Bonjour à tous.
Comme promis il y a quelques temps voici mon premier trip report, d’avance merci pour votre indulgence, j’espère qu’il répondra aux interrogations des uns, aux curiosités des autres, et à la sagacité des habitués ! peut-être qu’il est un peu long, peut être qu’il manque un peu de photos... En même temps, les photos du salon et de la cabine P fleurissent déjà à foison sur le forum.
AF 7701 NCE-
CDG A320 Classe Y – billet prime – sièges 1A & 1B
AF 074
CDG-LAX 777200ER Classe P – billet prime – sièges 1E & 1F
AF 674 LAX-PPT 777200ER Classe Z – billet payant – sièges 3E & 3F
Enregistrement à Nice : Arrivée à l’aéroport à HLE-10 minutes ! Heureusement pas d’attente, les deux lignes dédiées PAX Elite, Affaires et LaPremière sont presque vides. L’agent au sol est souriant, pas d’allusion particulière (par rapport au billet prime) il nous donne nos boarding pass NCE-
CDG et
CDG-LAX en nous disant que nos sièges étaient déjà réservés sur le
CDG-LAX. En revanche, il ne parvient pas à éditer celles du vol LAX-PPT, il nous annonce cependant que nos valises sont bien enregistrées jusqu’à PPT. Nous sommes surpris d’être placés 1A et 1B sur le NCE-
CDG, car entre la quantité de voyageurs qui s’enregistrent la veille sur le net et notre arrivée tardive à l’aéroport, nous pensions que cette rangée était prise d’assaut depuis longtemps... A croire que ce seating nous ait été pré-assigné à l’avance.
Salon Cap-Ferrat : Rien de spécial... Accueil souriant, sans plus et prestation correcte, sans plus : machine à expresso libre service, bon choix de boissons « softs » et alcoolisées. Pour le reste, quelques gâteaux secs, quelques pâtisseries (tartes, quatre-quarts,...) et un coin salé avec chips, parts de pissaladière, fromages et crackers. Même si ce salon ne casse pas des briques, il est bien plus agréable que le patio d’Orly ou de StExupéry. Annonce de notre embarquement à l’heure.
A bord, embarquement sans encombres, nous sommes parmi les derniers à nous installer. Du vent d’est ce matin, nous décollerons direction Cap d’Antibes. Roulage donc un peu plus long que d’habitude, nous observons le décollage du 767 Delta pour
JFK durant le pushback. Décollage à l’heure, prestation classique pour le service à bord avec le fameux gâteau de la mère Poularde ! Pas de visite de la chef de cabine durant le vol, atterrissage à
CDG et arrivée à la porte avec 5 minutes d’avance.
Débarquement : c’est la que la magie commence... à l’ouverture de la porte, avant même que le débarquement des passagers ne commence, une charmante hôtesse (arborant une ceinture et un châle rouges) pénètre précipitamment dans la cabine et nous l’entendons parler à la chef de cabine : « Je viens chercher les passagers Première qui sont M. et Mme Sierra06 »... (Cette dernière semblait découvrir à cet instant que des PAX P étaient à bord), nous lui signalons notre présence avant qu’elle n’empoigne le micro pour faire l’annonce. Notre guide se présente alors à nous (devant la CC médusée) et nous annonce qu’elle va nous accompagner jusqu'au salon. Pendant ces cordiales présentations devant l’entrée de la cabine, le débarquement a pu commencer. Notre guide nous fraye alors un passage dans le flux des passagers jusqu’à une porte codée sur le côté de la passerelle, à quelques mètres de la sortie de l’avion. Après quelques marches (glissantes !) nous prenons place à l’arrière d’une Infinity FX (très confortable et aux finitions étonnantes, digne d’une grosse allemande). Durant les quelques minutes qui nous séparent du T2E, notre hôte nous annonce que notre vol vers LAX est prévu à l’heure. Elle nous demande si nous connaissons le salon La Première, nous lui répondrons que nous n’en connaissons que sa réputation qui est excellente, et qui a motivée cette escale à
CDG volontairement « large ». Elle sourie, nous confirme que nous avons été bien informés et nous annonce que nous pourrons nous y restaurer et que pendant ce temps, elle s’assurera que nos valises soient embarquées et fera éditer nos BP pour le LAX-PPT. Le temps passe vite et nous arrivons au parking La Première, Infinity et autres Mercedes classe S y ont élu domicile, la voiture s’arrête devant la porte rouge du salon, deux employés se précipitent : un se charge des portières, l’autre des bagages cabines, c’est parti pour le fameux salon La Première.
