Attention ! Ce message n'est pas un tweet. Ce n'est pas non plus une provocation, c'est juste mon avis, très différent de celui d'autres intervenants.
Tout ce que notre corps et notre cerveau sont capables de faire mais que par facilité on délègue à une machine, à un robot, à un algorithme dont on n'est pas maître amoindrit nos capacités humaines. On croit en tirer bénéfice, mais à long terme ces solutions de facilité nous font perdre le plaisir qu'on a à faire les choses par soi-même, en réalité à être soi. On ne se connaît que lorsqu'on est obligé d'agir, de réagir, de décider en tant qu'humain, pas quand on suit les décisions d'un autre ou d'une machine ou qu'on leur délègue nos actions.
Celui qui prend la bagnole quand il a 5 km à faire, prend l'ascenseur pour faire 2 étages, grignote toute la journée perd vite sa condition physique, et aura du mal à se déplacer avant même d'arriver à la retraite, avec du diabète 2 et de l'arthrose, on le sait, mais c'est la même chose pour les capacités cognitives et les capacités de décision. Toute faculté non exercée décline.
Celui qui préfère laisser à des industries le soin de lui donner sa dose de communication plutôt que de faire l'effort d'aller à la rencontre de son prochain perd la faculté de réellement former une communauté et de ressentir son instinct grégaire.
Celui qui au lieu d'observer avec lenteur et plaisir un beau paysage ou un détail de la vie d'un lieu, d'en ressentir l'émotion et d'en enregistrer les détails dans son coeur et son cerveau préfère le mitrailler de photos en quelques secondes pour les stocker et aller ailleurs va perdre à la fois ses capacités d'observer, de ressentir et de mémoriser.
Celui qui au lieu d'apprendre à s'orienter, à avoir une carte mentale des lieux où il se trouve délègue à un appareil ses déplacements et son orientation perdra son sens de l'orientation.
Celui qui n'exerce jamais son "instinct" pour évaluer au feeling un lieu, un établissement grâce à des informations peu ou pas décelables (bruit, odeurs, ambiances, comportements des autres), mais qui choisit de confier à une appli le choix des lieux où il va manger ou dormir deviendra vite incapable de se créer ses propres opinions sans l'aide desdites appli.
Celui qui perd la nécessaire impression de s'ennuyer de temps à autres (et donc de penser ou rêvasser), en saturant ses sens et son cerveau de musiques, d'images, d'informations sera très vite sous l'emprise d'un objet qui n'est plus un outil mais un maître.
Celui qui ne fait jamais l'effort financier de vivre sans léser l'économie locale mais préfère rechercher ce qu'il y a de moins cher à l'aide d'un allié cybernétique perd rapidement une des relations essentielles du tourisme, profiter des beautés d'un lieu et le préserver en finançant l'économie locale et la population qui nous reçoit, quitte à ce que le voyage soit plus court, moins lointain.
Celui qui n'arrive pas à trouver son bonheur dans le fait de n'avoir qu'un livre ou deux à lire en voyage (ou à en acheter localement) donc de choisir, mais a besoin d'un outil qui le rassure en lui permettant de disposer de milliers d'ouvrages, perd la relation qu'on a avec un livre, ce plaisir assez indescriptible quand on en parle à quelqu'un qui lit peu.
Les exemples pourraient être cités à l'envi.
Il y a des façons de voyager où ce qui prime c'est la facilité et le "sans surprise", et d'autres qui demandent à vivre selon ses capacités et à les exercer. Opter pour les technologies numériques à outrance condamne à être dans le premier cas.