
Loopkin
Lyon, France

8 mars 2004 à 17:41
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Oui, le Durian, c'est vraiment terrible. J'étais en Indonésie en 84 et 87, et à cette époque, j'étais bien petiot. Alors, j'avais une bonne excuse pour ne pas avoir voulu en gouter. Et heureusement. Bon, maintenant, si j'y retourne, je ferai un effort, ne serait-ce que pour le plaisir des choses extrêmes. Mais je me préviens: c'est vraiment extrême, ce truc là. Ca fait partie des marchandises ULTRA PROHIBITED dans les avions. Les poissons séchés, voir mon récit du Transsibérien dans la rubrique des récits. A manger vite, et on passe à autre chose. Le renne fraîchement chassé dans l'Altaï au retour de deux semaines de conserves et de rêves nocturnes de bouffe toutes les nuits, c'est une expérience inoubliable. Les assiettes ont volé en moins d'une minute douze. Mes papilles en mouillent rien que de se remémorer cet instant de grace (de grasse?). Les brochettes d'espadon dans un simple resto à Moscou. Absolument génial. Les sauterelles frites au Méxique. A manger avec du mezcal, si possible à la fête du Mezcal, à Oaxaca. Génial. La prochaine fois, j'essayerai d'avoir la larve qui est au fond de la bouteille, mais attention, à ce qu'il paraît, ça concentre tout l'alcool, et la manger rend totalement boracho!! Les Omols, poissons qu'on ne trouve que dans le Baikal, voir mon récit du Transsibérien II (trop de pub?). Terriblement bons. A part ça, je voudrais soutenir la thèse qui dit qu'on visite un pays aussi par la bouffe (et la boisson). C'est éminement géantropique tout ça. En fait, on s'imprègne d'un nouvel espace par tous les sens, notamment le goût et l'odorat, particulièrement sollicités quand on découvre de nouveaux plats et de nouvelles boissons, et cette perception forte de l'espace n'est pas étrangère à la manière dont on va au final se représenter cet espace. Voyager, découvrir un nouvel espace, c'est aussi y manger les spécialités, et s'en souvenir (et ces sens là ont une mémoire redoutable). Ensuite, l'association entre ces saveurs et l'espace où elles ont été découvertes est automatiquement faite, et immédiatement révélée lorsque nous regoutons les plats et les boissons alors même qu'on est ailleurs. On se téléporte alors immédiatement à l'endroit où on a mangé ça pour la première fois. Moi, quand je mange de la kacha, ou quand je mange un hareng avec un verre de vodka, je fais d'un coup, gratuitement et sans visa, 3000 km vers l'est. Inversement, quand je pense à un pays, j'ai un gout qui m'arrive directement dans la bouche. Par exemple, quand je pense au Méxique, j'ai du citron vert jusqu'au bas des lobes des oreilles, tellement ça me procure une sensation acide. Pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de géantropie, vous pouvez aller voir mon site: http://geantropie.free.fr Dans le projet en Amérique Latine, nous comptons aussi rendre compte des espaces traversés par des recettes de cuisine, des récits décrivant des plats, des photos de mets, etc... Merci, et merci d'avoir lancé ce sujet de conversation qui me tient particulièrement à coeur. En plus, j'adore vraiment manger. Je crois que c'est pour ça que je suis venu au monde... ------- Geantropie, Vivre l'espace http://geantropie.free.fr
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