Le salon La Première : immédiatement après avoir franchi ses portes, nous passons le filtre d’entrée du rez-de-chaussée (qui ne ressemble à un filtre passagers que grâce au portique et au tapis roulant) dans lequel une grande quiétude règne déjà, trois agents de sécurité nous accueillent et pour en avoir croisé des centaines, nous avons trouvé ceux-ci tellement polis et prévenants que cela ne collait pas du tout avec leur uniforme !!! Nous serons étonnés de voir notre accompagnatrice retirer ses chaussures pour se prêter également au passage du portique : « elles sonnent toujours ! » nous confiera-t-elle en nous conduisant à l’ascenseur qui nous mène à l’étage, et à la sortie duquel nous tombons nez à nez avec une surprenante mais non moins superbe machine à découper le jambon, très vintage, aux tons du salon. Nous avons alors droit à une petite visite par notre hôte qui, à l’aise comme chez elle, nous montre donc sa salle à manger, son salon, sa salle de lecture, ses toilettes, sa zone de relaxation et de repos, ses douches et terminera par une œuvre d’art moderne (on aime ou on n’aime pas !) qui trône à l’accueil dans l’antichambre du salon. Nous sommes frappés par la sensation de luxe qui s’échappe de chaque détail et par la quantité de personnel qui y travaille (environ une quinzaine d’employés), qu’il s’agisse du staff du plazza Athénée ou du staff AF, tout le monde y est très attentif. Nous sommes présentés à plusieurs d’entre-eux, notamment au maître d’hôtel il me semble, qui nous demande si nous souhaitons réserver une table pour déjeuner, puis notre élégante accompagnatrice nous demande nos passeports pour la PAF et nous invite à nous installer confortablement. Nous la reverrons une heure plus tard pour les présentations avec sa remplaçante qui aura la charge de venir nous chercher et nous accompagner lorsque l’heure d’embarquer aura sonné. Entre-temps, une toute aussi charmante et souriante fonctionnaire de police (PAF) en civil viendra à notre rencontre pour nous rendre nos passeports et nous souhaiter bon voyage... Et sincèrement, c’est ça qui nous a le plus bluffé !
Seulement quatre autres passagers étaient présents au salon, je n’ai cependant pas osé « mitrailler » avec mon téléphone, sauf dans les toilettes !!! La première photo attachée est d'ailleurs une prise de vue du plafond de ces dernières !
Après un rapide apéritif, nous passons à table : nous prenons place devant le « buffet » d’entrées, de plats et de desserts, un vrai présentoir de bijouterie ! Je prendrai finalement les sashimis de saumon, puis le filet de daurade suivi du pain perdu... Le tout accompagné d’un Bourgogne blanc sec dont le nom m’échappe, conseillé par le maître d’hôtel, un régale. Nous terminerons par une petite discussion avec ce dernier pendant notre expresso : après les secrets de la recette du pain perdu, ce dernier nous expliquait qu’il avait fallu négocier sec avec la PAF pour les contrôles de passeport des PAX P du salon, ainsi qu’avec ADP afin qu’aucune annonce n’y soit effectuée afin de préserver la quiétude du lieu et d’y entretenir l’illusion de ne pas être dans un aéroport.
Nous ne quitterons le salon que pour une rapide séance de shopping dans le terminal. A notre retour, notre accompagnatrice nous amènera nos BP pour le vol LAX-PPT et nous demandera à quel moment nous souhaitions embarquer... En dernier bien sûr ! Le moment venu, elle se présenta à nous et nous accompagna à pied, le 777-200ER étant au contact du T2E durant cette ballade, elle nous annonce qu’elle a vérifié personnellement que nos bagages étaient bien à bord. Nous lui confierons que la tâche allait être difficile pour les PNC de passer après cette telle combinaison de luxe, charme et volupté si réussie : la barre a été placée très haut ! Deux autres passagers, également escortés nous emboitaient le pas, il s’agissait de nos voisins, les messieurs locataires du 1A et du 1L.
