). A l'intérieur de ce nuage, la satisfaction semble augmenter avec le degré de développement économique (de la
Namibie et la
Mongolie vers le
Canada et l'
Islande), mais l'index tient compte en partie du revenu brut des pays, donc cela n'est pas surprenant. A l'autre extrémité du graphe, les gens semblent être assez heureux (au-dessus de la moyenne) à
Hong Kong et à
Singapour: pourrait-on dire qu'il faut un bon degré d'organisation et de cohésion sociale (
Singapour) pour que les gens soient heureux malgré leur entassement et leur confinement dans un espace restreint?
Pourquoi la
Russie, de faible densité de population, se situe si bas dans ce graphe? En premier lieu, on se heurte à la difficulté d'obtenir des mesures chiffrées vraiment représentatives: il faudrait commencer par exclure les vastes espaces de la Sibérie où presque personne ne vit, et la densité réelle des Russes serait bien plus élevée. D'autre part, le climat rude, les troubles politiques de l'histoire récente du pays etc.... tout ça doit jouer.
Je passe au
deuxième graphe où je tiens compte de la
population en nombres absolus, plutôt que de la densité. Pour commencer, la ligne moyenne a une pente plus marquée ce qui semble indiquer un meilleur degré de corrélation entre le bien-être des gens et la population du pays que ce n'était le cas avec la densité. Cette ligne moyenne essaye de nous dire: plus il y a de gens dans un pays, moins les gens ont tendance à bien se sentir (toutes autres choses étant égales). C'est particulièrement net si on examine a partie gauche du graphe (faibles populations): il y a une ligne très nette passant du Burundi (en bas) vers Antigua & Barbusa, Sao Tome & Principe et
St Kitts & Nevis (en haut). Le fait qu'il n'y ait pratiquement aucun pays en bas / à gauche de cette ligne veut dire qu'à très faible population les gens sont toujours assez heureux.
A quoi cela peut-il tenir? A mon avis, il s'agit de populations plus homogènes, les gens sont plus entre eux, on les mêmes valeurs et se comprennent mieux. On remarque aussi que
les îles (que j'ai marquées par des gros points bleus) semblent être heureuses: très peu se situent en-dessous de la ligne moyenne de satisfaction. Il y a souvent équivalence entre "île" et "population peu nombreuse" mais ce n'est pas toujours le cas.
L'exception à la règle, pour les îles, c'est le point situé au milieu du graphe, juste au-dessus de la ligne de satisfaction 180 et à un niveau de population de 10 millions et un chouïa. Il s'agit de
Haïti. L'explication est immédiate: en-dessous d'un certain niveau de développement économique et politique, peu importe qu'on vive sur une île et en plus sous un climat agréable (je pense), on pourrait tout aussi bien être en Sibérie! Les autres îles relativement moins eureuses sont les
Comores, le
Cap Vert et
Madagascar.
Si l'hypothèse que j'avance pour expliquer le bien-être relatif des insulaires est juste (je pause pour me gratter la tête!), que peut-on faire pour les autres pays? On ne peut pas en faire des îles! Mais le message-clé est que
développement économique sans cohésion sociale ne mène pas à grand-chose. Je vais laisser à d'autres de développer en ce qui concerne la
France (puisqu'il paraît que je ne comprends rien de rien à ce pays!

).
Mais, en fin de compte, ce genre d'analyse est extrêmement difficile et je serai le premier à reconnaître qu'on peut mille fois se fourvoyer. Je crois qu'il faudrait y passer pas mal de temps pour y voir vraiment clair et en tirer des leçons utiles. Que voilà un excellent sujet pour une thèse de doctorat! Je serais étonné qu'il n'y ait pas des analystes spécialisés dans ce domaine dans des organismes internationaux tels que les Nations Unies ou la Banque Mondiale.
PS: pour mieux voir les graphes, il faut cliquer une deuxième fois en bas et à droite de l'image pour l'aggrandir un peu plus. Si qqn a un meilleur truc à donner, welcome!

PPS: il y a un autre facteur que j'aimerais bien examiner, c'est celui du climat.
Images attachées: