Bonjour,
J ajoute que les mesures prises sont aussi à la mesure justement, de ce que la majorité de la population souhaite. Les 200 à 300 manifestants contre le masque d'hier, ainsi que la majorité des enquêtes d'opinion sont là pour montrer que la majorité des gens sont inquiets et veulent des mesures claires et protectrices telle que le masque.
Bien sûr, oui, une fois qu'on a fait peur aux gens, il ne faut pas s'étonner qu'ils demandent une protection, fut-elle assez illusoire ; le masque, mesure protectrice très relative, bien inférieure à la distanciation, si ce que j'ai lu et entendu chez les virologues est juste.
Et surtout, mesure qui ne dispense bien sûr pas d'aller finalement là où on a prétendu ne pas vouloir aller, c'est à dire à l'immunité de groupe.
Vous dites depuis le début tout le mal que vous pensez de la
Suède, mais elle va obtenir finalement le même bilan, en s'étant épargné tous ces psychodrames et ces peurs collectives entretenues ; je vous suggère
une lecture à ce sujet
, qui suggère de voir les choses autrement (et qui est très sérieuse, on n'est pas dans le café du commerce) :
Le masque, dans son efficacité très relative, permet d'y aller en quelques années au lieu de trois mois ; avec moins de personnes touchées par la maladie ? Même pas sûr.
Disons qu'en mars / avril ça aurait eu du sens ; maintenant ça sent plutôt l'impasse.
N'en déplaise aux autres, gilets jaunes, rageux congénitaux, adeptes des hommes forts... mais la démocratie c'est l'émanation de la majorité, quoiqu'on en pense.
C'est ce qui se disait en
Allemagne de l'Est.

Plus sérieusement, si vous prenez ça comme un credo, vous prenez aussi malheureusement ce qui va avec, et qu'on appelle en général la
"tyrannie de la majorité"
, dévoiement bien connu de la démocratie dont parle Tocqueville.
Pour n'être pas antidémocrate, je ne suis pas non plus dogmatiquement démocratique.
C'est grave ?
Pour en revenir aux jeunes profs, peut etre sont ils moins désobéissants parce qu'ils ont compris que la désobéissance vue comme une vertu et comme une posture systématique n'a mené à pas grand chose. Si ce n est a accumuler une facture qu'en tant que jeunes, ils paieront des années. Tandis que leurs glorieux et valeureux ainés, assis sur leurs certitudes et du haut de leur arrogante retraire, leur feront la leçon : mais qui sont ils ces jeunes bien trop obéissants ?
En réalité plus qu'obéissants les jeunes profs tels que je les vois sont cyniques : ils restent tant qu'ils y trouvent un peu leur compte, ils s'en vont sans préavis dès que ça ne leur va plus ; ils acceptent la contrainte comme un employé de fast-food porte l'uniforme et le badge, mais demain ils le jettent et en changent.
D'ailleurs, on recrute comme on peut dans ce milieu.
Michel