L’embarquement est très cordial, nous sommes présentés individuellement à la PNC en charge de la cabine P, une charmante dame, très élégante, environ 45 ans qui dégageait une classe terrible... Sa place était vraiment en P ! La CCP viendra nous saluer chaleureusement un peu plus tard, juste avant le roulage. Le champagne coule à flot dans la cabine pendant la distribution des trousses de toilette et des fameux pyjamas (euh pardon, des « tenues de repos ») : « il nous reste du M et du L, blanc ou marron ? ». Décollage à l’heure de
CDG.
Le vol : peu après le décollage, un nouvel apéritif nous est proposé (encore...) puis notre charmante hôtesse prend la commande : sur les 4 PAX de la cabine P, galanterie oblige, c’est ma compagne qui est questionnée en premier, puis mon tour, vient ensuite celui des deux autres messieurs. La mise en bouche est rapidement servie avant le dressage de table : il s’agit d’un assortiment constitué d’un
lucullus de langue de bœuf à la mousse de foie gras de canard et au cognac, d’un
gaspacho de tomate émulsionné à l’huile de truffe, et d’une
brochette de saumon fumé et mini-concombre. En entrée, j’ai choisi le
mille-feuille de poireaux au foie gras, crème au vinaigre balsamique, pas mal mais sans plus, en tous cas pas à la hauteur du Barsac Château Doisy-Védrines 2004 qui l’accompagnait, ma compagne avait choisi la
langouste juste rôtie à la vinaigrette aux algues, qui était vraiment savoureuse, suivie d’une petite salade fraîcheur. Puis vint le plat du jour :
le filet de poulet fermier au jus de pain d’épices qui était finalement très bon et pas sec du tout malgré mes craintes, que j’accompagnais d’un Pessac-Leognan 2004, ma compagne optait pour les
petits farcis au jus de poivron jaune : coup de chance, il s’agissait de l’unique assiette pour ce plat, nous étions pourtant en billets primes...
Le plateau de fromages qui nous était ensuite présenté était digne d’une grande table, où étaient présentés des petits trésors : camembert, fourme de Montbrison, Sainte-Maure, comté... bref, tout ce qu’il faut pour terminer la deuxième tournée de Pessac-Leognan !
Nous terminions par « le fatal », un gâteau au chocolat très riche, suivi d’un bon expresso une fois la table desservie.
Après cet excellent second déjeuner de la journée, la CCP est venu nous demander si tout s’était bien passé et nous proposait de demander au captain si une petite visite du cockpit était possible... Invitation que nous acceptions volontiers : accueil très chaleureux du CDB et de l’OPL, petite visite technique avec vue extraordinaire sur les côtes islandaises, à notre droite, à 200m de nous et 200 pieds plus bas, un 747 de BA qui volait à la même allure que nous : surréaliste ! Après avoir remercier tout le monde pour ce petit tour, de retour à nos sièges, nos lits étaient dressés : un épais matelas recouvrait le siège « lie-flat bed », avec un généreux oreiller et une couette dressée s’offrait à nous... Il ne nous restait plus qu’à enfiler nos « tenues de confort » après un brin de toilette et nous emmitoufler sous la couette, c’est parti pour plus 6 heures de sommeil d’un trait !!!
A notre réveil, les lits se transformaient à nouveau en siège en un tour de passe-passe de notre PNC durant notre absence, et nous étions à nouveau prêts pour l’ultime repas avant la descente, composé en hors d’œuvre d’une
brochette de magret et de mangue avec dés de poivrons et tomates, fromage de brebis, olive noire et fenouil émincé, suivi en plats chauds de linguines homardines, terminé par le dessert qui consistait en une
salade d’orange et dattes au thé vert et à l’eau de rose : original et très bon. Nous avons décliné la proposition de fromage !
Début descente et atterrissage à l’heure à LAX, coucher du soleil pendant le roulage. Petite particularité que je n’avais jamais remarqué dans d’autres aéroports, le roulage s’est fait aux moteurs jusqu’à l’aire de trafic, puis le stationnement à la porte s’est fait au pushback ! C’est vrai que les appareils étaient vraiment très proches les uns des autres à ce terminal 2 de LAX, est-ce bien la raison ?
Arrivés à LAX, le parcours fléché. Nous sommes les premiers à quitter le triple 7, notre PNC nous confie à un agent au sol qui nous escortera jusqu’à l’immigration, mais au final, pas de « fast-track » et nous avons fait la queue comme tout le monde. Explication de notre accompagnatrice : les officiers d’immigration n’apprécieraient guère les traitements de faveur pour les passagers au statut privilégié (sauf les stars d’Holywood bien sûr) ! Durant notre attente, les annonces diffusent en boucle aux passagers qu’il n’est pas nécessaire aux passagers en transit pour PPT sur le vol AF 674 de récupérer ni d’identifier les bagages, cette formalité n’est nécessaire que pour ceux en transit pour le vol vers PPT effectué par ATN. Après une longue attente à l’immigration, nous suivons le rituel du passage au premier étage, cette fois, un « fast track » pour les « PAX premium, business and first class » est possible, il suffit de brandir sa BP au deux cerbères de 125kg chacunes et nous repassons un filtre de sécurité.
Le salon Skyteam de LAX : la suite de notre voyage vers PPT étant en J, nous nous rendons au salon skyteam (l’ancien salon Northwest il me semble) qui est totalement hors d’âge, décrépi et peu accueillant : on dirait à première vu une vieille cafétéria casino des années 80 ! Mauvais snacks, gâteaux secs, chips, soft drinks et american beers ! En plus, ce salon est tout petit, trop petit en tous cas pour accueillir les PAX en transit pour PPT en même temps que ceux qui attendent d’embarquer pour le vol retour vers
CDG, d’autant plus que beaucoup de PAX sont ElitePlus sur cette ligne
CDG-LAX-PPT !
Embarquement et décollage à l’heure pour le vol AF674 vers PPT : Equipage polynésien (en tous cas pour les PNC) fort agréable et souriant. Nous étions bien installés sur les sièges 3 E et F (rangée à recommander pour les déplacements en cabine), après un rapide dîner, nous nous sommes rapidement mis en mode « standby » pour nous réveiller peu de temps avant la descente, juste pour le petit-déjeuner.
Arrivée à l’heure à Tahiti Faaa : nous sommes les premiers à quitter l’appareil et j’avoue que la remise du collier de fleurs pendant que les tahitiens jouent du Yukulélé avant même le contrôle des passeports nous a beaucoup charmée ! L’attente des bagages était un peu longue : évidement, les trois quarts des bagages qui circulaient sur le tapis disposant de l’étiquette fluo jaune « Priority », finalement, plus aucun bagage ne l’était vraiment !
Au total : Ces 24 heures de voyage sont passées très vite, surtout 11 d’entre-elles !!! Nous en retiendrons que la véritable valeur ajoutée à un voyage en première sur AF est le salon LaPremière qui est vraiment une belle réussite, un pari gagné pour AF qui nous fait une belle démonstration du « luxe à la française », et qui montre de quoi elle est capable : le process est très bien élaboré, le parcours est très fluide et les attentions sont présentes à chaque instant, le tout en toute discrétion. Nous avons particulièrement apprécié la prise en charge totale avant même notre sortie d’avion à
CDG et l’absence totale de toute contrainte, notamment la collaboration des fonctionnaires de la PAF en civil au salon.
La suite du pari est d’appliquer ce concept en vol : il faut admettre qu’AF a placé la barre très haute avec ce salon, et qu’il est de plus en plus difficile pour les PNC Première de passer après une telle réussite, d’autant que la cabine P du 777200 commence à montrer des signes de vieillesse et que malheureusement, le faux bois et la colle vieillissent mal !
Même remarque pour la prestation culinaire, on n’aura jamais une restauration gastronomique à bord pour des raisons évidentes déjà développées sur VF. La restauration était bien meilleure qu’en J, et à lire certains TR plus anciens, nous nous attendions à bien pire ! Dans tous les cas, il semblerait que l’idéal à présent est de se restaurer au salon sous la direction d’Alain Ducasse.
Concernant le service à bord, rien à dire : notre PNC était vraiment aux petits soins, discrète, efficace et très attentionnée, la CCP également.
Prochain TR : le trajet retour qui est en préparation... 2 Grosses différences avec celui-ci : le salon NewZealand à LAX et la cabine P pour nous deux : ambiance jet privé !
A bientôt,
S.
Images attachées: